Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

17 oct. 2011

Cancer et environnement

Le 6 octobre 2011, la Télévision suisse romande (TSR1) a diffusé un documentaire suisse, "Les citoyens contre le cancer" sur son programme, «Temps Présent» qui traite du lien existant entre le cancer et l’environnement.  Le film montre les actions courageuses de citoyens pour élever la conscience du public et des autorités concernant la pollution de notre environnement responsable d’un grand nombre de maladies.


Quatre personnes sur 10 en Suisse sont atteintes d’un cancer au cours de leur vie.  Un cancer sur 10 en Suisse affectera les moins de 50 ans et 16 000 personnes en mourront chaque année.  Le cancer est la 2eme cause de décès en Suisse, notamment entre 45 et 80 ans chez l’homme et entre 45 et 64 ans chez les femmes.  Les cancers  les plus fréquents sont le mélanome et les cancers de la prostate et du sein. La Suisse a le taux le plus élevé du cancer du sein en Europe. A Genève, ce cancer affecte une femme sur huit et est responsable du plus grand nombre de décès des femmes âgées de 40 à 50 ans.

Vignes à Genève

Il y a plus de 100 000 substances chimiques dans le monde aujourd'hui.  Seulement 2 à 3 pour cent ont été testées pour leur toxicité. Elles se trouvent partout dans notre environnement : pesticides, produits de combustion et de nettoyage, cosmétiques, plastiques...  Des niveaux de doses quotidiennes considérés comme «sûrs» ont été établis, mais ils sont évalués pour un adulte mâle et ne prennent pas en compte l’effet «cocktail» d’exposition aux nombreuses substances chimiques en même temps et sur ​​une longue période.  Il faut au moins, 20 à 30 ans pour déterminer si une substance est cancérigène.


Vues du documentaire:

La campagne genevoise: «Qu’est-ce qu’on utilise pour traiter les vignes et les champs ?" (J’ai lu que dans le canton de Genève, on traitait  les vignes avec, entre autres, le Roundup Ready de Monsanto pour tuer les mauvaises herbes. Au moins jusqu'en 2008 et probablement, encore maintenant.)


Le Jura: Un agriculteur, Denis Camuset, est devenu paraplégique après avoir été atteint d'un cancer du système lymphatique dû à l'exposition aux pesticides qu’il utilise pour traiter les champs. Il a déposé une plainte contre sa compagnie d'assurance qui refusait de reconnaître que son cancer était lié à son métier d’agriculteur.  Son avocat, Me Michel Converset, a engagé un expert indépendant qui a présenté des preuves de cause à effet entre les pesticides et le cancer.  Non seulement M. Camuset a été indemnisé mais  son cas pourrait faire jurisprudence, le premier en Suisse.

Ithaca, New York, Etats-Unis: La petite fille d'une famille a été diagnostiquée avec un cancer du cerveau et est décédée plus tard d'une récidive à 4 ans. Sa mère demande: «Qu'ai-je fait?"  Y a-t-il quelque chose dans la nourriture, les produits de nettoyage? «Nous avons tendance à penser que notre environnement est sûr.  N’est-ce pas  la responsabilité de notre gouvernement de nous protéger? " Elle a commencé à enquêter et a constaté que pendant sa grossesse, la maison où elle vivait était  située près d'un site de déchets toxiques.

Paris, Siège de l'UNESCO:  On cite le 3ème Colloque de l’Appel de Paris sur «La santé des enfants et l'environnement", organisé par ARTAC (Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse), tenu en avril 2011. Le film n’a pas abordé le but du colloque qui a réuni plusieurs des meilleurs spécialistes internationaux pour partager les dernières découvertes scientifiques en la matière, y compris les polluants chimiques et les effets des champs électromagnétiques.  Le message du colloque a été centré sur les risques transgénérationnels causés par la contamination in utero de l’embryon et du fœtus, à l’origine des maladies et affections non seulement des enfants mais aussi des adultes.   Chaque année il y a une augmentation de 1% des cancers chez l’enfant ;  1% naissent autistes et 3 à 4% avec une malformation congénitale.  Un enfant sur sept est asthmatique, 10% sont obèses ou en surpoids.  Au total, en France, plus de 600 000 enfants sont malades.  Ce fléau de la santé publique risque de s’amplifier, en l’absence d'une politique visant à réduire la pollution de l’environnement.

Lisette Van Vliet, Conseillère scientifique du HEAL (Health and EnvironmentAlliance),  a cité le cas de l’amiante.  Le rapport de cause à effet entre l’amiante et le mésothéliome a été établi bien avant les actions politiques et légales contre l’amiante.  En conséquence, le taux de mortalité dû à l’amiante augmente encore car les gens ont été exposés pendant la collecte des preuves.  Nous voulons que les gouvernements réagissent plus rapidement sur les preuves scientifiques concernant les substances polluantes.  

Dr. Maria Neira, Directrice de la Santé publique et l’environnement à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) explique pourquoi l'OMS est si lente à agir pour nous informer sur la toxicité de certains produits: Tant que l’OMS ne possède pas une énorme quantité de preuves, elle n’agit pas. 

Retour à Ithaca: Sandra Steingraber, biologiste et écrivaine:   Elle a été diagnostiquée avec un cancer de la vessie à l'âge de 20 ans.  Trente ans plus tard, devenue «militante star", elle donne des conférences sur le lien entre l’environnement et le cancer et autres maladies partout aux Etats-Unis et a témoigné devant le Congrès américain et le Parlement européen.  Elle a écrit plusieurs livres sur ce thème et a réalisé un film primé, « Living Downstream». Elle dit que nous devons rendre la science accessible au public.

Washington, DC: Jennifer Sass du « Natural Resources Defense Council » fait un commentaire sur les études mal conçues, menées par l'industrie pour tromper le public sur la sûreté de ses produits. En revanche, un avocat de l'industrie chimique parle de l’excellente qualité de leurs études scientifiques. "C'est aux gens de décider quel niveau de risque ils peuvent tolérer."

Retour à Genève: Anne, qui a été traitée pour un cancer du sein à l’âge de 41 ans, dit que sa maladie n’a pas été causée par son mode de vie.  Pourtant, les autorités, comme celles de beaucoup d’autres pays, mettent l’accent sur le mode de vie comme responsable du  cancer.  «En Suisse », dit-elle, « nous ne parlons pas assez du lien entre environnement et  cancer».

Comme je l'ai découvert depuis mon engagement dans l’activisme, peu de personnes en Suisse lisent ce qui est sur ​​ce site.  Je  serais heureuse de recevoir les commentaires de celles qui le font, et si elles ont des vues similaires, qu'elles me rejoignent alors dans le combat pour élever la prise de conscience des gens sur les liens entre la dégradation de l’environnement et les maladies émergentes et chroniques comme le cancer.


par Meris Michaels

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