Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

11 janv. 2012

Culture de tomates


Tomates hors sol
L'impact environnemental et sociologique de la culture de tomates est aussi dévastateur que celui des fraises. 
En 2011, Barry Estabrook a publié un livre sur la production industrielle de tomates en Floride,  intitulé "Tomatoland" (disponible en anglais).

Un milliard de livres de tomates est expédié chaque année de la Floride à d'autres Etats en Amérique. La culture des tomates en Floride représente un chiffre d'affaires de 500 millions de dollars par an.


La plupart des tomates de Floride sont cultivées industriellement dans un sol sablonneux, privé de nutriments. Un engrais artificiel à base de pétrole est nécessaire  pour les garder vivantes.  L'air constamment humide favorise la prolifération de  27 espèces d'insectes et de 29 maladies qui attaquent les plantes. Cela nécessite la pulvérisation avec des tonnes d'herbicides et de pesticides coûteux et toxiques. Ces substances réduisent les quantités de calcium et de vitamines A et C et ajoutent jusqu'à 14 fois plus de sodium dans les tomates que celles consommées par nos parents.  Les tomates sont cueillies vertes, à la main, puis gazées à l'éthylène, pour les rougir artificiellement.  Ceci enlève leur goût et leur donne une texture farineuse.
          
Les tomates sont cueillies principalement par des travailleurs migrants hispaniques qui sont souvent logés dans des conditions insalubres, exposés aux pesticides toxiques pendant leur travail et recevant des salaires illégalement bas. Les heures de travail dans la chaleur sont longues.  On ne leur procure pas d'équipements appropriés pour les protéger des 100 différents herbicides et pesticides pulvérisés sur les champs. Ces substances peuvent causer des malformations congénitales et des problèmes de santé à long terme. Certains travailleurs sont des esclaves, kidnappés ou dupés, tenus en captivité par les marchands d'esclaves. Ils vivent dans des camions, sans eau courante et sont menacés ou battus quand ils tombent malades ou tentent de s'échapper.

 Les tomates cultivées en Espagne, ont aussi un impact environnemental et sociologique négatif. Les informations suivantes sont tirées d'un article britannique de 2005,  Tom Rawstorne : "Sous de vastes nappes de plastique enveloppant l'Espagne, les tomates de Grande-Bretagne sont cultivées hors sol dans une soupe de produits chimiques contrôlée par des ordinateurs" . Je soupçonne que la plupart des tomates importées d'Espagne sont encore «cultivées» de cette manière.
Les plantes se développent hors sol.  Leurs racines ne touchent jamais la terre. Les tiges sont suspendues du plafond par des fils dans les serres - de vastes étendues de feuilles en  plastique blanc- qui peuvent être vues de l'espace. Elles "poussent" à partir de sacs en plastique de perlite stérile. Elles sont arrosées par des gouttelettes provenant de tuyaux qui courent dans les sacs. L'eau est additionnée d'engrais chimiques. Tout est contrôlé et mesuré par ordinateurs. Cette même technique est utilisée pour cultiver poivrons, courgettes, aubergines, melons. Les tomates cultivées de cette manière contiennent moins de lycopène, un antioxydant.  Dans certaines tomates importées d'Espagne vers le Royaume-Uni, des traces de jusqu'à 26 pesticides différents ont été trouvées.

La plupart des travailleurs ont des contrats temporaires avec peu d'avantages et sont mal logés. Eux aussi travaillent de l'aube au crépuscule, de 10 à 12 heures par jour, dans des conditions souvent dangereuses.
L'Union européenne importe la plupart de ses tomates  d'Espagne et des îles Canaries. Les questions environnementales concernant leur culture comprennent l'élimination des déchets de matières plastiques, la dégradation du paysage, la consommation et la pollution de l'eau, la pollution des sols et l'érosion, la perte d'habitat causée par l'expansion des zones de culture.

La dégradation environnementale et le sacrifice de la santé des travailleurs sont les prix que nous payons pour exiger des fruits et légumes frais toute l’année, comme les tomates et les fraises.

par Meris Michaels


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