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30 mars 2012

Bisphénol A: Annexe 1 du Communiqué de Robin des Toits sur les scandales sanitaires

LA TYPOLOGIE DES SCANDALES SANITAIRES DECLINEE EN QUELQUES EXEMPLES
Annexe 1 du Communiqué de Robin des Toits


L'EXEMPLE DU BISPHENOL A

Séquence 1 : Lancement d’une Innovation technologique parée de toutes les vertus, ce qui justifie l’urgence et qu’elle soit mal ou non évaluée :
Fabrication du polycarbonate en 1953 dont une partie des usages sera de nature alimentaire et des résines polyépoxy au début des années 70 destinées à faire le revêtement intérieur des boîtes de conserve et des céments dentaires alors que le BPA est testé en 1936 comme médicament possible contre les avortements spontanés en tant qu’hormone de synthèse.
Séquence 2 : Premières alertes non prises en compte et sanctions contre les lanceurs d’alerte
 1ère indication d’un effet tératogène en 1981
Hardin BD, Bond GP, Sikov MR, Andrew FD, Beliles RP, Niemeier RW, “Testing of selected workplace chemicals for teratogenic potential”. Scand J Work Environ Health 1981;7 Suppl 4:66-75.
 1ère évaluation de cancérogénicité en 1982
Natl Toxicol Program Tech Rep Ser. 1982 Mar; 215:1-116. “Carcinogenesis Bioassay of Bisphenol A (CAS No. 80-05-7)” in F344 Rats and B6C3F1 Mice (Feed Study) :
Mise en évidence d’un effet cancérogène “équivoque” non pris en compte.
 1ère mise en évidence d’une effet de perturbation endocrinienne en 1997
Nagel SC, vom Saal FS, Thayer KA, Dhar MG, Boechler M, Welshons WV. “Relative binding affinity-serum modified access (RBA-SMA) assay predicts the relative in vivo bioactivity of the xenoestrogens bisphenol A and octylphenol”. Environ Health Perspect. 1997 Jan;105(1):70-6.
Campagne de calomnie contre F. vom Saal lancée par l’industrie chimique.
 Définition d’une DJA en 2002 sur la base des essais à forte dose selon un protocole dit des « Bonnes Pratiques de Laboratoire », qui ne prend pas en compte les effets des faibles doses ; étude réalisée par un laboratoire de l’industrie chimique (Tyl, 2002)
Séquence 3 : Attitude complaisante des agences de sécurité sanitaire (maintien de normes obsolètes insuffisantes, conflit d’intérêts dans les comités d’experts…)
 F. Vom Saal en 2005 montre qu’à la date de décembre 2004, il existe 115 études montrant des effets à faibles doses, dont 31 à des doses inférieures à la DJA de 50 μg/kg/j.
vom Saal FS, Hughes C. An extensive new literature concerning low-dose effects of bisphenol A shows the need for a new risk assessment. Environ Health Perspect. 2005 Aug;113(8):926-33.
 Maintien de la DJA à 50 μg/kg/j alors que les études s’accumulent sur des effets à des doses beaucoup plus faible (transformation cancéreuse des cellules du tissu mammaire à une dose 2 000 fois plus faible que la DJA en 2005).
 Campagne lancée par le RES en mars 2009 ; rapport de l’ANSES reconnaissant les faibles doses en septembre 2011 ; pas de changement à ce jour du côté de l’EFSA
Séquence 4 : La fabrique du doute par l’industrie
Publication d’une seconde étude par Tyl en 2008 sur la base du protocole BPL, étude entachée de fraude mais servant néanmoins de base au maintien de la DJA
Séquence 5 : Prise de distance par les assureurs
Séquence 6 : Attentisme des autorités politiques
 Campagne lancée par le RES en mars 2009 ; négation du problème par la ministre de la santé en avril 2009 ; Les Sénateurs français votent l’interdiction des biberons au BPA en juin 2010. les députés l’interdiction dans les contenants alimentaires en octobre 2011.
 Pas de décision au niveau de la Commission Européenne
Séquence 7 : La crise
Rapport de l’ANSES reconnaissant les faibles doses en septembre 2011 ; pas de changement à ce jour du côté de l’EFSA, mise en cause de la déontologie de l’EFSA...

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