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22 sept. 2012

Un rapport suisse conclut à l'absence de risques pour l'homme et l'environnement des plantes OGM

Le rapport sur les plantes génétiquement modifiées du Programme National de Recherche (PNR 59) suisse conclut à l’absence de risques pour l’homme et l’environnement. On se demande si le PNR 59 n’a pas été influencé par le lobby biotech en Suisse, où se trouvent les sièges de Novartis et Syngenta et la présence de Monsanto. Aucun des 30 projets du PNR 59 n'a pris en considération les effets des plantes OGM sur la santé humaine et animale. De plus, le PNR 59 a choisi le blé comme modèle d’étude. Aucun essai mené avec du blé OGM dans le monde n’a conduit jusqu’à présent à une commercialisation. Or près de la moitié des fonds du PNR (l’étude coûtait $12 million de francs suisses) a été allouée à des recherches sur le blé, dont les résultats n’apportent rien au débat sur le moratoire. Un mois après l’apparition du PNR 59, une étude publiée dans Food and Chemical Toxicology montre les effets néfastes sur les rats nourris avec du maïs OGM traité au pesticide Roundup. Cet évènement renforce les arguments pour prolonger le moratoire sur la culture des OGM en Suisse jusqu’en 2017.  Lire cet article publié dans le journal suisse, Le Temps.

Le rapport sur les OGM fait réagir partisans et opposants au moratoire

Le Temps, 28 août 2012

Il fallait s’y attendre, après le rapport, rendu ce matin, du PNR59 concluant à l’absence de risques pour la Suisse (comme à l’absence d’intérêt économique immédiat), les écologistes dénoncent un rapport qui aurait sous-étudié les risques pour les consommateurs, tandis que les partisans des OGM réclament la fin du moratoire

Les réactions aux conclusions du PNR 59 sur les plantes transgéniques n’ont pas tardé. Greenpeace estime que tous les risques n’ont pas été examinés, tandis que les milieux économiques et scientifiques réclament la fin du moratoire sur l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

«Le Programme national de recherche 59 a manqué d’approfondir une des questions les plus importantes et qui reste ouverte», écritGreenpeace, à savoir les risques encourus lors de la consommation d’OGM. Les recherches indépendantes qui manquent à ce propos équivalent à une expérience mondiale sur les hommes et les animaux, critique l’organisation écologiste.

L’Union suisse des paysans (USP) retient du programme de recherche que le génie génétique est sans utilité pour l’agriculture. Et cela d’un triple point de vue: écologique, agronomique et économique.

Le PNR n’a pas pris en compte les coûts de la séparation des flux de marchandises et la question de la responsabilité civile en cas de contamination. Or, vu l’absence d’utilité économique des cultures étudiées, ces facteurs de coûts sont précisément décisifs pour la pratique.

Pas d’OGM: un avantage de marketing

En conséquence, l’USP ne voit aujourd’hui aucune raison d’assouplir le moratoire sur les OGM et de remettre en jeu l’avantage en termes de marketing que procure à la Suisse leur absence. Pour les paysans, le moratoire qui échoit en novembre 2013 doit donc être prolongé jusqu’en 2017.

L’organisation StopOGM se voit confortée dans sa position par le rapport: la Suisse peut et doit renoncer à l’utilisation commerciale de plantes génétiquement modifiées. Si l’organisation reconnaît la qualité scientifique de certains travaux du PNR, elle critique par exemple le choix du blé comme modèle d’étude.

Aucun essai mené avec du blé génétiquement modifié dans le monde n’a conduit jusqu’à présent à une commercialisation et aucun blé de ce type ne sera mis sur le marché dans les années à venir. Or près de la moitié des fonds du PNR ont été alloués à des recherches sur le blé, dont les résultats sont intéressants uniquement pour le développement de nouvelles variétés transgéniques, mais qui n’apportent rien au débat sur le moratoire.

Comme Greenpeace, StopOGM souligne que le PNR 59 n’a pas traité les questions relatives à l’évaluation sanitaire des OGM, une question pourtant centrale. L’argent et le temps étaient suffisants pour effectuer ces recherches.

Pas de nouvelle prolongation!

Du côté des opposants au moratoire, economiesuisse, scienceindustries (chimie et pharmacie), Swiss Biotech et le forum alémanique «Konsumentenforum kf» sont fermement opposés à toute nouvelle prolongation.

Un interdit technologique décrété par l’Etat serait préjudiciable à l’innovation et correspondrait à une véritable régression. Le moratoire anti-OGM affecte la recherche et l’économie de notre pays. Il menace de lui faire perdre la position de pointe que le monde entier lui reconnaît dans ce domaine, écrivent les différentes organisations.

Une chance de développement

La coexistence entre agriculture conventionnelle et agriculture biotechnologique est possible, moyennant un modeste surcroît de dépenses. En échange, les cultures d’OGM peuvent assurer des bénéfices économiques supplémentaires.

Face à l’évolution démographique de la planète, la biotechnologie et le génie génétique ont de plus en plus d’importance, surtout pour les pays émergents ou en développement. En prolongeant le moratoire, la Suisse se prive d’une opportunité de croissance.

Enfin, la liberté de choix semble importante aux yeux des Suisses, rappellent les opposants au moratoire. Des tests confirment qu’un consommateur sur cinq achèterait des produits génétiquement modifiés.

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