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21 oct. 2012

Cancer du sein : les jeunes de plus en plus touchées

Certaines femmes mettent leur portable dans leur soutien-gorge,
d'autres dans leur sac et le portent en bandoulière sur
l'épaule.  Celui-ci repose très souvent sur le sein.

«Les facteurs de risques à l’origine des cancers du sein chez les jeunes femmes sont sûrement différents de ceux qui expliquent la maladie chez les patientes plus âgées.  Si une femme développe un cancer à 25 ans, c’est qu’elle a été exposée à des facteurs de risques 10 à 15 ans plus tôt, autrement dit très jeune,» explique Christine Bouchardy, professeure et directrice du Registre genevois des tumeurs.



Le rayonnement non ionisant  comme facteur de risque?  Selon l’oncologue français, le Professeur Dominique Belpomme : « Bien qu’il ne soit pas encore prouvé avec certitude qu’elles [les radiations électromagnétiques pulsées] sont cancérigènes, il est néanmoins très probable qu’elles sont à l’origine de cancers du sein chez la femme jeune. » (Guérir du cancer ou s’en protéger, Pr Dominique Belpomme, 2005).

Cancer du sein : les jeunes de plus en plus touchées
par Céline Garcin, Tribune de Genève, 8 octobre 2012 

Une étude européenne confirme ce que Genève a relevé en 2007: une hausse des cas chez les moins de 40 ans

C’est Genève qui a donné l’alerte. En 2007, le registre cantonal des tumeurs révèle une augmentation des cancers du sein chez les jeunes femmes. Le nombre de cas diagnostiqués chez les moins de 40 ans a plus que doublé entre 2000 et 2004. Spécificité genevoise ou tendance générale? Suite à la publication de ces chiffres, plusieurs pays ont lancé des recherches. Printemps 2012: une étude confirme les résultats genevois au niveau européen.

Comment expliquer le rôle de pionnier du canton? «Il y a plusieurs années, Genève a créé le Réseau cancer du sein, qui regroupe à la fois des médecins et des patients, explique Christine Bouchardy, professeure et directrice du Registre genevois des tumeurs. Nous avons été alertés par ces personnes du terrain qui avaient le sentiment de voir de plus en plus de jeunes femmes malades. L’impression a été confirmée par les données du Registre des tumeurs.»

Message «trop alarmiste»

Si les chiffres genevois ont été bien acceptés par les scientifiques internationaux, ils ont reçu un accueil mitigé au sein de la population locale. «Certains médecins nous ont accusés de diffuser un message trop alarmiste», confie Christine Bouchardy.

Les derniers résultats lui donnent pourtant raison. «Nous pouvons aujourd’hui affirmer que le nombre de cancers du sein augmente chez les jeunes femmes en Europe et il est de notre devoir de société d’en trouver les causes.»

La bataille n’est pas gagnée. Parmi les pistes avancées il y a cinq ans pour expliquer le phénomène, on relève l’arrivée de nouvelles populations immigrées ou une meilleure surveillance des femmes à haut risque familial. Toutes ont été écartées. «Les facteurs de risques à l’origine des cancers du sein chez les jeunes femmes sont sûrement différents de ceux qui expliquent la maladie chez les patientes plus âgées, estime la directrice. Si une femme développe un cancer à 25 ans, c’est qu’elle a été exposée à des facteurs de risques 10 à 15 ans plus tôt, autrement dit très jeune.» 

Une étude jugée trop chère

En 2010, un protocole d’étude a été réalisé par des professionnels de la santé et des patientes. Une attention particulière est accordée à la période in utero et à la puberté, moments clés dans le développement mammaire. Problème: l’étude n’a toujours pas démarré, faute de financement. «Au niveau politique, les gens ne sont pas très favorables,» déplore Michel Forni, oncologue et député au Grand Conseil.  «L’étude dérange et revient cher.»  Son coût est estimé à 3 millions de francs. «Nous avons fait le deuil de voir l’étude naître à Genève où le phénomène a été observé en premier,»  regrette Christine Bouchardy. «On la fera suivre pour qu’elle soit réalisée à un niveau européen.»

Si les jeunes femmes doivent s’armer de patience avant de savoir ce qui les a rendues malades, elles pourront bientôt solliciter — courant 2013 — l’Antenne femmes jeunes. «Les répercussions d’un cancer du sein sur les patientes de moins de 40 ans sont très lourdes», relève Marylise Pesenti, initiatrice de l’antenne et touchée par la maladie.

Par exemple? «La fatigue, les douleurs articulaires et les troubles de mémoire dus aux traitements et à la ménopause forcée m’ont obligée à changer de métier, explique la jeune femme. Mes deux filles ont également eu des problèmes scolaires durant ma maladie et la vie intime de mon couple a été fortement touchée.»


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