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2 nov. 2012

Sécurité nucléaire : un rapport européen pointe les centrales françaises

Centrale nucléaire de Temelin,
République tchèque
Le rapport sur la sécurité du parc nucléaire par la Commission européenne révèle : « Les normes de sûreté des centrales nucléaires en Europe sont en général élevées, mais des améliorations sont recommandées pour divers éléments de la sûreté dans pratiquement toutes les centrales nucléaires européennes.  » L'Union européenne compte 147 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France, et 24 nouveaux réacteurs sont en projets, dont six sont déjà en construction: 2 en Bulgarie, 1 en Finlande, 1 en France et 2 en Slovaquie. Lire l’article publié sur nongazdesschistesinfo et l’extrait du communiqué de presse de la Commission européenne du 4 octobre 2012 qui le suit. 



Sécurité nucléaire : un rapport européen pointe les centrales françaises
nongazdesschistesinfo.com, 1er octobre 2012

Le rapport sur la sécurité du parc nucléaire européen, qui sera dévoilé demain [4 octobre 2012], chiffrerait à 25 milliards d'euros les travaux de mise en conformité. Le parc français serait le plus vulnérable.

La commission européenne ne montrera « aucune complaisance » sur la sécurité du parc nucléaire européen, qui est « en général satisfaisante », a affirmé lundi le commissaire à l'Energie Gunther Oettinger, sans démentir la découverte « de centaines d'insuffisances », surtout en France. « Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations », a-t-il assuré dans une déclaration écrite transmise à la presse. « En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance », a-t-il ajouté.

M. Oettinger présentera mercredi son rapport et ses recommandations à ses collègues de la Commission, qui pourront faire part de leurs remarques et de leurs éventuelles objections.

Selon le journal allemand Die Welt, qui dit avoir consulté ce rapport, le commissaire Oettinger chiffre à 25 milliards d'euros les travaux de mise en conformité rendus nécessaires par les contrôles qui ont fait apparaître des « centaines d'insuffisances ». Die Welt précise que la plupart des critiques concernent les centrales françaises. La France compte 58 réacteurs qui produisent 75% de l'électricité consommée dans l'hexagone.

100 à 200 millions d'euros par centrale

Le commissaire allemand n'a fait aucun commentaire sur ces informations. « Nous sommes en phase de finalisation du rapport », a pour sa part déclaré sa porte-parole Marlène Holzner. Aucun démenti n'a toutefois été formulé. Le rapport cité par le journal serait un document de travail dont tous les éléments ne seront pas nécessairement repris dans le rapport final, a-t-on cependant souligné de source communautaire.

Le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG), qui a mené les tests, a préparé « un plan d'action pour renforcer la solidité des centrales ». « Je ne peux pas parler pour tous les pays, mais pour la France, le coût de ces investissements sera de l'ordre de 100 à 200 millions d'euros par centrale », avait annoncé un de ses représentants, le Français Philippe Jamet, lors d'une audition en juin devant le Parlement européen. M. Oettinger espère que la commission sera en mesure de soumettre ce rapport et ses recommandations aux dirigeants de l'UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles. « Nous visons la présentation pour le sommet d'octobre », a confirmé sa porte-parole. Une petite part d'incertitude demeure, car le président José Manuel Barroso peut demander à M. Oettinger de revoir sa copie si trop d'objections sont émises sur le rapport.

La crainte Fukushima

La Commission européenne a réclamé des contrôles sur tous les types de réacteurs installés dans l'UE et a demandé une analyse des conséquences d'un accident d'avion sur une installation. L'objectif était de vérifier la sécurité des installations en cas de rupture des approvisionnements en électricité, comme cela s'est produit sur le site de la centrale de Fukushima au Japon après le séisme suivi d'un gigantesque tsunami qui a inondé les installations. « Nous voulons être en mesure de répondre à toutes les craintes des citoyens sur la sécurité des installations nucléaires dans l'UE », explique le commissaire Oettinger. La Commission européenne peut faire des recommandations, mais elle « ne peut pas obliger », a insisté sa porte-parole. « Nous allons voir s'ils suivent nos recommandations ou pas », a-t-elle conclu. L'UE compte 147 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France, et 24 nouveaux réacteurs sont en projets, dont six sont déjà en construction: 2 en Bulgarie, 1 en Finlande, 1 en France et 2 en Slovaquie. SOURCE AFP |30.09.12 |

Extrait du communiqué de presse de la Commission européenne du 4 octobre 2012

Tests de résistance nucléaire: le niveau élevé des normes de sûreté est confirmé, mais des améliorations sont nécessaires

Outre les recommandations de nombreuses améliorations techniques spécifiques dans les centrales, les tests de résistance ont montré que les normes et pratiques internationales ne sont pas appliquées systématiquement. Il faut également tirer les leçons de Fukushima, notamment: 

· Risques liés aux séismes et aux inondations. Les normes actuelles pour le calcul des risques ne sont pas appliquées dans 54 réacteurs (dans le cas du risque sismique) et dans 62 réacteurs (pour le risque d’inondation) sur les 145 contrôlés. Le calcul du risque devrait être basé sur une période de 10 000 ans et non sur les périodes bien plus courtes qui sont parfois utilisées.

· Des instruments sismiques in situ pour mesurer et donner l’alarme en cas de risque de séisme devraient être en place dans chaque centrale. Ces instruments devraient être installés ou améliorés dans 121 réacteurs.

· Des systèmes d'éventage-filtration pour l’enceinte de confinement devraient être en place afin de permettre de relâcher la pression à l'intérieur de l'enceinte en cas d'accident. On compte 32 réacteurs qui ne sont pas encore équipés de tels systèmes.

· Les équipements destinés aux interventions d’urgence en cas d’accident devraient être entreposés dans des locaux protégés même en cas de destructions généralisées et de façon à pouvoir être rapidement mis en service. Tel n’est pas le cas dans 81 réacteurs de l’UE.

· Une salle de commande de secours devrait être en place en cas d’inaccessibilité de la salle principale de commande du fait d’un accident. Une telle salle n'existe pas dans 24 réacteurs.

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