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29 déc. 2012

Première plainte au pénal en France contre une pilule contraceptive

Une jeune femme, qui a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2006, et se trouve depuis lourdement handicapée, porte plainte pour « atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine » contre le directeur général de Bayer Santé et aussi contre le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament en France, qui n'a pas demandé le retrait de cette pilule du marché, « malgré le principe de précaution ». Il s'agit de la première plainte au pénal en France contre une pilule contraceptive. 

Elle porte plainte contre la pilule contraceptive Meliane
Tribune de Genève, 14 décembre 2012

Une jeune femme qui accuse la pilule de troisième génération Meliane d'être à l'origine de son handicap a décidé de porter plainte contre le groupe pharmaceutique allemand Bayer.



La jeune femme, qui a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2006, et se trouve depuis lourdement handicapée, porte plainte pour «atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine» contre le directeur général de Bayer Santé, a précisé Me Philippe Courtois, confirmant une information du journal Le Monde.

La plainte, déposée à Bobigny, en banlieue parisienne, vise aussi le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament, qui n'a pas demandé le retrait de cette pilule du marché, «malgré le principe de précaution», a ajouté l'avocat. Il s'agit de la première plainte au pénal en France contre une pilule contraceptive.

«Elle a fait son AVC seulement trois mois après avoir commencé à prendre la pilule mais elle a été sauvée, c'est une miraculée», a expliqué André Larat, le père de la jeune femme âgée aujourd'hui de 25 ans.

Selon lui, «il n'a jamais été proposé à Marion un dépistage de facteur de coagulation avant le prise de la pilule. Le protocole veut aussi qu'on lui demande ses antécédents familiaux et ça n'a pas été fait», regrette-il, rappelant qu'elle est aujourd'hui «épileptique, aphasique et handicapée à 65%».

Les pilules de 3ème génération contiennent de nouveaux progestatifs, notamment le gestodène ou le désogestrel.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé à la mi-septembre la fin du remboursement par la Sécurité sociale de ces pilules. Ce déremboursement ne prendra cependant effet qu'à compter du 30 septembre 2013.

Cette décision avait été prise après les conclusions rendues par la Haute autorité de santé qui a estimé insuffisant le service médical rendu de ces pilules et relevé, selon le ministère, «un risque de complications thrombo-veineuses (les phlébites), deux fois plus élevé que chez les femmes sous pilules de 2ème génération».

«Ce risque reste toutefois très faible, de 3 à 4 cas pour 10'000 utilisatrices», selon le ministère.

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