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29 janv. 2013

Suisse : Une antenne inquiète les habitants d'une commune de Genève

Le futur émetteur devrait trôner sur un immeuble
 commercial (Image: Laurent Guiraud).
La lutte contre l’installation d’une antenne de téléphonie mobile est arrivée à Genève… Dans leur second recours contre l’installation, les habitants de Thônex, une commune de Genève, s’arment d’un nouvel argument: une jurisprudence du Tribunal fédéral, publiée en mars 2012, déboutant trois opérateurs téléphoniques dans le canton de Berne. En octobre 2012, la commune du Landeron a accepté une motion «demandant un plan et un règlement» pour mieux gérer l’implantation des antennes. Une décision contestée par les opérateurs, mais reconnue par les juges de Mon-Repos. «C’est ce que nous désirons, relève un des habitants du quartier concerné. Que chaque commune établisse un plan de ces antennes pour que leur installation soit le fruit d’une concertation.» 

Une antenne inquiète les habitants de Moillesulaz
par Chloé Dethurens, Tribune de Genève, 21 janvier 2013

L’Etat a autorisé l’installation en dépit d’un préavis négatif de la Commune. Des riverains déposent un second recours.

L’antenne devrait trôner sur le toit d’un immeuble de bureaux, à deux pas de la douane. Mais ce projet d’un opérateur téléphonique inquiète le quartier de Moillesulaz. Débouté une première fois, un groupe d’habitants a déposé un deuxième recours juste avant Noël auprès de la Chambre administrative pour s’opposer à sa mise en place. Les riverains demandent au Canton d’établir un plan directeur de ces antennes, afin de coordonner leur installation. Une récente décision du Tribunal fédéral (TF) les conforte dans leur idée, qui fait aussi son chemin au sein des autorités communales.

Ce récepteur devrait être implanté en contrebas d’un quartier de villas et de petites industries au chemin du Foron, près du Cycle d’orientation du même nom. «On ne comprend pas les raisons de cette installation, regrette Roman Juon, habitant du secteur. Il n’y a pas eu de demande de la part des résidents, puisqu’il n’y a aucun problème de couverture!»

Les riverains regrettent notamment de s’être vus refuser une séance d’information publique. «Si nous avions reçu des renseignements, peut-être que nous ne nous serions pas opposés», déplore Sylvia Leuenberger, habitante du quartier elle aussi.

L’exemple du Landeron

Dans leur second recours, les habitants s’arment d’un nouvel argument: une jurisprudence du TF, publiée cette année, déboutant trois opérateurs téléphoniques dans le canton de Berne. En octobre, la commune du Landeron a accepté une motion «demandant un plan et un règlement» pour mieux gérer l’implantation des antennes. Une décision contestée par les opérateurs, mais reconnue par les juges de Mon-Repos. «C’est ce que nous désirons, relève Roman Juon. Que chaque commune établisse un plan de ces antennes pour que leur installation soit le fruit d’une concertation.»

Du côté des autorités locales, qui avaient préavisé négativement la mise en place d’une nouvelle antenne, l’idée d’une planification de ces émetteurs commence elle aussi à germer. «Je ne vois pas pourquoi on n’arrive pas à regrouper ces antennes, se demande Claude Détruche, maire de Thônex. Il faudrait mettre en place un plan directeur au niveau cantonal. Car visuellement, ces émetteurs sont une vraie catastrophe. Et on ne connaît pas encore vraiment les conséquences de telles installations sur les riverains.»

Le Municipal se mobilise

Une partie des élus du Municipal est favorable à cette démarche. Le groupe Verts-Vivre à Thônex prépare une intervention pour la prochaine séance plénière de février. «Nous demanderons un plan d’aménagement spécifique aux antennes, confirme Alain Dupraz, conseiller municipal. Mais il ne doit pas être élaboré uniquement dans la commune: les ondes traversent évidemment les frontières. Nous demanderons donc aux magistrats d’intervenir auprès du Canton pour que celui-ci établisse un plan directeur.»

Pour le Département de l’urbanisme (DU), chargé d’octroyer les autorisations aux opérateurs, cette jurisprudence ne change rien. «Il s’agit d’une affaire bernoise où les compétences en matière d’aménagement entre communes et Canton sont différentes de celles que l’on connaît à Genève, relève Rafaèle Gross, porte-parole du DU. Son influence sur le territoire genevois demeurera, en l’état, faible voire nulle. D’autre part, si une telle planification était réalisable, elle requerrait la collaboration du Canton.»

Orange veut placer cette antenne pour améliorer «de manière constante le réseau, vu l’utilisation croissante des smartphones, relève Marie-Claude Debons, porte-parole. Nous partageons environ un tiers de nos antennes avec les autres opérateurs. Mais nous ne pouvons pas le faire partout. En Suisse, où les normes sont dix fois plus strictes qu’ailleurs en Europe, les antennes sont moins puissantes. Nous avons donc besoin d’en installer davantage.»

http://www.tdg.ch/geneve/france-voisine/Une-antenne-inquiete-les-habitants-de-Moillesulaz/story/18394218

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