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30 mars 2013

Les dangers d'aluminium

Aluminium : Le Dr Souvet répond à vos questions !
Dr Pierre Souvet
par S.Norest, Agence Santé Environnement France (ASEF), 27 mars 2013

Alimentation, ustensiles de cuisines, cosmétiques et même dans les vaccins : l’aluminium est partout ! Pourtant, il pourrait être toxique ! Alors, quels sont les risques pour les consommateurs que nous sommes ? Le Dr Pierre Souvet, Président de l’ASEF, a répondu à vos questions. Retour sur ses réponses mais surtout sur ses conseils.

Ces dernières années, on entend beaucoup parler des dangers de l’aluminium, notamment dans les déodorants. Qu’en est-il vraiment ?, Amandine 

Dr Pierre Souvet : Il faut savoir que nous sommes exposés à l’aluminium de façon naturelle (sols, air, ingestion d’aliments provenant de la terre, eau de source). Mais contrairement au fer, l’aluminium n’apporte rien à notre organisme ! Notre corps fait d’ailleurs tout pour le chasser et il l’élimine en grande parties par les reins. Depuis les années 70, ce n’est plus un secret pour personne, l’aluminium est toxique et il entraînerait des troubles neurologiques importants… Et pourtant, de nombreux produits cosmétiques et notamment les déodorants, que nous appliquons quotidiennement contiennent de l’aluminium… Or, cet aluminium pénètre dans la peau ! Il est donc préférable d’éviter tous les produits à base d’aluminium et de bien lire les étiquettes !

Que pensez-vous de la pierre d’Alun ? Est-elle aussi dangereuse que les déodorants à base d’aluminium ?, Lola 

Dr Pierre Souvet : Puisque nous parlons transpiration, j’aimerais tout d’abord insister sur un point. Il est important de faire la différence entre déodorants et anti-transpirants ! Les anti-transpirants empêche un phénomène normal et nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme : la régulation de la température corporelle par la transpiration. Il ne faut donc pas en utiliser ! La pierre d’Alun, quant à elle, n’empêche pas la transpiration. En laissant une fine couche saline sur la peau, elle évite simplement la prolifération des bactéries responsables des mauvaises odeurs. Cependant, cette pierre contient bien de l’aluminium et plus précisément des sels d’aluminium. Sur le marché, il existe la pierre d’alun naturelle et la pierre d’alun synthétique. La naturelle est formée principalement de sulfate d'aluminium et de sulfate de potassium tandis que la synthétique est fabriquée par les industries chimiques par synthèse de sel d’ammonium. Bien qu’à priori, la pierre d’alun naturelle ne pénètre pas dans l'épiderme comme le fait la l’industrielle ou les autres déodorants à base d’aluminium, mieux vaut rester prudent car à ce jour aucune étude n’a montré son innocuité ou sa toxicité…

Comment l’aluminium se retrouve-t-il dans notre alimentation ?, Stéphane

Dr Pierre Souvet : L’aluminium que nous retrouvons dans nos assiettes provient principalement des emballages et des ustensiles de cuisine. En effet, ce métal a la capacité de migrer vers les aliments. Il peut être présent sous différentes formes selon la température mais aussi et surtout selon le pH du milieu. En milieu acide par exemple, l’aluminium est présent sous une forme soluble. La migration vers les aliments est donc facilitée. De plus, si le matériel utilisé est abîmé ou présente des rayures, le risque de migration est plus élevé. Ainsi, après avoir été cuites et conservées pendant toute une nuit dans un récipient en alu, 100 g de tomates peuvent renfermer 6,5 mg d'aluminium ! Et après cuisson, 100 g de rhubarbes et d'abricots peuvent en contenir respectivement 4 mg et plus de 7 mg… Il est donc recommandé de changer régulièrement son matériel de cuisine et de ne pas cuire ou conserver d’aliments acides dans ce type de récipients !

Que pensez-vous de l’utilisation intensive de capsules en aluminium pour le café ?, Violaine

Dr Pierre Souvet : A ce jour, les quelques prélèvements indépendants qui ont dosé les taux d’aluminium dans le café, ont montré que la quantité retrouvée semblait assez faible (moins de 0,1mg/litre). Toutefois, je ne peux m’empêcher de me poser un certain nombre de questions : ne peut-on pas faire des capsules sans aluminium pour limiter l’exposition de la population ? Le conditionnement n’est-il pas trop volumineux alors que nous cherchons à réduire la quantité de nos déchets ? N’est-il pas temps de penser le recyclage de ces capsules aujourd’hui très consommées ? Il me semble que de très grands progrès sont encore à réaliser…

Peut-on connaître la qualité de l’eau de notre commune ? Que peut-on faire si le traitement de l’eau est à base de sels d’aluminium ?, Karim 

Dr Pierre Souvet : Il est vrai que beaucoup de communes utilisent les sels d’aluminium pour traiter l’eau et la rendre plus claire. Mais ce n’est pas le cas de toutes ! Par exemple, la ville de Paris a fait le choix de ne pas « blanchir » son eau avec de l’aluminium, elle l’a substitué par du chlorure ferrique.… Alors, pour modifier la façon de traiter notre eau et faire avancer les choses, il faut sensibiliser nos élus ! En parallèle, nous avons aussi la possibilité d’en savoir plus sur l’eau du robinet que nous buvons. En effet, le Ministère de la Santé a mis en place un site internet qui permet de voir la qualité de l’eau de chaque commune http://www.sante.gouv.fr/resultats-du-controle-sanitaire-de-la-qualite-de-l-eau-potable.html

Mon mari de 60 ans voit ses problèmes de mémoire s’accentuer. Toutes les années, il se fait vacciner contre la grippe et se demande si cela n’a pas un lien. Il souhaite ne plus se faire vacciner. Est-ce une bonne idée ?, Carla 

Dr Pierre Souvet : Pour tout vous dire, je me suis fait moi-même vacciner contre la grippe cette année car mes collègues généralistes me la décrivaient particulièrement agressive ! Il faut savoir que les vaccins antigrippaux ne contiennent pas d’aluminium, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres vaccins. Et le problème est bien là ! Il est impossible de faire, par exemple, un rappel du Tetanos sans aluminium. Et c’est bien ce qui me gêne… Le citoyen devrait avoir le droit de choisir. Nous devons donc inciter les laboratoires à proposer des vaccins avec aluminium et d’autres sans, comme c’était le cas il y a quelques années. Mais cela, devra sans doute passer par des moyens législatifs…

Pourquoi a-t-on remplacé les phosphates de calcium utilisés comme adjuvant dans les vaccins par de l'aluminium ?, Edouard

Dr Pierre Souvet : Petit retour historique ! La première vaccination contre la poliomyélite a été réalisée en 1952. Comme pour la diphtérie ou le tétanos, les médecins avaient alors le choix entre les vaccins contenant de l’aluminium et les vaccins contenant du phosphate de calcium, un composant inoffensif pour le corps humain. Mais en 1984, l’institut Pasteur fusionne avec l’institut Meyrieux et la nouvelle direction stoppe la production de vaccins au calcium pour en produire uniquement à l’aluminium. Les raisons ? A priori, économiques car un seul processus industriel permettait un rendement économique meilleur. Une fois encore, une décision économique a été prise au péril de notre santé !

Je prends des antiacides, qui je le sais, contiennent de l’aluminium. Y a-t-il un risque ? Si oui à partir de quelle dose ?, Philippe

Dr Pierre Souvet : En effet, certains antiacides contiennent 400 mg d’hydroxyde d’aluminium par comprimé. Donc, si on prend 12 comprimés par jour, on obtient une dose 480 fois supérieure à la dose « hebdomadaire » recommandée ! De plus, une étude a montré que l’aluminium favoriserait l’inflammation des cellules intestinales. Une prise occasionnelle ne posera donc aucun problème mais mieux vaut éviter de le faire de façon fréquente ou régulière. Sachez que des alternatives existent, n’hésitez donc pas en parler à votre médecin !

Par quel moyen peut-on mesurer la quantité d’aluminium présente dans notre corps ? Estelle

Dr Pierre Souvet : Généralement, le dosage de l’aluminium se pratique sur les dialysés. En effet, du fait de leur insuffisance rénale les patients n’arrivent pas à bien l’éliminer. Pour mesurer la quantité d’aluminium dans notre organisme, il existe deux dosages biologiques disponibles : l’aluminium sanguin et l’aluminium urinaire. L’aluminium urinaire est plus précis que l’aluminium sanguin si la fonction rénale est normale. Pour connaitre les laboratoires effectuant ce dosage en France, vous pouvez vous rendre sur ce site internet : http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/BIO_SD_002/$File/print.html

Lorsqu'on est contaminé, peut-on se détoxifier ?, Maya

Dr Pierre Souvet : Malheureusement non. Lorsque l’aluminium a atteint le cerveau, il ne peut plus en partir. C’est pourquoi la meilleure solution aujourd’hui reste de se tenir à l’écart du métal. Cependant, certains scientifiques recommandent de boire de l’eau minérale enrichie en silicium car ce dernier aurait un effet protecteur. Mais cette hypothèse reste à confirmer par d’autres études !

En résumé, quels sont les conseils pratiques pour limiter notre exposition à l’aluminium ?, Mathilde 

Dr Pierre Souvet : Nous l’avons vu, notre organisme n’a pas besoin d’aluminium, il faut donc l’éviter au maximum. Et pour cela, nous pouvons agir au quotidien ! Nous devons revenir à des produits simples, quand on le peut et surtout bien lire les étiquettes… Cela vous prendra un peu de temps mais je vous assure que votre santé le vaut bien !

En tant que citoyen, que peut-on faire ?, Alain

Dr Pierre Souvet : Le poids des "citoyens" est important… Un industriel s'adaptera à la volonté des consommateurs. C'est donc à nous tous d'orienter ce marché et de faire comprendre aux politiques que notre santé passe avant les intérêts financiers de certains !

Pour en savoir plus sur l'aluminium qui nous entoure, vous pouvez consulter notre synthèse en cliquant ici

http://www.asef-asso.fr/problematiques-emergentes/nos-conseils-pratiques/1735-aluminium-le-dr-souvet-repond-a-vos-questions

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