Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

17 mars 2013

L'éternité et la vérité du nucléaire

Mars 2011:  la fumée s'élevant de l'unité 3 de la centrale
nucléaire de Fukushima  (photo: AP)
par Alison Katz, Association OMS Indépendante, publié dans la Tribune de Genève, 16-17 mars 2013

Dans le nucléaire et ses catastrophes, deux thèmes reviennent constamment : l’éternité et la vérité.

Je suis allée voir l’exposition de photographies de Tchernobyl par Pierpaolo Mittica au Théâtre Saint-Gervais (jusqu’au 28 mars). « Il est estimé, écrit-il, que les zones les plus contaminées, qui couvrent 260'000 km carrés (à peu près la taille de l’Italie) retourneront aux niveaux de radioactivité normale dans 100'000 ans. »

Presque 27 ans ont passé, donc il en reste encore 99'973. Le nucléaire c’est l’éternité. Mais l’éternité favorise la vérité.

La population de l’ex-URSS n’avait pas la possibilité de raconter au monde ce qui se passait chez elle. La dissimulation a été quasi complète : celle en haut lieu et celle des gouvernements des pays nucléaires et de leur lobby nucléaire.

La plupart des Européens ne savent pas que les liquidateurs soviétiques ont sauvé l’Europe. En effet en éteignant le feu – ce qui a pris dix jours d’efforts héroïques – ils ont empêché de justesse une conflagration qui aurait rendu l’Europe inhabitable. Les Européens ne savent pas qu’ils doivent leur vie, leur existence, à ces hommes et ces femmes dont des dizaines de milliers sont morts jeunes suite aux contaminations.

Dans le livre de Mittica on lit aussi : « Tchernobyl ce n’est pas le passé. Tchernobyl ce n’est pas l’histoire. Tchernobyl c’est le début. »

En effet, les conséquences sanitaires – surtout les dégâts génétiques – empirent avec les années. Nous ne sommes vraiment qu’au début. Ironie diabolique : quand l’OMS déclare qu’il faut que l’humanité s’habitue à une existence radioactive, c’est malheureux, mais elle n’as pas tort.

Vingt-cinq ans plus tard est survenu l’accident nucléaire de Fukushima dont nous commémerons ces jours la date. La seule chose qu’on peut espérer, au milieu de cette tragédie, c’est que c’est le début de la fin du nucléaire. Pourquoi ? Parce que le peuple japonais est déjà en train de nous raconter ce qui se passe et ils ne vont pas cesser de nous raconter. Et nous devons tout faire pour les aider à divulguer au monde entier ce qui se passe.

Car la vérité sur les conséquences sanitaires va sortir. Tôt ou tard. Et cela malgré les efforts de l’Agence internationale de l’énergie atomique et de l’Organisation mondiale de la santé qui, elle, joue un rôle clé dans la dissimulation. Elle fournit un label santé aux activités nucléaires qu’elles soient militaires ou industrielles.

L’OMS vient de sortir son Evaluation des risques sanitaires de l’accident nucléaire de Fukushima, en même temps que les citoyens et scientifiques indépendants ont sorti les Actes du Forum sur la radioprotection.

Ce nouveau rapport de l’OMS est une parodie, écrit pour l’essentiel par l’AIEA, qui n’a aucun mandat ni compétence en santé publique. Donc, aucune surprise, « les conséquences sanitaires sont minimes, les doses étaient trop faibles ». On connaît la chanson. Le document est truffé d’omissions, tromperies et contre-vérités.

1 commentaire:

  1. je suis d'accord à 100%,mais trop peu de gens se sen-
    tent concernés;on ne peut pas dire que l'on ne sait pas maintenant;on préfère adopter la politique de l'autruche quitte à se lamenter et à se répandre en
    pleurs hypocrites dans les médias à la prochai-
    ne catastrophe,car il y en aura une malheureusement! Ouvrez donc les yeux;vous serez complices de ce que
    vous aurez laisser faire
    les yeux,il est grand temps d'agir

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