Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

24 févr. 2014

Suisse : Les Médecins en faveur de l'environnement encouragent la signature de l'Appel de Fribourg 2012 concernant les mises en garde relatives aux dangers des radiofréquences de la téléphonie mobile


Les Médecins en faveur de l’environnement (MfE) en Suisse encouragent la signature de  l’Appel de Fribourg 2012 concernant les mises en garde relatives aux dangers des radiofréquences de la téléphonie mobile.



Appel des médecins internationaux 2012
10 ans après l’appel de Fribourg:

La téléphonie mobile menace notre santé. Les médecins réclament depuis longtemps des mesures de précaution !

Plus de 1.000 médecins ont signé „l’appel de Fribourg“ de 2002 qui, entre-temps, a été traduit
dans plusieurs langues. Dans le monde entier, ce sont 36.000 personnes qui ont appuyé les
mises en garde contre les dangers de la téléphonie mobile. Aujourd’hui, dix ans plus tard, nous, médecins et scientifiques, lançons de nouveau un appel international aux collègues, aux
citoyens et citoyennes, mais aussi aux responsables politiques du monde entier.

I. Les raisons

Malgré toutes les mises en garde, de nouvelles techniques de téléphonie continuent d’être installées un peu partout, qui interfèrent dans notre quotidien : réseaux cellulaires, équipements TETRA, 4G, téléphones sans fil, Wi-Fi, babyphones, compteurs intelligents, radio et télévision numériques et beaucoup d’autres encore.  Toutes ces techniques de communication interfèrent avec l’organisation biophysique de la vie avec une densité croissante et une énorme diversité de champs électromagnétiques.

La vie des humains, des animaux et des plantes est indissociable des champs et signaux électromagnétiques (CEM) naturels. Avec leurs fréquences de très basses à très hautes, les champsartificiels d’origine technologique peuvent perturber profondément les processus biologiques de métabolisme et de communication de la cellule. Certes, grâce aux mécanismes de régulation sophistiqués dont nous disposons, les défenses naturelles de l’organisme sont au
moins au début en mesure de rétablir l’équilibre.  Cependant, en cas de stress électromagnétique persistant, on peut observer un dérèglement chronique de cette organisation biologique pertinente de la vie, entraînant divers troubles de santé.

Les conséquences de ce profond bouleversement des mécanismes d’autorégulation ont été maintes fois prouvés par la science : augmentation de la perméabilité de la barrière protectrice hématoencéphalique, modification des ondes cérébrales, troubles du système nerveux central et des hormones(en particulier augmentation d’hormones du stress),dégradation du système immunitaire et du patrimoinegénétique et diminution de la fécondité, pour ne citer que quelques-uns des exemples les plus révélateurs. Le stress cellulaire oxydatif – l’une des principales causes de nombreuses maladies – apparaît de plus en plus manifestement comme l’un des mécanismes d’action central de l’exposition à des radiations.

Nous, médecins, observons que les maladies psychiques telles que la dépression, le syndrome duburn-out, les troubles du sommeil, les troubles anxieux et les crises d’angoisse aiguë augmentent d’une manière alarmante. C’est également le cas de toute une série d’autres pathologies : accidents vasculaires cérébraux chez des personnes encore jeunes, maladies neurodégénératives (par ex. syndrome démentiel survenantprécocement), céphalées, acouphènes, autisme, troubles d’apprentissage, de concentration et de comportement (TDAH), pour ne nommer que les symptômes et pathologies les plus frappants. Nos observations prouvent aussi que la multiplication des ondes électromagnétiques compte également parmi les facteurs environnementaux décisifs co-responsables d’une augmentation continuelle des allergies, des maladies cutanées, des syndromes douloureux, de la tendance aux infections, de l’hypertension, des arythmies cardiaques, des déséquilibres métaboliques et des maladies multisystématisées.

De plus en plus souvent et de plus en plus manifestement, nous constatons un rapport indéniable, temporel en même temps que spatial, entre l’apparition de ces maladies et des symptômes et le début d’une exposition intensive aux ondes (par ex. à la suite de l’implantation d’antennes-relais ou de l’usage intempestif d’un téléphone portable). Ainsi, il est depuis longtemps clairement prouvé qu’il existe un rapport entre l’usage de téléphones portables/téléphones sans fil et l’augmentation de cas de tumeurs cérébrales qui aujourd’hui justifie impérativement des mesures de prévention.

Les enfants et les adolescents sont particulièrement concernés. Les tumeurs cérébrales sont après la leucémie le cancer le plus fréquent chez les enfants. Le taux d’augmentation chez les adolescents les plus âgés est en Europe de 1,5 pour cent par an. En Angleterre, on a enregistré chez les enfants une augmentation significative des cas de tumeurs frontales et du lobe temporal entre 1999 et 2009. La tendance à la dépendance au téléphone portable et autres appareils connectés au réseau mobile continue de progresser régulièrement. C’est la raison pour laquelle de nombreux appels et résolutions réclament des mesures particulières de précaution pour les enfants et les adolescents, ainsi par ex. de l’Agence européenne pour l’environnement à l’automne 2011.

Le nombre de personnes souffrant d’hypersensibilité électromagnétique est en constante augmentation. Celles-ci réagissent à l’envahissement de leur environnement par des champs techniques en développant divers symptômes, dont certains graves, immédiatement ou parfois aussi plusieurs heures plus tard. Nous, médecins, sommes heureux que la Suède reconnaisse l’électro-sensibilité comme un handicap.  Nous souhaitons insister en rappelant que le Parlement européen a encouragé les états « à suivre l’exemple de la Suède », et que des gouverneurs américains ont attiré l’attention de l’opinion publique sur les dangers de l’électro-hypersensibilité. En Autriche, l’Ordre des Médecins a adopté une directive portant sur le diagnostic et le traitement des troubles et pathologies liées à l’électro-hypersensibilité (EHS) ; puisse cet exemple faire école dans d’autres pays.

Les observations, recueillies par des médecins du monde entier, sont pour le moins pertinentes et corroborées par les résultats scientifiques. Ceux-ci attestent depuis des décennies déjà des effets nocifs des champs électromagnétiques et de la dramatique perturbation des circuits biologiques, et cela à des seuils bien inférieurs à ceux définis actuellement. Le rapport du groupe international 'BioInitiative Working Group' (2007) est par ex. connu pour avoir évalué plus de 1500 études mettant en évidence diverses dégradations et risques pour la santé. Depuis, de nombreuses études récentes ont confirmé ces résultats alarmants et démontré en même temps l’absurdité des seuils actuellement en vigueur qui ne prennent en considération que les effets thermiques aigus. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé en mai 2011 les ondes électromagnétiques auxquelles nous exposent les téléphones portables comme peut-être cancérigènes, ceci en raison d’une augmentation du risque de tumeur cérébrale après usage intensif du téléphone portable pendant plusieurs années. Et les fabricants leaders de téléphones portables eux-mêmes confirment le sérieux de la situation lorsqu’ils font une demande de brevet pour des appareils réduisant le risque cancérigène.

Durant ces dernières années, les scientifiques et les médecins ont été de plus en plus nombreux à souligner les risques sanitaires de la téléphonie mobile dans des appels et résolutions. La Commission russe de radioprotection RNCNIRP a alerté en 2008 l’opinion publique contre les effets lourds de conséquence et irréparables d’une exposition à des champs électromagnétiques, particulièrement sur les enfants, et a de nouveau tiré la sonnette d’alarme en 2011.  L’Agence européenne pour l’environnement a réclamé en 2009 déjà des mesures de précaution d’urgence, soutenu en cela par le Parlement européen. Enfin, en 2011, le Conseil de l’Europe a demandé dans une décision prise à l’unanimité la fin d’une politique de téléphonie mobile qui, dans sa forme actuelle, ne peut plus être considérée comme porteuse d’avenir.

II. L’appel

Nous, médecins et scientifiques, en appelons à tous les collègues, aux citoyens et
citoyennes : en signant cette pétition, vous vous engagez aussi à tout faire pour protéger
la vie. En outre, nous exigeons des responsables politiques qu’ils garantissent les normes
suivantes de précaution relevant des droits élémentaires de l’homme.

1. Protéger l’invulnérabilité du domicile en limitant les radiations électromagnétiques pénétrant dans nos murs.

2. Réduire sensiblement l’exposition aux ondes, ainsi que les seuils de tolérance afin de protéger efficacement la population et la nature contre les effets biologiques nuisibles. Une nouvelle extension de la technologie mobile est désormais irresponsable.

3. Opter de manière conséquente pour les technologies câblées dans les appartements privés et institutions publiques, en particulier les jardins d’enfants, les écoles, les universités, les établissements de soins et les hôpitaux.

4. Reprendre les appareils/installations transmetteurs continus (tels que les téléphones sans fil, les équipements Wi-Fi et les compteurs intelligents) et s’équiper au moins de technologies n’émettant qu’au moment de leur utilisation.

5. Prendre des mesures de précaution particulières pour les enfants et les adolescents : pas de
téléphone portable et autre téléphone sans fil pour les enfants de moins de 8 ans et seulement en cas d’urgence entre 8 et 16 ans. Il faut renoncer à tout message publicitaire pour les téléphones portables et autres appareils online s’adressant aux enfants et adolescents et interdire ceux-ci à l’école.

6. Mise en garde bien visible contre les risques et les possibilités de limiter ceux-ci sur les
téléphones portables et autres appareils de téléphonie, ainsi que dans le texte des modes d’emploi. Signaler combien il est important qu’un téléphone portable allumé ne soit pas en
contact direct avec le corps.

7. Aménager des zones de protection publiques pour les électro-sensibles ; installer des pièces
publiques dénuées d’ondes électromagnétiques, en particulier également dans les transports
publics, comme cela a été fait pour les non-fumeurs.

8. Promouvoir le développement de techniques de communication sans danger pour la santé, comme l’électricité. Miser sur les réseaux de fibres de verre, une technologie moderne, porteuse d’avenir et performante, qui permet de satisfaire les besoins toujours plus élevés qu’engendre la transmission des données.

9. Développer la recherche à l’échelle nationale, indépendamment de l’industrie, qui ne fasse pas abstraction des mises en garde scientifiques et médicales, mais s’efforce de les expliquer.

Nous en appelons à tous les citoyens et citoyennes qui se sentent concernés par leur santé et souhaitent protéger l’environnement : montrez-vous un consommateur responsable pour contribuer vous aussi à limiter les rayonnements électromagnétiques. Privilégiez dans votre vie quotidienne les technologies de communication par câble ! N’hésitez pas à vous informer et à faire part de vos connaissances à votre famille, à vos voisins, à vos amis et aux politiciens ! Expliquez surtout à tous que la protection de la santé et de l’environnement ne doit pas être dépendante de l’industrie et se mesurer en termes commerciaux !


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