Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

2 mai 2013

Fukushima submergée par son eau radioactive

A Fukushima, Tepco ne sait plus où recueillir l'eau contaminée
stockée dans d'innombrables citernes installées à la hâte.
par Bernard Bridel, Tribune de Genève, 2 mai 2013

Nouveau problème pour la centrale sinistrée : on ne sait plus où stocker son liquide de refroidissement

Pas moins de 285 litres par minute ! C’est la quantité astronomique d’eau radioactive que les techniciens de la centrale nucléaire de Fukushima doivent impérativement stocker, une fois qu’elle a fait son travail de refroidissement dans les réacteurs ravagés par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011. Faute de quoi, ce liquide irradié, notamment au strontium, finirait dans le Pacifique voisin, avec les conséquences que l’on peut imaginer pour la flore et la faune marines.

Mais voilà, aujourd’hui, plus de deux ans après la catastrophe, l’opérateur Tepco (Tokyo Electric Power Company) ne parvient plus à faire face, selon un article très fouillé publié dans le New York Times du 29 avril. Pratiquement, Tepco ne sait plus où recueillir l’eau contaminée qui, dans d’innombrables citernes installées à la hâte, remplirait déjà l’équivalent de 112 piscines olympiques.

Du coup, pour faire de la place dans un espace restreint et encore encombré des décombres de la centrale, l’opérateur prévoit d’abattre une forêt voisine pour y assembler une centaine de nouvelles citernes. Une décision d’autant plus urgente, souligne le New York Times, que le site a récemment subi plusieurs dysfonctionnements, comme des fuites d’eau très radioactive et des pannes d’électricité qui ont interrompu temporairement les systèmes de refroidissement des piscines de désactivation du combustible usé.

La situation est si préoccupante, relève encore le quotidien new-yorkais, que le président de la nouvelle Autorité de surveillance du nucléaire nippone, Shunichi Tanaka – un pronucléaire de longue date – « n’exclut pas un nouvel accident ».

« Il est désormais clair que Tepco agit au jour le jour, n’a plus le temps de réfléchir au lendemain et encore moins à l’année prochaine », surenchérit Tadashi Inoue, un expert nucléaire ayant participé à l’élaboration de la stratégie de décontamination du site.

Ces très mauvaises nouvelles interviennent au pire moment pour Tepco, qui vient d’annoncer une nouvelle perte nette gigantesque à cause des indemnités faramineuses versées aux victimes de l’accident nucléaire. Entre le 1er avril 2012 et le 31 mars 2013, Tepco a enregistré une perte nette de 685 milliards de yens (6,5 milliards de francs), à peine inférieure à celle de 781 milliards (7,4 milliards de francs) déplorée lors de l’exercice précédent.

Enfin, à l’instar de la plupart des 54 réacteurs nucléaires japonais, les 17 que comptait le parc de Tepco avant la catastrophe sont à l’arrêt. Un bilan calamiteux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire