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23 juil. 2013

Portrait de Carsten Schloter

Carsten Schloter, un Allemand parfait bilingue
Tribune de Genève, 23 juillet 2013

Homme dynamique, excellent communicateur et sportif accompli, Carsten Schloter parlait parfaitement le français. Il avait pris les rênes de Swisscom en janvier 2006. On l'a retrouvé mort chez lui ce 23 juillet 2013.

Carsten Schloter succède début 2006 à Jens Alder, parti de son plein gré après le désaveu du Conseil fédéral pour sa politique d’expansion internationale, à la tête du plus grand opérateur de Suisse. Sous sa direction, Swisscom rachète en 2007 l’entreprise italienne Fastweb pour pas moins de 4,6 milliards d’euros, soit 7,6 milliards de francs à l’époque.

L’opérateur avait déjà tenté à plusieurs reprises de prendre pied à l’étranger, échouant souvent. Le géant bleu est contraint de procéder fin 2011 à d’importantes corrections de valeurs sur sa filiale italienne. Le patron de Swisscom reconnaît avoir payé trop cher pour s’emparer de Fastweb.

Position de leader

Ces mésaventures transalpines n’affaiblissent toutefois pas trop l’opérateur en Suisse. Swisscom assoit en effet sa position de numéro un du secteur, en investissant massivement dans la fibre optique et en modernisant son réseau de téléphonie mobile alors que le secteur des télécommunications connaît de profonds bouleversements.

Suite à l’interdiction par la Commission de la concurrence (COMCO) de la fusion entre Orange et Sunrise en 2010, le groupe contrôlé majoritairement par la Confédération se retrouve sans concurrent à sa taille.

Carsten Schloter peut également se targuer du succès massif de Swisscom TV dans le domaine de la télévision numérique, damant le pion aux câblo-opérateurs qui partaient pourtant avec une longueur d’avance.

Une jeunesse française

Carsten Schloter est né le 7 décembre 1963 à Erlenbach, non loin de Francfort-sur-le-Main. Il a étudié à Paris, où il a passé une grande partie de sa jeunesse.

Il entame sa carrière professionnelle chez le constructeur automobile Mercedes-Benz en 1992. Il se tourne ensuite vers le secteur des télécommunications en rejoignant l’opérateur allemand Debitel, une ex-filiale de Swisscom. Il y remplit diverses fonctions dirigeantes en Allemagne et en France avant de rejoindre Swisscom en 2000.

Cet économiste d’entreprise et informaticien de formation a dirigé durant près de six ans la division des télécommunications mobiles du géant bleu avant d’en prendre la tête. Hyperactif, il se définissait comme un bourreau de travail. «Je me lève à cinq heures du matin et si je ne fais rien, je deviens d'une humeur massacrante», a-t-il déclaré auSchweizer Illustrierte en avril 2010.

Il avait toutefois pris du recul, reconnaissant en mai dans Schweiz am Sonntag qu'il avait désormais besoin de respirer. «Il arrive un moment où vous avez l'impression d'enfiler les obligations. Cela vous prend à la gorge. Je crois vraiment qu'il est possible d'avoir moins d'engagements.»

Sa séparation, son plus grand échec
Grand sportif, amateur de randonnées en montagne et de vélo, Carsten Schloter a participé deux fois à la patrouille des glaciers, une épreuve qui exerçait sur lui une véritable fascination. «On ne peut pas vraiment profiter de la nature durant la Patrouille mais on y passe de nombreuses heures lors de la préparation. Ensuite, on va au bout de ses propres limites. C'est une véritable aventure», a-t-il reconnu dans une interview à Persönlich en juin 2011.

Il était le père de trois enfants, âgés de 3 ans à 9 ans mais vivait séparé de sa femme Kerstin. Lors d'une interview avec Roger Schawinski fin mars 2012, il estimait que cette séparation représentait un échec pour lui. «J'ai trois petits enfants et je vis séparé. Je ne les vois que toutes les deux semaines, ce qui me donne tout le temps des sentiments de culpabilité. J'ai le sentiment d'avoir fait ici quelque chose de pas correct.» (ats/Newsnet)

http://www.tdg.ch/suisse/carsten-schloter-allemand-parfait-bilingue/story/16868010?trac

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