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17 août 2013

Suisse : La croisade d'un naturopathe contre les vaccins

Chef de file des opposants à la Loi sur les épidémies, Daniel Trappitsch, naturopathe saint-gallois, appelle à «la démocratie directe» face aux plans de santé de la Confédération sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS): «Les lobbies pèsent lourd à Berne, surtout l’industrie pharmaceutique qui réalise des milliards de bénéfice.» En Suisse romande, la voix des référendaires reste fluette. Des médecins homéopathes devraient s’engager dans la campagne.  «C’est une question de langue, notre comité est germanophone, estime Daniel Trappitsch. Mais c’est vrai aussi que les Romands ont une sensibilité différente. Ils consomment plus de médicaments et vont davantage chez le médecin ou à l’hôpital. Il y a un Röstigraben: en Suisse alémanique, la santé est davantage une question de responsabilité individuelle. »

La croisade libertaire de Daniel Trappitsch contre les vaccins
par Patrick Chuard, Tribune de Genève, 9 août 2013



Chef de file des opposants à la Loi sur les épidémies, le naturopathe saint-gallois se méfie de l’Etat. Rencontre

Mais qui est Daniel Trappitsch? Connu outre-Sarine, ce naturopathe saint-gallois (48 ans) reste largement ignoré des Romands. Il a pourtant mené la fronde contre la Loi sur les épizooties l’an dernier. Le peuple lui a dit non par 68% en novembre. Nouvelle croisade cette année: il coordonne le référendum contre la révision de la Loi sur les épidémies (22 septembre). Il s’agit cette fois de vaccination humaine.

Pas fatigué de lancer des combats perdus d’avance? «En 2012, ce n’était pas une défaite mais une victoire car 32% des citoyens nous ont suivis! affirme Daniel Trappitsch. Le plus important, c’est de faire avancer nos idées.» En résumé, il s’oppose à «la vaccination obligatoire que cette révision prépare. Et surtout, je ne veux pas d’une centralisation des décisions à Berne.»

Ancien électricien radio-TV devenu naturopathe dans les années 90, Daniel Trappitsch se dit «libertaire» et pas davantage à gauche qu’à droite. Pourtant, il a adhéré un temps à une section locale de l’UDC, lorsqu’il habitait dans les Grisons. «Vous verrez que des politiciens de tous les bords seront avec nous durant cette campagne, dit-il. La question des vaccins divise les partis eux-mêmes.» Volontiers provocateur, il en appelle à «la démocratie directe» face aux plans de santé de la Confédération sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS): «Les lobbies pèsent lourd à Berne, surtout l’industrie pharmaceutique qui réalise des milliards de bénéfice.»

Trublion conservateur

Libre-penseur revendiqué, écologiste, le trublion Trappitsch est aussi un conservateur: il s’oppose à l’éducation sexuelle dans les écoles. «Chaque enfant doit apprendre à son propre rythme.» L’association qu’il préside, Netzwerk Impfentscheid (Réseau décision sur les vaccins), mènera campagne avec des chrétiens conservateurs, des patriotes de droite et des écologistes. Il assume le mélange: «C’est une réunion de mouvements différents dans un but commun. Mais le souci de la liberté individuelle est partagé.»

En Suisse romande, la voix des référendaires reste fluette. Des médecins homéopathes devraient s’engager dans la campagne. Et quelques élus, dont l’ancien conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig, font le relais. «C’est une question de langue, notre comité est germanophone, estime Daniel Trappitsch. Mais c’est vrai aussi que les Romands ont une sensibilité différente. Ils consomment plus de médicaments et vont davantage chez le médecin ou à l’hôpital. Il y a un Röstigraben: en Suisse alémanique, la santé est davantage une question de responsabilité individuelle.»

«De l’information»

Daniel Trappitsch veut bien entendre que les vaccins ont permis d’éradiquer des maladies. Mais il ajoute: «Ils en ont apporté d’autres. Des praticiens ont souvent constaté que des enfants en bonne santé sont devenus malades après avoir été vaccinés. Et il n’y a jamais d’études indépendantes sur la question en Suisse. On doit chercher les causes. Nous exigeons une meilleure information pour que chacun puisse décider.» Ses deux enfants (19 et 17 ans) n’ont pas été vaccinés, précise-t-il, «et ils sont en bonne santé».

Il admet aussi que la future loi ne sera pas plus restrictive que l’actuelle, puisque les cantons peuvent déjà décréter une obligation de vacciner. «Mais les cantons sont plus proches des citoyens. Cette centralisation prépare une dictature sanitaire qui, un jour, ne laissera plus aucun choix aux citoyens.» Un argument qu’il compte bien marteler ces prochaines semaines.

Patrick Chuard Berne

Ce que dit la nouvelle loi

Votation
La nouvelle Loi sur les épidémies remet à jour un dispositif qui date de 1970. Elle est combattue par un référendum soumis au vote le 22 septembre. Hier, le comité de soutien a lancé sa campagne à Berne.

Large soutien
Les médecins, les pharmaciens et pas moins de 25 organisations de santé s’accordent pour considérer que «cette loi va mieux protéger la population contre les maladies infectieuses». La mondialisation entraîne la circulation des microbes et certains sont devenus résistants aux antibiotiques. Contrairement à ce qu’affirme la brochure du Conseil fédéral, les droguistes ne soutiennent pas le texte. L’Association suisse des droguistes précise que «les avis divergent» parmi ses membres.

Plan national
La nouvelle loi instaure une coordination et renforce le rôle de la Confédération pour diriger la stratégie et contrôler les plans de vaccination. Face à la pneumonie atypique (SRAS) il y a quelques années, faute de base légale, les cantons avaient réagi en ordre dispersé. Désormais, ils ne pourront imposer des vaccinations que dans des cas précis. Le Conseil fédéral pourrait aussi ordonner la vaccination obligatoire pour certaines catégories.

Pas de sanction
La loi ne prévoit aucune amende pour les personnes qui refuseraient de se faire vacciner. L’obligation ne surviendrait qu’en cas de «danger sérieux». Pour des catégories «critiques» comme le personnel soignant d’une maternité, il pourrait se voir «affecté temporairement à une autre unité».

Protéger les données et les enfants
Les référendaires s’insurgent contre le fait que des données sur les groupes à risques seront transmises à Berne. La protection des données sera garantie, précise le Conseil fédéral (CF). La possibilité d’informer les enfants et les adolescents sur les maladies sexuellement transmissibles heurte également certains opposants. L’information serait «adaptée» à l’âge des mineurs concernés selon le CF.
P.C. avec ATS

http://www.amge.ch/2013/08/09/la-croisade-libertaire-de-daniel-trappitsch-contre-les-vaccins/

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