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2 sept. 2013

Electrohypersensibles : une souffrance mal comprise et peu prise en charge

Une personne électro-hypersensible (EHS) montre l'un de ses
électroencéphalogrammes.  Selon le Pr Dominique Belpomme,
qui a examiné 600 patients en 4 ans, tous les EHS
présentent un manque d'oxygène dans le cerveau. 
« Ce qui est sûr, c'est que l'on n'est pas dans la psychiatrie. »

Les EHS qui recherchent la cause de leurs maux n'ont que deux recours : aller à l'étranger, notamment en Suède qui reconnaît l'électrosensibilité comme un handicap, ou se tourner vers l'une des deux consultations médicales spécialisées, en France. A Paris, le professeur de cancérologie Dominique Belpomme a déjà examiné 600 patients en quatre ans. "A l'aide de tests, dont un écho-Doppler cérébral, nous avons notamment découvert que tous les EHS présentent un manque d'oxygène dans le cerveau, assure-t-il. Nous proposons un traitement, qui marche dans 15 % des cas."

En janvier, la proposition de loi de la députée EELV Laurence Abeille, qui avançait des mesures pour réduire l'usage du Wi-Fi et appliquer le principe de précaution, a été "enterrée", renvoyée en commission. Deux autres textes sont toujours au stade de la commission des affaires économiques : l'un, déposé par l'UMP en février, demande l'abaissement du seuil maximal d'exposition aux ondes des antennes-relais à 0,6 volt/mètre (V/m) (un plafond aujourd'hui situé entre 41 et 61 V/m selon les fréquences) et l'autre, porté par le PS en avril, visant à réguler l'installation des antennes. (Le Monde,
"Les électrosensibles à la recherche d'une terre vierge de toute onde", 30 août 2013.)

Electrohypersensibles : une souffrance mal comprise et peu prise en charge
par Audrey Garric, Le Monde, 30 août 2013



Les ondes émises par les antennes-relais, téléphones portables et autres réseaux Wi-Fi ont-elles un impact sur la santé ? Si cette question controversée génère une littérature scientifique foisonnante, elle n'a toujours pas été tranchée, laissant les personnes électrohypersensibles (EHS) démunies.

Le débat a été relancé, lundi 26 août, par un rapport remis au gouvernement calculant que l'abaissement de la puissance des antennes-relais passe par un triplement de leur nombre pour conserver la même qualité de téléphonie mobile. Ces simulations ont comme objectif une réduction de l'exposition aux ondes sous le seuil de 0,6 volt par mètre (contre 41 à 61 V/m actuellement), défendu par les associations comme un "seuil de protection" sanitaire.

Mais ce plafond est critiqué par les opérateurs de téléphonie mobile, qui s'appuient sur l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) : dans un rapport de 2009, l'agence estimait qu'en l'état des recherches, les ondes n'entraînaient pas d'effets sanitaires et jugeait infondée la valeur limite de 0,6 V/m. L'Anses doit actualiser cet avis d'ici la fin de l'année.

Car depuis, en 2011, l'Organisation mondiale de la santé a classé les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes. Et pour la première fois, en avril, une étude française sur de jeunes rats a conclu à une perturbation du sommeil, de la régulation thermique et de la prise alimentaire entraînée par les radiofréquences.

Chez l'homme, ce lien de causalité n'a jamais été établi. Et la toute première étude clinique nationale, pilotée par l'hôpital Cochin à Paris depuis février 2012 à la demande du ministère de la santé, ne pourra pas se prononcer là-dessus. "Il s'agit de voir comment prendre en charge les personnes EHS et non de définir quelles sont les causes biologiques de leurs troubles", explique le professeur Dominique Choudat, dont le service mène le projet. Les associations boycottent l'étude, fustigeant une approche purement psychologique du phénomène.

"MIGRAINEUX"

Les EHS qui recherchent la cause de leurs maux n'ont que deux recours : aller à l'étranger, notamment en Suède qui reconnaît l'électrosensibilité comme un handicap, ou se tourner vers l'une des deux consultations médicales spécialisées, en France. A Paris, le professeur de cancérologie Dominique Belpomme a déjà examiné 600 patients en quatre ans. "A l'aide de tests, dont un écho-Doppler cérébral, nous avons notamment découvert que tous les EHS présentent un manque d'oxygène dans le cerveau, assure-t-il. Nous proposons un traitement, qui marche dans 15 % des cas."

Ces résultats, qui n'ont jamais fait l'objet de publication scientifique, sont rejetés dans le monde médical. "On pourrait observer la même chose chez d'autres patients non-EHS", assure Laurent Chevallier, médecin nutritionniste et coordinateur de l'autre consultation ouverte dans une clinique de Montpellier en 2012. Depuis, l'équipe multidisciplinaire (avec un neurologue, un pneumologue, etc.) a examiné une centaine de patients, sans pour l'instant tirer de conclusion quant à l'origine de leurs troubles. "On a observé que la majorité étaient migraineux. Ce terrain pourrait expliquer des souffrances cérébrales plus importantes en présence de certaines ondes, livre-t-il. Ce qui est sûr, c'est que l'on n'est pas dans la psychiatrie."

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/30/personnes-electrohypersensibles-ne-souffrance-mal-comprise-et-peu-prise-en-charge_3468951_3244.html


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