Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

26 oct. 2013

Nouvelles de Genève : Le cancer du sein frappe de plus en plus de jeunes

Le cancer du sein frappe de plus en plus de jeunes
par Sophie Davaris, Tribune de Genève, 25 octobre 2013

A Genève, le cancer le plus fréquent chez la femme survient parfois avant 40 ans

Le cancer du sein frappe de plus en plus de femmes, à tout âge. Si l’écrasante majorité des victimes a dépassé les 50 ans, la proportion de femmes jeunes atteintes par la maladie augmente. « Sur les quelque 500 nouveaux cas diagnostiqués par an à Genève, 40 à 50 concernent des femmes de moins de 40 ans », indique la professeure Monica Castiglione-Gertsch, responsable de l’Unité d’oncogynécologie médicale et directrice au Centre du sein aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). A l’occasion du Mois du cancer du sein, les spécialistes font le point.

« Le phénomène, observé à Genève il y a quelques années déjà, apparaît dans les autres sociétés occidentales », complète le professeur André-Pascal Sappino, ancien patron de la cancérologie aux HUG, désormais à la Clinique des Grangettes. Internet évoque une augmentation de 25% du nombre de cas sur cinq ans. Le spécialiste le confirme, mais cela reste difficile à expliquer.

« Des études ont prouvé que manger beaucoup d’aliments gras et boire de l’alcool n’était pas bon, comme le fait d’être obèse, déclare Monica Castiglione-Gertsch. L’exercice physique, le fait d’avoir eu des enfants jeune et de les allaiter seraient en revanche bénéfiques. » Le professeur Sappino conduit une étude sur le rôle de l’aluminium contenu dans les déodorants, dont les résultats devraient être connus dans les prochains mois.

En 2011, les HUG ont créé un « Centre du sein », afin de réorganiser les soins autour de chaque patiente. Malgré cela, l’annonce de la nouvelle sonne toujours comme une dévastation. « Aujourd’hui, je reçois significativement plus de patientes de 30 à 40 ans qu’il y a dix ans, témoigne André-Pascal Sappino. Elles sont révoltées, stupéfaites, car bien souvent elles ne se sentent pas malades ! »

L’annonce du diagnostic est d’autant plus difficile qu’à cet âge, nombre de femmes veulent avoir des enfants. Des traitements pour préserver la fertilité, menacée par les chimiothérapies, leur sont proposés, mais selon le professeur Sappino, certaines de ces stratégies sont encore expérimentales. Autre difficulté : « La proportion de cancers à haut risque est plus élevée chez les femmes jeunes. La mortalité aussi. »

Heureusement, en vingt ans, les traitements ont beaucoup progressé. « De nos jours, 75% à 80% des femmes s’en sortent. A l’époque, la moitié en mourait. Grâce au dépistage, on diagnostique un plus grand nombre de cancers préinvasifs, dont seule une fraction est susceptible de dégénérer. On surtraite donc un certain nombre de femmes. »

Quels conseils donner ? « Je dirais de bien se renseigner sur l’histoire familiale, répond André-Pascal Sappino. Si un cancer est survenu à un âge jeune, cela dit augmenter la vigilance. Toutes les femmes devraient examiner leurs seins et les palper une fois par mois. Parfois, du liquide sort du mamelon. Mais bien souvent, le cancer du sein n’est pas douloureux. C’est toute la difficulté. »

(L'article n'est pas disponible online.)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire