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27 oct. 2013

Suisse : Vaccin contre la rougeole : Bras de fer autour d'une piqûre

Affiche de la campagne, "Stop rougeole"
Le fils de Rossana Walther-Scalzi, 14 mois, ne passera pas non plus par la case piqûre. « J’ai beaucoup lu, je me suis renseignée, j’ai assisté à des conférences, raconte la Fribourgeoise. D’autres mamans me disent que je suis inconsciente mais ce n’est pas le cas ! Quand je discute avec elles, je réalise qu’elles ne savent pas ce qu’on trouve dans un vaccin. J’aurais davantage mauvaise conscience de mettre certaines substances dans l’organisme de mon enfant. »

Rougeole : Bras de fer autour d’une piqûre
par Caroline Zuercher, Tribune de Genève, 25 octobre 2013

La Confédération et les cantons veulent éliminer la maladie. Les antivaccins refusent de céder

Eliminer la rougeole d’ici à la fin de 2015. Au niveau européen, l’Organisation mondiale de la santé s’est fixé cet objectif. Mais alors que la maladie a disparu dans certains régions, la Suisse peine à atteindre ce but. « Nous ne sommes pas champions », confirme Philippe Perrenoud, vice-président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé. La Confédération et les cantons ont battu le rappel, hier à Berne, en lançant une vaste campagne (lire ci-dessous). Mais les antivaccins n’ont pas l’intention de céder.

« La rougeole suscite des envolées lyriques. Tout cas est immédiatement taxé d’épidémie, commente Brigitte Zirbs, médecin de famille et homéopathe à Genève. Pourtant, d’autres maladies provoquent des complications sans qu’on monopolise autant d’énergie pour les prévenir. » A l’inverse, la vaccination est l’une de celles qui inquiète les parents car il s’agit d’un virus vivant atténué. Dans de rares cas, la piqûre peut provoquer de la fièvre ou une rougeole à bas bruit.

« Pas inconsciente ! »

Brigitte Zirbs est favorable à ce vaccin, mais elle préfère l’éviter dans la petite enfance lorsque le système immunitaire de l’enfant est en construction. D’autres personnes y sont totalement opposées, comme Annick Pouly, dont les filles de 7 et 12 ans ne sont pas vaccinées. « Les médecins ne sont pas des dieux, s’exclame cette mère de famille de la région genevoise. Ils nous servent leurs théories comme si elles étaient des certitudes. Je considère que, lorsqu’on n’est pas sûr à 100%, il vaut mieux s’abstenir. »

Le fils de Rossana Walther-Scalzi, 14 mois, ne passera pas non plus par la case piqûre. « J’ai beaucoup lu, je me suis renseignée, j’ai assisté à des conférences, raconte la Fribourgeoise. D’autres mamans me disent que je suis inconsciente mais ce n’est pas le cas ! Quand je discute avec elles, je réalise qu’elles ne savent pas ce qu’on trouve dans un vaccin. J’aurais davantage mauvaise conscience de mettre certaines substances dans l’organisme de mon enfant. »

Les deux femmes assurent que les campagnes officielles ne les feront pas changer d’avis. « J’ai l’impression qu’on nous sert toujours les mêmes arguments ! On change juste le nom de la maladie », soupire Rossana Walther-Scalzi. « Faire les choses sous la menace, ce n’est pas possible, renchérit Annick Pouly. Le discours officiel est celui de la peur. »

Manque d’écoute

L’intervention des autorités aurait même tendance à les conforter dans l’idée que le lobby pharmaceutique veut imposer ses vues. « On ne nous parle jamais du renforcement du système immunitaire ou des médecines naturelles », complète Rossana Walther-Scalzi. La solidarité ? Elle répond que les autres enfants ne risquent rien « puisqu’ils sont vaccinés ». L’intérêt d’éliminer une maladie dangereuse dans les pays en développement ? « Les campagnes pour la vaccination coûtent des millions: on pourrait utiliser cet argent pour construire des puits en Afrique, où les enfants meurent de faim, de soif et du manque d’hygiène ! »

Aurélie Vervatidis, elle, vient de faire les premiers vaccins à sa fille de deux mois. Mais elle a le sentiment d’avoir été contrainte. « Les médecins poussent à faire ce qui est recommandé, sans écouter les parents », regrette-t-elle. Aujourd’hui, la Vaudoise se pose des questions : « Je ne suis pas opposée aux vaccinations, mais je trouve qu’il est difficile de s’y retrouver dans les nombreux discours qui s’opposent. Ils sont souvent extrêmes et défendent chacun ardemment leur position. Les arguments « pour » nous ont été bien exposés, mais les risques ou les effets secondaires pas du tout. D’un côté, nous souhaitons le meilleur pour nos enfants et évidemment qu’ils ne soient pas atteints dans leur santé et d’un autre côté, les vaccins arrivent très tôt dans la vie d’un enfant, c’est une période de plus grande fragilité, tant pour les parents que pour les enfants. »


Objectif : 95% de la population vaccinée

A Berne, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime que « les récalcitrants » ne représentent pas plus de 5% de la population. Son objectif étant que 95% de la population soit vaccinée contre la rougeole afin d’éliminer la maladie, il ne vise pas ces personnes dans ses campagnes. Il y a cinq ans, 72% des enfants de deux ans avaient reçu deux doses de vaccin en Suisse. Aujourd’hui, ils sont 85%. Cette proportion est de 90-94% à Genève, 85-89% dans le canton de Vaud et ne dépasse pas 70% dans certaines régions alémaniques ; 8% des petits de 2 ans ont reçu une seule dose de vaccin, complète Catherine Cossy, porte-parole de l’OFSP. Nous partons du principe que leurs parents ont oublié le rappel. Nous voulons aussi inciter les adultes de moins de 50 ans à vérifier qu’ils n’ont aucun « trou » dans leur vaccination. »

La campagne lancée hier comprend une brochure et un site Internet (www.stoprougeole.ch). Des spots seront diffusés à la télévision et dans les cinémas. Les arguments ? Premièrement, la vaccination est un acte de solidarité permettant de protéger les personnes qui ne peuvent y recourir, comme les nourrissons, et d’éviter d’exporter la maladie à l’étranger. Deuxièmement, une rougeole sur dix peut entraîner des complications, voir la mort.

Les autorités veulent aussi que les pics de la maladie, qui sont du ressort des cantons, soient combattus de la même manière dans tout le pays. Pour cela, l’OFSP a préparé des directives définissant le rôle des différents acteurs. Des solutions comme garder les enfants non vaccinés à la maison sont préconisées. C.Z.

3 commentaires:

  1. Je trouve la jeune maman très égoïste. D'abord pour son enfant qui peut mourir de la rougeole s'il l'attrape et pour le reste de la communauté. Elle pense son fils en sécurité, c'est bien parce que tous les autres sont vaccinés.

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  2. Je pense que le vaccin n'est pas 100% efficace et tous les vaccins portent des risques. La mère, Brigitte Zirbs, qui est favorable à ce vaccin, a raison. Il faut éviter la vaccination dans la petite enfance lorsque le système immunitaire de l’enfant est en construction et éviter de faire vacciner l'enfant avec plusieurs vaccins à la fois.

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  3. Anonyme , l’égoïsme est plutôt dans le comportement de parents qui , parce que c'est bien plus confortable, se laissent bercer par ce qui est "communément acdmis" et ne cherchent pas plus loin et ne doivent pas se poser de question ni prendre de décision difficile . Quand à mourir de la rougeole ... voila une belle propagande qui assurera un beau revenu aux labos et qui là aussi démontre une fainéantise de rendre pour acquis ce qu'il est dit à la télé !

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