Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

2 nov. 2013

Nouvelles de Genève : Le gaz de schiste fait trembler toute la région

Le gaz de schiste fait trembler toute la région
par Marie Prieur, Le Matin
29 octobre 2013

A Genève et en France voisine, la mobilisation se poursuit contre les permis

«La pollution n’a pas de frontière», lâche la Verte Anne Mahrer. D’où la présence de la députée genevoise samedi 19 octobre à Saint-Claude (Jura), pour la deuxième journée contre la fracturation hydraulique, soit la méthode d’extraction du gaz de schiste. De son côté, c’est via une lettre au préfet de Rhône-Alpes que le Conseil d’Etat a exprimé ses craintes. Mais, au fond, qu’est-ce qui inquiète les Genevois et les militants du collectif Non au gaz de schiste Pays de Savoie et Ain?

Dans leur collimateur: deux permis de recherche attribués à des pétroliers en France voisine. Celui dit de Gex et celui des Moussières. Le premier est valable encore un an, le second arrive bientôt à expiration mais fait l’objet d’une demande de renouvellement. Pour le moment, aucun forage n’a été effectué. «Ce qui est dangereux, explique l’hydrologue Jacques Cambon, c’est la méthode.» Prisonnier de la roche mère, le gaz de schiste est exploité grâce à la fracturation hydraulique. «Le forage descend à 3000 mètres de profondeur. Puis, une fois la roche mère atteinte, les forages se font à l’horizontale. De l’eau à très haute pression est alors envoyée pour libérer ces gaz.» Selon le coprésident du collectif, les risques de pollution des nappes phréatiques et de l’air sont considérables. «Sans compter le risque sismique, le permis de Gex étant situé sur la faille du Vuache.»

Les craintes des défenseurs de l’environnement sont partagées par le monde agricole. «La Haute-Savoie dispose d’une agriculture sensible avec des AOC telles que celle du reblochon à protéger», rappelle Martine Feraille, l’autre coprésidente du collectif. Dans une lettre adressée au Ministère de l’écologie en début d’année, les députés de France voisine avaient eux aussi relevé les risques pour les AOC de la Bresse avec sa volaille, du bleu de Gex ou des vins du Bugey. «Il est hors de question d’aller ruiner cette région avec ces forages», résume Martine Feraille.

Cela étant dit, les militants ont récemment pu se réjouir de la décision du Conseil constitutionnel. En octobre, en réponse aux attaques du foreur Schuepbach, la haute instance française a validé la loi interdisant l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

A Genève, l’interdiction sur son sol décidée en juin par le Conseil d’Etat devrait être inscrite dans le projet de révision de la Loi sur les mines. Tandis qu’à l’échelle fédérale, les Verts, la parlementaire Aline Trede en tête, ont demandé au Conseil fédéral de se prononcer. De quoi réjouir Jacques Cambon: «Si nos pays sont sur la même longueur d’onde, ce sera plus facile de résister aux pétroliers.»

Malgré ces signaux positifs, les militants ne désarment pas. «D’autant que l’on voit bien le travail des lobbies», souligne Jacques Cambon. Il rappelle ainsi l’article paru dans le journal de septembre de l’Association de sauvegarde du Léman intitulé «Léman et gaz de schiste: un souci infondé». Ou la conférence donnée le 17 octobre à l’Uni par Terry Engelder, un progaz de schiste. «On sait que le pétrolier E Corp cherche un terrain dans le Genevois», précise Martine Feraille, qui prône la «désobéissance passive». «Nous sommes prêts à occuper un champ pour les empêcher de forer s’il le faut!» prévient-elle.

http://energie.lematin.ch/article/le-gaz-de-schiste-fait-trembler-toute-la-r%C3%A9gion

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire