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2 nov. 2013

Nouvelles de Genève : L'Etat lance une campagne pour limiter les intoxications à l'amiante, aux PCB et au plomb, qui tuent encore

Le module d'exposition sur l'amiante et autres substances toxiques
a été inauguré le 29 octobre 2013 à Genève.  (Laurent Guiraud)
Il y a cinq ans, de vastes opérations d’assainissement ont eu lieu dans de nombreuses écoles [à Genève] où on a découvert de l’amiante. La députée Verte Anne Mahrer avait été intoxiquée lors de travaux au Collège du Foron où elle travaillait, de même que son directeur, qui en est décédé. Elle vit avec une épée de Damocles sur la tête, car une fois que les particules d’amiante ont pénétré les poumons, elles y restent de manière permanente. « Cela ne se guérit pas, il faut vivre avec, confie-t-elle. Je dois faire des contrôles réguliers. Si l’amiante présent dans mes poumons s’active, cela provoquera forcément un cancer. »

L’Etat déterre la hache de guerre contre l’amiante
par Antoine Grosjean, Tribune de Genève, 30 octobre 2013

Une campagne est lancée pour limiter les intoxications à l’amiante, aux PCB et au plomb, qui tuent encore

Ces particules sont sournoises en diable. Invisibles à l’oeil nu, elles pénètrent jusqu’au fin fond de l’organisme et y sommeillent parfois pendant des décennies avant de provoquer une grave intoxication ou un cancer. L’amiante, les PCB (polychlorobiphényles) et les peintures au plomb, se retrouvent aujourd’hui dans la ligne de mire de l’Etat, qui a lancé hier une campagne de sensibilisation sur l es moyens de s’en protéger.

«Nous ciblons ces trois substances parce qu’elles représentent des risques majeurs, précise la conseill ère d’Etat Michèle Künzler. L’amiante tue 200 personnes par an en Suisse alors qu’il est interdit depuis 1991.»

Dangers méconnus

C’est dans les métiers de la construction que ces matières toxiques, encore présentes dans de nombreux bâtiments, font le plus de victimes. «Vivre ou travailler dans un immeuble qui contient de l’amiante, des PCB ou de la peinture au plomb ne représente pas forcément un risque d’exposition, explique Marcel Kohler, directeur du Service de toxicologie de l’environnement bâti. Le danger se présente surtout lors de travaux de rénovation ou d’entretien, lorsque les particules sont libérées dans l’air.»

Quelques précautions et du matériel adéquat permettent de s’en protéger facilement. Mais la plupart des personnes les plus exposées n’en sont pas conscientes: «Trois quarts des ouvriers que nous avons sondés pensent qu’ils ne sont jamais exposés à l’amiante, alors que 80% du parc immobilier genevois en contiennent encore.»

Campagne itinérante

Pour mieux atteindre les professionnels de la construction, l’Etat s’est doté – avec le soutien financier de la Fondation Gelbert, active notamment dans la protection de l’environnement – d’un module itinérant d’exposition et d’information sur l’amiante, les PCB et les peintures au plomb. Il se déplacera dans le canton pour aller à la rencontre des entreprises mais aussi du public, dans les centres brico-loisirs. La campagne de sensibilisation s’étalera sur trois ans et se déploie en six langues (français, italien, espagnol, albanais, portugais, polonais). 

Ecoles assainies après un décès

Pendant des décennies, l’amiante, les PCB et les peintures au plomb ont été largement utilisés dans la construction. L’amiante était employé, pour ses qualités isolantes et sa résistance au feu, dans les matériaux d’isolation, les plaques en fibrociment (Eternit), le linoléum, les colles de carrelages ou les mastics de fenêtres. Même la cathédrale de Saint-Pierre en contenait, ce matériau ayant été ajouté lors d’une rénovation ! Les PCB, interdits depuis 1986, se touvent dans des équipements électriques ou des joints de dilatation ; 70% des bâtiments en béton construits entre 1955 et 1975 en recèlent encore. Enfin, la moitié des immeubles datant d’avant 2006, date de leur interdiction, renferment des peintures au plomb.

Il y a cinq ans, de vastes opérations d’assainissement ont eu lieu dans de nombreuses écoles où on a découvert de l’amiante. La députée Verte Anne Mahrer avait été intoxiquée lors de travaux au Collège du Foron où elle travaillait, de même que son directeur, qui en est décédé. Elle vit avec une épée de Damocles sur la tête, car une fois que les particules d’amiante ont pénétré les poumons, elles y restent de manière permanente. « Cela ne se guérit pas, il faut vivre avec, confie-t-elle. Je dois faire des contrôles réguliers. Si l’amiante présent dans mes poumons s’active, cela provoquera forcément un cancer. »

Infos: www.ge.ch/travaux-sans-danger

http://www.pressdisplay.com/pressdisplay/viewer.aspx

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