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2 mai 2014

Genève : Les "vigies" de l'OMS continuent le combat

Pas la photo de cet article, mais celle-ci témoigne de l'engagement de ces
personnes qui soutiennent la vigie devant l'OMS par tous les temps.
Les « vigies » de l’OMS continuent le combat
par Alain Jourdan, Tribune de Genève, 28 avril 2014

Depuis 2007, les antinucléaires font le pied de grue devant l’Organisation mondiale de la santé pour dénoncer ses manquements

Depuis sept ans, des femmes et des hommes se relaient chaque jour pour tenir un piquet d’information devant les bureaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce sont les vigies d’Hippocrate du collectif international IndependentWHO - Santé et Nucléaire, qui dénoncent «les mensonges de l’OMS au sujet de la situation sanitaire des populations affectées par la pollution radioactive de Tchernobyl».

Ils font désormais partie du décor. Qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il vente, ils étirent leurs banderoles, à l’image de Denis Simonnet. Ce marin-pêcheur de Noirmoutier est l’un des piliers du groupe de quatre cents personnes qui viennent à tour de rôle tenir le stand dressé en face de l’entrée de l’Organisation mondiale de la santé. Plutôt que de mener une action d’éclat IndependentWHO est un mouvement citoyen initié par un collectif d’associations qui a engagé, depuis le 26 avril 2007, jour anniversaire de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une action sous la forme d’une manifestation permanente, silencieuse, devant le siège de l’OMS. comme le font les militants de Greenpeace, les vigies jouent l’usure et la durée. Ils sont là, et pour longtemps.

Des rapports «absurdes»

Comme d’autres militants, Denis Simonnet, 49 ans, fait le voyage de Genève plusieurs fois par an. «Nous pouvons tenir de nombreuses années. Nous ne lâcherons pas tant que l’OMS ne rendra pas des conclusions sérieuses sur les effets des radiations», explique le militant antinucléaire. L’homme fait allusion aux rapports officiels de l’OMS sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en 1986. Tous tendent à minimiser l’impact sanitaire de l’explosion de la centrale nucléaire soviétique. Selon le décompte de l’OMS, il n’y aurait eu, au plus, qu’une cinquantaine de morts.

Un bilan «totalement grotesque et que personne ne prend au sérieux», réagit la Suissesse Alison Katz, également militante de la première heure du collectif international IndependentWHO – Santé et Nucléaire. Cette sociologue et psychologue connaît bien son sujet. Elle a travaillé dix-huit ans à l’OMS. Si l’Organisation mondiale de la santé se montre ainsi défaillante sur la question des rayons ionisants, «c’est parce qu’elle est subordonnée à l’autorité de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) par un accord qui date de 1959 pour tout ce qui concerne le nucléaire». Autrement dit, l’OMS serait pieds et poings liés dès qu’il s’agit d’évaluer les conséquences des accidents nucléaires.

La vigie mise en place depuis le 26 avril 2007 vise à interpeller les opinions publiques et surtout les ministres qui siègent à l’assemblée générale de l’OMS. Les antinucléaires ont d’ailleurs étendu leur opération. Depuis quelque temps, ils font aussi le pied de grue avec leurs pancartes devant le Ministère français de la santé. La catastrophe de Fukushima et les rapports rendus par l’OMS à cette occasion n’ont fait que renforcer leur détermination.

Contre le lobby nucléaire

«C’est un scandale. Ils sous-estiment de façon absurde les effets de l’exposition des populations aux radiations dans la durée», proteste Alison Katz. «Comme pour la catastrophe de Tchernobyl, on ne prend pas en compte les conséquences sur le long terme telles que les cancers ou les mutations génétiques.» Le 20 mars dernier, le paysan japonais Naoto Matsumura s’est joint aux vigies d’Hippocrate devant le siège de l’OMS, comme l’avait fait le maire de Futaba en 2012.

Pour les associations antinucléaires qui ont rejoint le collectif international IndependentWHO - Santé et Nucléaire, il ne fait nul doute que les silences de l’OMS s’expliquent par l’omniprésence du lobby nucléaire civil à travers l’AIEA. C’est ce cordon «contre nature» qui relie les deux organisations que les vigies rêvent de voir enfin coupé. Le combat est loin d’être gagné mais la détermination des antinucléaires ne fléchit pas. Les vigies de l‘OMS ne prévoient pas de plier bagage de sitôt. Une légion de militants est prête à prendre son tour de garde.

(texte pas disponible on-line)

IndependentWHO

À ce jour, 340 personnes se sont relayées devant le Siège de l’OMS.

Elles viennent de plusieurs pays d’Europe et aussi d’Amérique pour quelques unes. Environ 40 d’entre elles, suisses ou françaises résident dans un rayon de quelques dizaines de kms de Genève. Ce sont elles qui relaient pour les pauses “déjeuners” notamment ou encore pour les pauses “anti-gel” en plein hiver. Pour parer aux imprévus, problèmes de santé, indisponibilité de dernière heure, etc, nous lançons un appel sur une liste que nous nommons “ Les irréductibles”.

La vigie s’effectue seul ou en groupe, maximum 3. Les personnes s’engagent soit pour une demi-journée, une journée, plusieurs ou les 5 jours de la semaine. Les vigies sont accueillies à Genève par un réseau “d’hébergeurs” (au nombre de 20). Les frais de nourriture et de transport restent à la charge de la personne-vigie.

Si vous désirez des informations complémentaires ou si vous désirez vous inscrire pour la vigie, écrivez à Paul Roullaud paul.roullaud@independentwho.org
ou téléphonez-lui au +33 (0)240 87 60 47

Pour les informations et l’inscription pour la vigie devant le ministère de la santé à Paris :

“Vigie ministère de la santé à Paris”


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