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14 juin 2014

France : Bel-Air : Les habitants mobilisés contre un projet d'antenne relais

Avec l'arrivée de plusieurs antennes relais à proximité des habitations
du Prés des cerisiers, les riverains craignent les répercussions des ondes
sur leur santé et celle de leurs enfants.
Bel-Air, les habitants mobilisés contre un projet d'antenne relais
par Alexandra Thezan, Salon-de-Provence, laprovence,com, 12 juin 2014

Ils lancent une pétition contre l'implantation de trois antennes dans leur quartier

Il y avait une rumeur qui courait dans le quartier de Bel-Air au sujet de l'installation d'une antenne relais et un jour on a découvert ce panneau", commente Régis Cintas-Flores, désabusé. Installé discrètement à côté du local à poubelles, l'affichage, en date du 24 avril dernier, annonce l'implantation prochaine de trois antennes relais par l'opérateur Orange sur le toit de l'immeuble "les Baléares" ainsi que la construction d'un local technique. "Mais nous, on n'en veut pas", rétorque tout simplement le riverain.

Voisins directs de l'immeuble concerné par l'implantation, Régis et sa famille veulent court-circuiter le projet, installé sur un mât de six mètres de haut. Dans ce nouveau lotissement de Bel-Air, impossible pour les riverains d'imaginer juste à côté de leurs fenêtres, des antennes camouflées dans ce qui ressemble à des cheminées. "Il y a principalement des familles avec des enfants et on ne connaît pas les risques que peuvent avoir ces ondes sur la santé", poursuit Régis Cintas-Flores.

Alors depuis quelques semaines, il mobilise tout le quartier contre l'implantation de ces antennes. "L'autorisation a été donnée sans qu'on soit consultés,regrettent propriétaires et locataires. Nous demandons donc à la nouvelle municipalité de bien vouloir annuler ce projet en avançant le principe de précaution, inscrit dans la Charte de l'environnement".

En quelques semaines, les familles se sont mobilisées et s'organisent désormais pour faire signer une pétition et espérer pour l'heure réussir à "suspendre le projet", histoire de gagner du temps. "Avec le nombre d'enfants présents ici, c'est comme si on implantait une antenne au-dessus d'une crèche et ça, l'État ne l'accepte plus", avance Frédéric Méla, papa de la jeune Lili-Rose.

Depuis quelques semaines, ils montent un dossier et listent les arguments en leur faveur. "On a demandé à tout le monde d'écrire une lettre recommandée à la mairie et à l'opérateur, on fait aussi circuler une pétition, car ensemble on aura plus de poids", espère Régis Cintas-Flores. Au-delà des répercussions sur la santé, les riverains s'inquiètent aussi pour la dévaluation de leurs biens. "Si l'on veut revendre nos maisons avec une antenne à côté on va forcément y perdre", peste un propriétaire.

"Les copropriétaires de l'immeuble concerné ont voté pour cette implantation mais ils n'habitent pas ici. Nous, on va subir alors qu'on n'a rien demandé", poursuivent-ils. Selon les riverains, ce vote pourrait toutefois être annulé. "Deux copropriétaires représentant 93 voix ont voté contre la résolution et en raison des doutes sur la nocivité de ces antennes, un arrêt de la cour d'appel a exigé l'unanimité pour implanter une antenne", avancent les contestataires.

L'ultime argument et le soutien de la municipalité leur donne un peu d'espoir car plus que tout ils craignent les mauvaises ondes. "C'est vrai qu'il y a des problèmes de réseau mais je préfère avoir du mal à capter avec mon portable qu'avoir une antenne à côté de chez moi", résume Régis Cintas-Flores.

"Il faut appliquer le principe de précaution"

"Lorsque j'ai pris mes fonctions à l'urbanisme, le dossier des antennes relais faisait partie des priorités, rappelle l'adjointe au maire, Marylène Bonfillon. Il y a déjà eu un projet aux Viougues, les riverains s'y sont opposés et l'opérateur a lâché prise". Confiante, l'adjointe au maire en charge de l'urbanisme suit donc ce nouveau dossier de près et assure soutenir la démarche des habitants de Bel-Air.

"C'est une question essentielle, confie Marylène Bonfillon. L'opérateur Orange souhaite installer des antennes relais car il y a un manque de couverture dans le secteur mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de la santé et il est encore trop tôt pour connaître les retombées des ondes". Selon elle, il faut donc "répondre au besoin et trouver d'autres sites dans le secteur pour prendre toutes les précautions".

Derrière le problème des antennes relais, c'est tout l'urbanisme qu'il faut maîtriser. "Il y a eu des constructions qui n'ont pas été réfléchies, aujourd'hui on se rend compte qu'il manque des équipements et l'implantation d'antennes relais doit être pensée en amont". L'adjointe, accompagnée de la direction de la santé, rencontrera le 17 juin prochain l'opérateur afin de discuter de ce dossier.

Les mesures

La loi du 3 août 2009 demandait à l'État de créer un dispositif de surveillance et de mesure des ondes électromagnétiques, financé par un fonds public indépendant alimenté par la contribution des opérateurs de réseaux. Pris le 14 décembre 2013, cet arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 2014: il désigne l'Agence nationale des fréquences gestionnaire de ce dispositif et définit la liste des personnes qui peuvent solliciter des mesures. Il permet à tout un chacun de demander une mesure, soit dans un logement, soit dans un lieu accessible au public.

Formulaire disponible sur www.service-public.fr En savoir plus : sur le site www.radiofrequences.gouv.fr

Alexandra Thezan

http://www.laprovence.com/article/edition-salon/2917152/a-bel-air-les-habitants-mobilises-contre-un-projet-dantenne-relais.html

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