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7 juil. 2014

Suisse : Entre huit et dix millions de téléphones dorment dans les tiroirs... un véritable gâchis écologique

Circuits imprimés des téléphones
portables (à noter : ce n'est pas
l'image accompagnant l'article original)
"Le marketing effréné des constructeurs pousse les consommateurs à changer d’appareil bien avant qu’il soit hors d’usage. 'Lorsqu’un souscrit à un abonnement avec un opérateur, le téléphone est souvent donné gratuitement.  A cause de cette subvention, les gens n’ont plus conscience de la valeur de leurs smartphones. Cette situation n’est pas très saine sur le plan écologique. Les consommateurs se disent : 'Puisque c’est gratuit, je peux en changer n’importe quand.'  Mais en fait, ce n’est pas gratuit. Le coût des télécommunications s’avère très élévé en Suisse, notamment à cause de cela. Il ne faut pas oublier qu’un iPhone 5S neuf, sans abonnement, est facturé près de 800 fr.'."

Recycler son smartphone peut être une bonne affaire
par Bertrand Beauté, Tribune de Genève, 21-22 juin 2014

Entre huit et dix millions de téléphones dorment dans des tiroirs en Suisse. Un véritable gâchis écologique

Nous avons de l’or dans les poches et nous l’ignorons. « Les smartphones actuels contiennent en moyenne pour 4 fr. de ce métal précieux, mais aussi de l’argent, du lithium ou du cuivre, sourit Jean-Marc Hensch, responsable de la stratégie chez Swico Recycling. Il est dommage que tout cela se perde dans les déchets ménagers, alors que cet or ainsi que 17 autres métaux peuvent être récupérés. » Hélas, le recyclage des vieux téléphones ne fait pas recette en Suisse. Alors que plus de 3,5 millions de smartphones sont vendus chaque année dans le pays, à peine plus de 20% reviennent dans les centres de collecte, alors même que ce taux atteint plus de 90% pour les autres appareils électroniques.

Un chiffre qui ne surprend pas Jean-Marc Hensch : « Les gens ont un attachement émotionnel particulier pour leurs mobiles, qu’ils n’éprouvent pas pour leur frigo. Ils préfèrent donc les conserver plutôt que de les rendre. » En Europe, selon une étude de Nokia, 44% des anciens téléphones dorment au fond d’un tiroir, 25% sont cédés à la famille ou à des amis et 16% environ sont vendus. Selon Swico Recycling, les ménages suisses détiennent ainsi chez eux près de 8 millions de mobiles démodés et inutilisés. Une mine d’or inexploitée.

20 kg d’or pur rien qu’en Suisse
Recycler ses appareils usagers est pourtant simple. Il suffit de les rapporter à n’importe quel lieu de vente de matériel électronique. Une opération gratuite, puisque la taxe de recyclage (0,07 fr.) est prélevée lors de l’achat. Les mobiles ainsi récupérés sont ensuite envoyés à Swico Recycling, l’entreprise zurichoise spécialiste du traitement des déchets électroniques pour la Suisse. En 2011, les 457'000 appareils ainsi collectés dans le pays ont permis de récupérer 20 kg d’or pur. Selon Unicore, l’usine qui retraite les appareils venus de tous les pays d’Europe, dont la Suisse, il est possible d’extraire 350 g d’or par tonne de téléphones, soit davantage qu’une mine en Afrique du Sud.

« Néanmoins, il est dommage d’envoyer au rebut des téléphones fonctionnels, alors qu’ils pourraient encore servir », note David Grandjean, CEO d’Anovo, entreprise propriétaire du site Love2recycle.ch.

Offrir une seconde vie

Plusieurs sociétés, comme Mobilerecycle.ch ou Love2recycle.ch se sont ainsi spécialisées ces dernières années dans la reprise de mobiles démodés. Une aubaine pour les consommateurs, qui voient ainsi une possibilité de récupérer quelques francs. Un iPhone 4S peut ainsi être vendu autour de 150 fr., selon la mémoire installée. En revanche, un Nokia Lumia 920 ne rapporte que 24 fr. et un BlackBerry 9800 Torch 19 fr. « En Suisse, Apple et Samsung dominent le marché, rapporte Daniel Dreyfus, CEO de Mobilerecycle.ch. Nous valorisons davantage ces marques parce qu’il existe un marché de seconde main, ce qui n’est absolument pas le cas pour les autres marques. » Que deviennent alors les Nokia, Archos et autres Blackberry encore fonctionnels ? « Nous les expédions dans des pays en voie de développement, en Asie et en Afrique, explique Daniel Dreyfus, afin de leur offrir une deuxième vie. » Un effort salutaire, car le marketing effréné des constructeurs pousse les consommateurs à changer d’appareil bien avant qu’il soit hors d’usage. « Lorsqu’un souscrit à un abonnement avec un opérateur, le téléphone est souvent donné gratuitement, poursuit David Grandjean. A cause de cette subvention, les gens n’ont plus conscience de la valeur de leurs smartphones. Cette situation n’est pas très saine sur le plan écologique. Les consommateurs se disent : « Puisque c’est gratuit, je peux en changer n’importe quand. » Mais en fait, ce n’est pas gratuit. Le coût des télécommunications s’avère très élévé en Suisse, notamment à cause de cela. Il ne faut pas oublier qu’un iPhone 5S neuf, sans abonnement, est facturé près de 800 fr. »

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