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24 juil. 2014

Une magistrate en Zone Blanche

Barbara Domberger
dans son bus de
camping.
(Photo: Schmidt)
Une magistrate en Zone Blanche
Auteur evelyne, ehs-action.org, 7 février 2012

Une EHS Procureur Juge de première instance d’Augsbourg a trouvé refuge dans la vallée de la Wehra. 

Badische Zeitung Wehr :

La pluie crépite sur le toit du petit camping-car. Bien que Barbara ait mis le chauffage en route, le froid hivernal rampe sur le sol et s’enroule sans pitié autour des pieds. Barbara Domberger prend des vacances forcées dans la vallée de la Wehra. La gorge aux parois abruptes reste l’un des rares refuges pour les Electro Hyper Sensibles.

Barbara raconte que dans le passé, il lui restait quelques logements de vacances situés dans des zones particulièrement retirées. Mais peu à peu, ces endroits ont été exclus : « Le réseau digital officiel est actuellement notre plus grand problème » dit-elle.

La magistrate de 43 ans est en fuite – devant les ondes des émetteurs, les ondes radio surtout celles des antennes relais de la téléphonie mobile. « Je suis devenue Electro Hyper Sensible » dit-elle.

La juge en est convaincue : une trop longue exposition aux champs électro-magnétiques artificieux, comme ceux créés par les téléphones mobiles ou les connexions WiFi, la rend malade. Elle se sentirait alors « artificiellement envahie », ne trouverait pas le sommeil et aurait des difficultés à se concentrer ; tels sont les symptômes qu’elle nous présente. « Et tous mes muscles se durcissent ». Son médecin de famille aurait incriminé un excès de stress.

Ce n’est qu’au bout de 3-4 ans qu’un ancien camarade de classe l’a mise sur la bonne piste, dit Barbara. A cette époque, le concept d’électro-sensibilité n’existait pas. Ceci a changé : Barbara a lu de nombreuses études sur ce sujet et noué des contacts avec d’autres personnes atteintes. Elle est présidente de l’Association des électro-sensibles et sinistrés de la téléphonie mobile à Munich.

Elle réfute sans difficulté les arguments de l’industrie de la téléphonie mobile et se montre très convaincante. Elle sait que nombreux sont ceux qui préfèrent la ranger dans la case « Psy ». Dans ce cas, comment expliquer que son rythme cardiaque se modifie dès qu’elle se trouve dans une pièce remplie d’ondes, demande Barbara, qui parle d’une réelle preuve médicale. La crainte des ondes détermine sa vie.

La jeune femme, dont la réussite sociale était indéniable, a dû quitter son appartement avec terrasse de toit de 17 m2 proche du centre ville d’Augsbourg. « Le logement était impossible à protéger » dit-elle. Ses meubles sont dans un garde-meubles. Elle est à la recherche d’un petit logement qu’elle puisse protéger avec une peinture spéciale anti-ondes, dans un quartier très peu irradié.

Elle ne sort que si c’est indispensable. Pour faire ses courses, évidemment. Mais le cinéma ou le théâtre ? « Autrefois, j’aimais aller au restaurant » raconte Barbara. Aujourd’hui elle refuse même les invitations aux anniversaires, parce que pratiquement tout le monde possède un téléphone sans fil chez soi. « Le contact avec les gens normaux me manque » nous dit Barbara, songeuse.

Depuis février 2010, la magistrate est portée malade et le Land de Bavière envisage une incapacité de travail définitive. Barbara Domberger était en charge des personnes âgées et des handicapés. Elle aimerait reprendre son travail, dit-elle « Magistrate est le métier dont je rêvais ». Elle a travaillé 8 ans au Tribunal de 1ère instance d’Augsbourg, et auparavant pendant 6 ans comme Procureur, également au Ministère de la Justice. Maintenant, elle se bat pour que l’Electro Hyper Sensibilité soit reconnue comme une maladie et que les personnes atteintes puissent bénéficier d’une aide.

Elle se ressource dans la vallée de la Wehra. « Ici, je vais très bien, comme avant » dit Barbara en souriant.

Très peu d’ondes parviennent à l’endroit où elle a garé son minibus blanc. A l’opposé des aéroports ou des gares. Un voyage vers la chaleur du Sud ? Uniquement en voiture. Pour des voyages plus longs, elle s’est acheté une chemise spéciale, une voile tissé avec des de fils d’argent. Elle lui a coûté 90 €. « De nombreux EHS ne peuvent pas se les offrir » dit Barbara, qui nous prie encore de ne pas indiquer précisément son lieu de retraite.

Article original en allemand :
http://www.badische-zeitung.de/wehr/zur-erholung-ins-funkloch--55488677.html

http://ehs-action.org/?p=2594

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