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15 avr. 2015

Corée du Sud : Les victimes cachées de nos smartphones

Les victimes cachées de nos smartphones
A bon ententeur, émission du 14 avril 2015 de la Radio télévision suisse romande

Voir documentaire ici (38 min.)

Ils fabriquent les composants semi-conducteurs sans lesquels aucun de nos objets électroniques – smartphones, télévisions, tablettes, ordinateurs, dvd, gps, etc… - ne pourraient fonctionner. Eux, ce sont les ouvriers – en fait surtout des ouvrières – qui travaillent pour une industrie ultra-puissante, mais qui en paient le prix.

C’est un drame encore secret: aujourd’hui des dizaines d’ouvriers sont gravement malades, d’autres sont morts, quelques années seulement après avoir arrêté de travailler. C’est en Corée du Sud, fief du géant Samsung et l’un des plus gros fabricants de semi-conducteurs au monde, que les premières voix s’élèvent pour dénoncer des pratiques industrielles parfois très dangereuses.

Cette industrie utilise en effet des dizaines de produits chimiques. Certains sont simplement irritants, mais d’autres sont cancérigènes, reprotoxiques ou neurotoxiques.

A Séoul, plus de 320 ex-travailleurs de Samsung mais aussi d’autres fabricants d’électronique se sont annoncés à l’association de défense des ouvriers de l’industrie des semi-conducteurs, depuis sa création en novembre 2007. Depuis 124 sont déjà morts, à la suite de maladies graves, notamment des cancers du sang. D’autres ex-ouvrières souffrent de problèmes de fertilité, et certaines ont des enfants eux-mêmes atteints gravement dans leur santé.

Une fabrication à fort usage de produits chimiques

Samsung, l’un des fabricants incriminés, a refusé toute demande d’interview de ses responsables, et tout tournage dans ses usines. Pour mieux comprendre comment on fabrique des semi-conducteurs, ABE s’est rendu dans les laboratoires de micro-électroniques de l’EPFL.

Lien vers la séquence EPFL (début du deuxième sujet – séquence suisse)

Liens entre maladies et travail ?

A Séoul, la doctoresse Kong, spécialiste des maladies industrielles, est l’une des chevilles ouvrières de l’association de défense des ouvriers. Elle enquête depuis des années pour comprendre la cause des maladies de ces ex-travailleurs de l’électronique. Selon elle, « certaines victimes ont travaillé sur les mêmes processus de fabrication, et puis elles ont été atteintes de cancer à un très jeune âge. D’autres ouvriers ont été atteints de maladies rares. Quand on constate que des maladies rares se déclarent plusieurs fois et dans les mêmes lieux, on est en droit de penser qu’il y a un lien entre ces maladies et le travail. Ce n’est pas un hasard. » Elle s’appuie notamment sur des études épidémiologiques publiées dans de grandes revues médicales.

De son côté, Samsung répond par écrit qu’il a mandaté plusieurs études qui n’ont trouvé « aucun lien entre les maladies de ses ex-ouvriers et leur environnement de travail ». Le conglomérat sud-coréen précise toutefois, que « par souci » envers ses ex-employés, il est venu en aide à « certains d’entre eux ». Il ne veut cependant pas discuter de ces cas « en détail ».

http://www.rts.ch/emissions/abe/6587854-les-victimes-cachees-de-nos-smartphones.html

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