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7 avr. 2015

France : Hendaye : le Wi-Fi banni des écoles

Dans les cinq écoles hendayaises, c'est le réseau filaire qui
prédomine.  
© Photo Photo Archives Isabelle Louvier
Père de famille : "Je ne pouvais pas tolérer... que mon petit dernier fasse la sieste à la maternelle à un mètre d'un boîtier Wi-Fi. "

Hendaye : le Wi-Fi banni des écoles
publié par Éric Becquet, sudouest.fr,
27 janvier 2015

Hendaye, il n’y a pas de connexion sans fil dans les écoles maternelles et élémentaires.

Il y a un an, le vendredi 24 janvier 2014, l'Assemblée nationale a voté une loi pour encadrer l'exposition aux ondes électromagnétiques émises par les équipements utilisés dans les réseaux de communication électroniques. Autrement dit, les ondes émises par les portables ou le réseau Wi-Fi. Ce texte, de la députée écologiste Laurence Abeille, a ainsi interdit aux établissements accueillant des enfants de moins de trois ans (crèches, garderies, centres de loisirs et de vacances) de disposer de réseaux Wi-Fi. Mais au grand regret de certains, la loi, amendée, n'a pas interdit leur utilisation dans les écoles maternelles.

Sauf qu'à Hendaye, la municipalité est allée plus loin. Nicole Butori, adjointe à l'éducation, explique : « Nous n'avons pas branché de réseaux Wi-Fi dans toutes les écoles hendayaises, primaires et maternelles, par principe de précaution. Nous n'avons pas insisté, notamment devant certaines oppositions à cette installation. » Les connexions se font donc de manière filaire.



La sieste à côté d'un boîtier

Parmi ces « opposants », un enseignant hendayais, père de famille, le fut plus que les autres. Presque Don Quichotte contre les satellites, sauf que l'homme, lui, s'est fait pourfendeur des ondes. Il a gagné son combat. Aujourd'hui, il préfère garder l'anonymat, mais admet : « Sincèrement, je ne préfère plus parler de cette histoire. Surtout que nous sommes arrivés à nos fins. Mais c'est un sujet brûlant. Il y a eu un vrai déferlement contre ma position, ç'a été parfois difficile. Mais je ne pouvais pas tolérer par exemple que mon petit dernier fasse la sieste à la maternelle à un mètre d'un boîtier Wi-Fi. »

La bataille de l'enseignant a débuté il y a plus d'un an. À la rencontre des candidats durant la campagne municipale, il leur a demandé de préciser leur position sur le Wi-Fi dans les écoles. « J'avais questionné Messieurs Ecenarro et Sallaberry. Les réponses étaient évasives. Mais je suis sincèrement heureux que le maire actuel ait tenu promesse, en interdisant le Wi-Fi. »

Le vide est grand sur le véritable effet de ces réseaux sans fil. Ou plutôt, le vide est rempli d'un tas de contradictions, notamment des avis scientifiques. Sur la Toile, les opinions fourmillent. De nombreuses associations font vent contre, comme la célèbre entité « Robin des toits ». Le Wi-Fi a aussi ses partisans, à l'image du journaliste pour « Que Choisir » Erwann Seznec, qui veut désactiver les alarmistes.

Des outils moins performants

Philippe Piquerey, directeur du service informatique de la Ville d'Hendaye soumet : « Aujourd'hui, nous n'avons pas assez de recul pour connaître la vraie réalité de l'impact du Wi-Fi. À partir du moment où du côté institutionnel, l'avis a été tranché, on s'est adapté dans nos équipements. »

Certains enseignants se plaignent de ne pas pouvoir utiliser les nouveaux outils pédagogiques de façon optimale, comme les tablettes ou tableau numérique, bien plus performants avec le Wi-Fi. L'an dernier, alors encore ministre de l'Écologie, Philippe Martin avait évoqué : « Une interdiction du Wi-Fi serait un réel frein au développement du numérique dans les écoles primaires à un moment où celui-ci est une priorité du président de la République », évoquant aussi « un signal anxiogène » aux familles.

Pour Philippe Piquerey, le problème est plus large. « Chez eux, les enfants disposent du Wi-Fi. Quatre écoles sur cinq captent des réseaux de l'extérieur. On ne peut pas arrêter un Wi-Fi à une porte. Des Wi-Fi bien moins réglés que par des professionnels. Et les élèves sont de plus en plus jeunes à bénéficier d'un téléphone portable, plus puissant que le Wi-Fi. »

Difficile de se faire un avis. Mais l'enseignant anti-Wi-Fi glisse toutefois : « Rappelons seulement que dans les années 1940-1950, la publicité vantait les bienfaits du tabac. On ne savait pas. »

À Hendaye, le choix de la précaution, rare, a été fait. Et ne devrait pas être remis en question.

e.becquet@sudouest.fr

http://www.sudouest.fr/2015/01/27/wi-fi-dans-les-ecoles-non-fit-l-enseignant-1810022-4171.php

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