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20 avr. 2015

Les maladies des ondes : devenir électro-conscient


Les maladies des ondes : devenir électro-conscient
par Félix Franck, www.viesaineetzen.com,
2 février 2015


L'overdose d'ondes électromagnétiques à laquelle nous sommes soumis provoquerait chez certains une électrosensiblité génératrice de symptômes parfois très invalidants. Le phénomène est controversé mais dans tous les cas c'est un nouveau champ de recherche qui s'ouvre pour la science…

Pour les uns : "circulez y'a rien à voir !". La médecine "officielle" pense que le phénomène est une vue de l'esprit. Elle considère que les patients qui se disent électrosensibles relèvent de la psychiatrie et parle de "peur irrationnelle des technologies sans fil".
Pour les autres, ce n'est pas parce qu'il n'y a rien à voir, précisément parce que les ondes sont invisibles, que l'électrosensibilité n'existe pas. Ils prennent l'affaire au sérieux et tentent de soulager les personnes en souffrance. On trouve parmi eux Dominique Belpomme, cancérologue et président de l'ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) qui a pris en charge dans son service de l'hôpital Pompidou environ 700 personnes électrosensibles et mis au point des protocoles de soin. Gérard Dieuzaide*, chirurgien-dentiste et posturologue, affirme qu'il existe aujourd'hui 3 000 études scientifiques montrant la réalité de l'électrosensibilité.


Les symptômes de l'électrosensibilité

Voilà les symptômes que Gérard Dieuzaide rencontre le plus fréquemment : cervicalgie, lombalgie, fourmillements dans les mains ou les jambes, sensation d'instabilité (vertiges), tension au niveau des trapèzes, douleur (hyperalgie) de l'épaule, tendinites et capsulites, sensation de "pression dans le crâne", palpitations, fatigue chronique, mauvais sommeil, douleur rétro oculaire, douleurs musculaires et articulaires, contractions musculaires involontaires (dystonie), maux de ventre, troubles digestifs, acouphènes, sensation de "crispation" au niveau mastoïdien où maxillo-mandibulaire, bruxisme.

Mais aussi : nausées, gorge "serrée", maux de tête, anxiété, état dépressif, perte d'appétit, malaises, baisse de l'immunité, rougeurs, démangeaisons, irritation oculaire, dyspnées, problèmes vasculaires, sensations de froid ou de bouffées de chaleur, craquements articulaires, troubles visuels, baisse auditive, maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l'attention et de la mémorisation à court terme, aboulie, perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité.

La fibromyalgie qui se manifeste également par un ensemble de symptômes (voir : La fibromyalgie, approche multidisciplinaire indispensable) est souvent, pour Gérard Dieuzaide, une conséquence de l'électrosensibilité.

Dominique Belpomme n'hésite pas à mettre en accusation les champs électromagnétiques dans des cas de sclérose en plaques, de cancer du sein, d'autisme et de maladie d'Alzheimer.

Le problème est que l'électrosensibilité entraîne une foule de symptômes qui peuvent avoir bien d'autres causes et qui varient selon les sujets (voir encadré). Selon Dominique Belpomme, le phénomène a déjà une dimension significative et risque de s'amplifier dans les années à venir : "les études démontrent que 10 à 50 % de la population risquent de devenir très intolérantes aux champs électromagnétiques au cours des 25 à 50 prochaines années."

Gérard Dieuzaide travaille depuis dix ans sur ces troubles et dit avoir reçu dans son cabinet des milliers de gens venus de toute l'Europe. Dentiste généraliste puis "occlusodontiste" (celui qui étudie le contact des dents entre le maxillaire supérieur et inférieur), il passe en 2004 un diplôme universitaire de posturologie, une discipline médicale pluridisciplinaire qui étudie la position de l’homme dans l’espace : équilibre, stature, aplomb, stabilité, etc.
"Un posturologue est un chasseur de tensions. Il fait une enquête pour savoir si les tensions viennent des yeux, des pieds, des dents, des traumatismes physiques ou des accidents. C'est un peu comme une enquête policière : on cherche le coupable et les complices." Aujourd'hui Gérard Dieuzaide pratique exclusivement la posturologie.

Il s'est aperçu que dans environ 80 % des cas, les troubles de ses patients étaient dus à une électrosensibilité ayant pour origine les produits que les dentistes avaient posés dans leur bouche : couronnes, céramiques, composites, amalgames dentaires… "Ces matières entraînent des tensions musculaires avec parfois des conséquences dramatiques."
Gérard Dieuzaide précise que ce ne sont pas les métaux lourds en eux-mêmes et notamment le mercure qui sont en cause mais la compatibilité entre les matières. "C'est l'effet électromagnétique du mélange qui est extrêmement nocif."

Comment faire la preuve de cet effet électromagnétique ? Gérard Dieuzaide considère qu'il est possible de le faire de manière "scientifique, systématique et reproductible". "En posturologie on apprécie les tensions musculaires en faisant des tests posturaux, des tests d'amplitude du mouvement articulaire."
Par exemple, le test de la jambe levée consiste à mettre la personne contre un mur et lui faire monter les jambes tendues l'une après l'autre. "Une différence de hauteur entre la droite la gauche indique une présence de tension au niveau des chaînes paravertébrales du côté de la jambe qui lève le moins. Si pendant le test une personne électrosensible touche avec un doigt de la main gauche ses dents les unes après les autres, on constate un effet musculaire immédiat", affirme Gérard Dieuzaide. "Le mouvement devient limité ou manque de fluidité."

Le test des bras latéraux est également très parlant.
"On met quelqu'un contre un mur, on lui fait monter les bras latéralement. On s'aperçoit que certaines personnes n'arrivent pas à monter les bras plus haut que l'horizontal. Dans bien des cas, quand on coupe les étiquettes de leurs vêtements ou qu'on leur enlève des bijoux, leur camisole de tensions se libère immédiatement et leur état de santé s'améliore de façon spectaculaire."

Produits dentaires, étiquettes, bijoux mais aussi vêtements, matelas, cosmétiques, stérilets, lunettes… "Le professeur Belpomme appelle ces matériaux des facteurs de susceptibilité aux ondes. Ils font antenne aux champs électromagnétiques environnementaux qu'ils renvoient en écho. La longueur d'ondes de cet écho dépend de la matière émettrice. Certains échos sont neutres et ne perturbent pas la personne. D'autres vont la perturber fortement."

Résultat : certains individus auraient une sensibilité à certains champs électromagnétiques et d'autres pas. "C'est un peu le même phénomène que pour les allergies", précise Gérard Dieuzaide. "On peut être allergique au poil de lapin, pas au poil de chat. Pour les ondes c'est la même chose : vous allez trouver certaines personnes qui seront sensibles à la wi-fi et d'autres non."
Il semblerait curieusement que le phénomène soit plus fréquent chez les femmes : on en trouverait trois électrosensibles pour un homme.

Gérard Dieuzaide est sceptique sur la possibilité à court terme de faire baisser le niveau du "smog" électromagnétique qui nous entoure. D'autant que les résistances des lobbies industriels, entraînant dans leur sillage la science officielle et le monde politique, sont très fortes.
Il ne nous reste plus, selon lui, qu'à devenir "électro-conscients" et apprendre à nous protéger (voir : Gérer les ondes chez soi).

Avant d'être découverte par Newton, la gravité existait. "Les faits sont têtus. Quand vous envoyez une pomme en l'air, elle monte, elle s'arrête et elle retombe. C'est un fait." Gérard Dieuzaide considère que les signes de l'électrosensibilité sont tout aussi manifestes que ceux de la gravité et regrette que la médecine officielle reste dans le déni. Pour l'instant le patient électrosensible est assez seul et doit faire son enquête par ses propres moyens.

* Auteur de Les maladies des ondes, éditions Dangles

http://editions-dangles.fr/doc/documents/41921/2015-02-03~5793@WWW_VIESAINEETZEN_COM.pdf

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