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26 avr. 2015

Les Suisses voteront sur la responsabilité des multinationales

Un exemple de violation du droit international par les
multinationales : les essais cliniques effectuée par les
pharmas "comme Roche et Novartis dans des pays
émergents violent fréquemment les standards minimaux."
"Plusieurs exemples de violation du droit international par les multinationales seront cités : La société Glencore, basée à Zoug, était accusée en 2012 d'avoir pollué des cours d'eau en République démocratique du Congo, alors qu'elle prétendait que ce n'était pas le cas.  Syngenta vend de l'herbicide Paraquat dans certains pays en voie de développement, un produit pourtant interdit en Suisse en raison de sa toxicité.  Autres cas mis en avant : les essais cliniques effectués par les pharmas 'comme Roche et Novartis dans des pays émergents violent fréquemment les standards minimaux'."

Les Suisses voteront sur la responsabilité des firmes
par Patrick Chuard, Berne, Tribune de Genève, 22 avril 2015

Les multinationales doivent assumer les torts causés aux populations dans les pays étrangers, exige une nouvelle initiative populaire

La responsibilité des multinationales s'inscrit à l'agenda politique.  Pas moins de 66 ONG (organisations non gouvernementales) ont lancé, hier à Berne, une initiative populaire intitulée "Entreprises responsables".  Le texte, soutenu entre autres par les anciennes conseillières fédérales Micheline Calmy-Rey et Ruth Dreifuss, veut contraindre les grandes firmes à respecter les droits de l'homme et l'environnement dans tous les pays où elles sont actives.  Ce serait également valable pour leurs filiales.



Prendre toutes les mesures
L'initiative exige que les entreprises fassent preuve de "diligence" et prennent toutes les mesures pour respecter les normes internationales, indépendamment de la législation des pays.  La Suisse a un rôle important à jouer dans ce domaine, lançait hier Manon Schick, directrice d'Amnesty International Suisse : "Notre pays est celui qui abrite le plus grand nombre de multinationales par habitant.  Nous ne voulons pas qu'elles viennent juste pour y placer leur siège et qu'ensuite elles commettent des abus à l'étranger."

Cette initiative ne tombe pas du ciel.  Elle s'appuie sur des principes adoptés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en 2011.  De nombreuses interventions parlementaires ont exigé des mesures similaires ces dernières années.  Une pétition munie de 135'000 signatures avait été déposée en 2012.  Mais ni le Conseil fédéral ni le parlement n'ont voulu édicter des règles contraignantes.

Une motion de la Commission de politique extérieure du National, réclamant une "responsabilité accrue" des entreprises, a été acceptée de justesse en plénium le 11 mars dernier.  Avant d'être refusée moins de deux heures plus tard lors d'un second vote réclamé par la Bâloise Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC).  Entretemps, "les opposants ont mis sous pression quelques parlementaires bourgeois qui avaient voté avec leur conscience et sans instruction", veut croire Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud.  Raison de plus, selon lui, pour donner la parole au peuple

Fréquents violations 
Plusieurs exemples de violation du droit international seront cités à l'appui de la récolte de signatures. La société Glencore, basée à Zoug, était accusée en 2012 d'avoir pollué des cours d'eau en République démocratique du Congo, alors qu'elle prétendait que ce n'était pas le cas.  Syngenta vend de l'herbicide Paraquat dans certains pays en voie de développement, un produit pourtant interdit en Suisse en raison de sa toxicité.

Autres cas mis en avant : les essais cliniques effectués par les pharmas "comme Roche et Novartis dans des pays émergents violent fréquemment les standards minimaux", accusent les initiants.  Ceux-ci ne sont pas tous des lobbyistes des droits de l'homme.  Ainsi Marc-Alain Bloch, patron des Cafés la Semeuse : "Si les entreprises ne sont pas responsables, qui le serait?  Cette initiative ne demande pas la lune."

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