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30 avr. 2015

Nouvelles de Genève : Les wattmans désarmés face à l'inattention des piétons

Oreilles bouchées par les écouteurs, regard captivé par un
écran, les piétons distraits courent un risque supplémentaire.
Steeve Iuncker-Gomez
Les wattmans désarmés face à l’inattention des piétons
par Luca Di Stefano, Tribune de Genève, 
30 avril 2015

La distraction causée par des écouteurs pourrait être à l’origine du drame de la rue de Lausanne.

La clochette activée avec insistance par le chauffeur n’a pas suffi. Mardi, un adolescent de 17 ans est décédé après avoir été percuté par un tram à la rue de Lausanne. Selon les premiers témoignages, il traversait la route, écouteurs dans les oreilles, au moment où deux véhicules se croisaient. Il n’a vraisemblablement vu et entendu que le convoi en provenance de la place des Nations. Pas le deuxième, qui faisait le chemin inverse.

En attendant que l’enquête ne détermine les circonstances exactes du drame, la police a pour habitude de classer ce type d’accident dans la case «inattention». Une vaste catégorie qui englobe tout type d’accrochages, du piéton distrait par une conversation téléphonique à l’automobiliste en train d’avaler son sandwich au volant.

Deux morts en 2014 pour "inattention"

En 2014, 13 personnes sont décédées sur les routes genevoises. Alors que cinq enquêtes sont toujours en cours, deux accidents (sur les sept dont les causes ont pu être déterminées) ont pour origine un manque d’attention. Aucun de ces cas n’a été causé par la distraction du piéton. En revanche, la concentration de l’automobiliste a fait défaut. Elle est responsable des décès d’un scootériste et d’un piéton.

Au-delà des statistiques, l’accident de mardi ravive la tension des conducteurs de transports publics face à une population piétonne qui décide d’altérer ses sens, yeux rivés sur le téléphone, oreilles bouchées par les écouteurs. Au Bureau de prévention des accidents, à Berne, le phénomène a été quantifié: «66% des piétons reconnaissent téléphoner pendant un déplacement à pied et presqu’un tiers des personnes interrogées dit écouter de la musique avec un casque pendant un déplacement à pied», informe le porte-parole Daniel Menna.

Le bruit et la concentration

«Les conducteurs sont désarmés face au phénomène, observe quant à elle Valérie Solano, responsable au syndicat des transports SEV. Ils portent une lourde responsabilité. Sur rails, la difficulté est plus grande puisque le temps de réaction du conducteur ne correspond pas à celui de la machine», dit-elle en rappelant la distance de freinage nettement supérieure des trams.

Face au danger, le wattman se trouve donc seul, avec pour seule arme sa sonnette qui s’actionne automatiquement lors de chaque freinage d’urgence. Augmenter les décibels du klaxon peut-il contribuer à faire baisser les accidents? «Un son trop puissant ne changerait rien. Il risque surtout de paralyser le piéton et donc, d’augmenter le danger», répond Valérie Solano. Vient ensuite la question du bruit ambiant. Atténué par les nouveaux dispositifs – moteurs électriques, revêtements phonoabsorbants, graissage des rails… – sa baisse a pour effet pervers de détourner l’attention des passants. Lorsque ces derniers se coupent du monde qui les entoure, le danger est multiplié. «Ces deux phénomènes évoluent en même temps, reconnaît Daniel Menna. Ce sont de nouveaux défis à intégrer en matière de sécurité routière.»

(TDG)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/wattmans-desarmes-face-inattention-pietons/story/13805920

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