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2 mai 2015

Sauvons nos filles en bannissant le cellulaire du soutien-gorge

Il n'est pas normal qu'une femme de 21 ans ait le cancer du sein, encore
moins de multiples tumeurs.   
© www.ehtrust.org
Sauvons nos filles en bannissant le cellulaire du soutien-gorge
par Dr Devra Davis, maisonsaine.ca,  13 avril 2015

Un grand nombre de jeunes femmes portant leur téléphone cellulaire dans le soutien-gorge ne savent pas qu’elles s’exposent directement au rayonnement de micro-ondes. Ce n’est pas une bonne idée. En fait, les téléphones sont livrés avec des avertissements spécifiques des fabricants contre ce genre de pratique.

Le Dr John West et ses collègues de Breast Care, en Californie du Sud, ont travaillé avec la Dre Lisa Bailey, ancienne présidente de la Société américaine du cancer de la Californie et l’un des meilleurs chirurgiens du sein de la nation. Avec la Dre Bailey et l’équipe du Dr West, nous avons réuni sept cas de jeunes femmes atteintes de cancers du sein très inhabituels, dont aucune n’avait des antécédents familiaux ni facteur de risque génétique de développer cette maladie.

Des cancers inhabituels

Normalement, le cancer du sein apparaît dans le quadrant supérieur externe de la poitrine, à l’aisselle. Ces cas inhabituels présentent des tumeurs du sein tout juste sous la peau et de multiples autres au centre de la poitrine, juste sous le contour de l’endroit où se portait le téléphone portable. Deux de ces femmes n’ont que 21 ans. Le cancer du sein se produit rarement à cet âge. Elles ont porté leur cellulaire dans leur soutien-gorge plusieurs heures par jour dès l’âge de 13 ans. Le fait d’avoir de multiples tumeurs du sein primaires est également rare (pas plus de 10 % des cas).

La relation entre les téléphones cellulaires et le cancer du sein n’a pas fait l’objet de recherches de santé publique ou expérimentales sérieuses aux États-Unis. Cependant, en Turquie, des publications scientifiques signalent que l’exposition à un rayonnement de téléphone cellulaire quadruple la croissance des cellules du cancer du sein. En révisant l’approche des tests de téléphones cellulaires adoptée il y a 18 ans, le Government Accounting Office des États-Unis a noté que ces appareils ne sont pas testés selon la façon qu’on les utilise et a recommandé le développement de modèles de tests plus réalistes. Des études de modélisation indiquent que les téléphones tenus près du corps, dans la chemise ou la poche de pantalon, peuvent produire de deux à six fois plus d’exposition aux micro-ondes que recommandé.

Lisez les mises en garde des fabricants

Dans l’iPhone, la mise en garde sur l’exposition aux radiofréquences (RF) peut être trouvée sous « Settings » en sélectionnant « General> About> Legal> RF exposure ». Elle vous conseille d’utiliser un casque d’écoute ou un haut-parleur pendant un appel, de garder le téléphone au moins à 10 mm du corps à tout moment, et vous précise que les boîtiers ou pochettes de téléphones portables avec des pièces métalliques peuvent changer la conformité du téléphone aux directives sur les radiofréquences d’une manière qui n’a pas été testée ou certifiée. Contrairement à la plupart des autres contenus de l’iPhone, le texte de cette mise en garde ne peut être agrandi ni copié. La plupart des consommateurs ignorent complètement l’existence de l’avertissement. Certaines femmes placent leur cellulaire dans leur soutien-gorge ou leur foulard, et les hommes le portent souvent dans leur poche de pantalon. En outre, certains enfants et jeunes mettent le cellulaire (ou autres appareils mobiles) dans une poche au niveau de leur poitrine. Le BlackBerry et autres téléphones intelligents comportent des avertissements similaires, comme « Ne gardez pas le téléphone dans la poche » et « Gardez le téléphone à 2,54 cm de distance de l’abdomen des femmes enceintes ou des adolescents. »

Les hommes qui veulent devenir père d’enfants en santé doivent s’informer : si vous prenez le sperme d’hommes en bonne santé et le mettez dans deux éprouvettes, l’une exposée aux radiations d’un téléphone cellulaire et l’autre non exposée, le sperme dans l’éprouvette exposée au rayonnement meurt trois fois plus vite et montre trois fois plus de dommages dans son ADN que le sperme non exposé. Il y a un consensus croissant au sein de la communauté médicale à savoir que les radiations du téléphone cellulaire présentent des risques pour la santé. Selon le professeur Stanton Glantz, de l’Université de Californie, un expert bien connu en biostatistique, les téléphones portables endommagent clairement le sperme, mais ne devraient pas être considérés comme une forme fiable de contrôle des naissances.

Ma propre naïveté

J’ai été formée en tant que postdoctorante en épidémiologie du cancer à l’Université Johns Hopkins et j’ai travaillé pendant 10 ans à l’Académie nationale américaine des sciences, où j’ai dirigé des études environnementales. En tant que directrice du Centre d’oncologie environnementale à l’Institut du cancer de l’Université de Pittsburgh, je possédais trois téléphones portables et j’ai insisté pour que tous les hauts fonctionnaires avec qui je travaillais portent un BlackBerry sur leur corps afin que je puisse les joindre au besoin.

Quand mon premier petit-fils avait neuf mois, il était en mesure de prendre un téléphone portable, l’allumer, trouver un jeu, et jouer. Au début, j’étais très fière de lui. Inspirée par ses compétences, j’ai commencé à examiner ce que nous savions sur les téléphones cellulaires.

Ce que je ai découvert m’a choquée.

Je pensais naïvement que tous les biens de consommation avaient été suffisamment testés quant à leur sécurité. Or, j’ai découvert que la soi-disant « sécurité » des téléphones cellulaires était basée sur un paradigme très désuet qui contredit la science de pointe. J’ai également réalisé que l’industrie du mobile a utilisé sa puissance financière pour faire la guerre aux scientifiques dont les recherches ont révélé que les radiations du téléphone cellulaire étaient associées à un risque accru pour la santé humaine. En examinant les téléphones portables, j’ai noté un grave problème qui se profile à l’horizon – il n’y aurait plus de groupes témoins de gens non exposés aux radiofréquences, puisque la plupart du monde utilise le téléphone cellulaire. Dans mes propres recherches sur les études environnementales et de par mon travail sur la guerre contre le cancer, j’ai vu combien de temps il nous a fallu pour prendre des mesures contre le tabac, l’amiante et d’autres substances toxiques. Nous avons attendu beaucoup trop longtemps pour réduire le tabagisme. Bien que nous ayons enfin vu les décès attribués au tabac diminuer, de nombreuses vies ont été sacrifiées pendant des décennies alors que le problème était nié et que la solution a été reportée.

Des micro-ondes au cerveau

Le public doit comprendre qu’un téléphone cellulaire est un émetteur-récepteur de micro-ondes. Il doit envoyer des signaux à la tour de téléphonie cellulaire pour qu’elle lui renvoie de l’information. Chaque fois que vous vous déplacez (par exemple, en voiture ou à vélo) pendant que vous êtes au téléphone, celui-ci fonctionne à pleine puissance pour maintenir la connexion avec des tour, une après l’autre. Cela signifie que vous êtes exposé en continu à un rayonnement maximal de micro-ondes. En plus de cela, vous avez constamment des panaches de rayonnement micro-ondes générées par des transmissions Wi-Fi et Bluetooth bidirectionnelles ainsi que les avis et mises à jour de nombreuses applications de téléphones intelligents. L’industrie du mobile minimise l’importance de ce rayonnement en le désigant comme « énergie de radiofréquence », car il ne serait pas très vendeur de commercialiser les cellulaires comme des émetteurs bidirectionnels de micro-ondes utilisés à côté du cerveau.

Pour utiliser un téléphone portable intelligemment, allumez-le seulement lorsque vous en avez besoin. Sinon, gardez-le sur le mode avion, qui ne lui permet pas d’envoyer de rayonnement micro-ondes à une tour cellulaire ou dans votre corps. En outre, la distance est votre amie. Gardez votre téléphone loin de votre corps, utilisez un casque d’écoute ou un haut-parleur filaire. Gardez-le loin de vos poches et de votre soutien-gorge. Faites du soutien-gorge une zone sans téléphone.

Partagez ce message avec #savethegirls. Visitez ehstrust.org et showthefineprint.com pour plus d’informations et des cartes gratuites à copier et à partager.

(Texte d’origine publié en anglais dans The Green Gazette le 3 avril 2015 et Mieux Prévenir)

La Dre Devra Lee Davis, M.P.H., Ph.D., est reconnue internationalement pour son travail sur la santé environnementale et la prévention des maladies. Sa nomination au Chemical Safety and Hazard Investigation Board par le président Clinton fut confirmée par les deux partis du Sénat. Elle a cofondé le premier centre d'oncologie environnementale au monde à l'Université de Pittsburgh et dirige actuellement l'Environmental Health Trust. Elle enseigne dans des universités un peu partout dans le monde et a récemment remporté la Carnegie Science Medal en 2010 et le Lifetime Achievement Award de Green American en 2012. Son livre publié en 2007, The Secret History of the War on Cancer, est utilisé dans des écoles de santé publique réputées, notamment à l'Université Harvard. Son plus récent livre, Disconnect, a remporté la médaille d’argent de Nautilus Books pour son reportage courageux et a été parmi les plus recommandés par les éditeurs du magazine Time et d'Amazon. Ses travaux de recherche sont parus dans des revues scientifiques prestigieuses et ont été diffusés par des grands médias comme CNN, CBC et la BBC.

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