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24 mai 2015

Suisse : Faut-il craindre les antennes ?

Faut-il craindre les antennes ?
par Clémentine Prodolliet, leregional.ch, 12 mars 2015

Chexbres : Risque sanitaire, préjudice esthétique: la mise à l'enquête de trois antennes GSM-R dans le quartier du Carroz suscite l'inquiétude de nombreux riverains. Une séance d'information a permis de calmer les esprits. Grande absente des débats, la Municipalité.

«Nous avons tous un portable dans la poche. Mais dès qu'il s'agit de voir une antenne pousser dans notre jardin, c'est la panique.» C'est par ces mots que Bernard Guex ouvre la séance organisée fin février dans la salle du Conseil, au Caveau du Cour d'Or, à Chexbres. Objectif: informer la population des tenants et aboutissants du projet d'installation de trois antennes GSM-R le long des voies ferrées dans le quartier du Carroz, qui fait grand bruit depuis sa mise à l'enquête début février. «Le sujet est de toute évidence émotionnel. Il ne s'agit pas de nous fédérer contre les CFF mais de permettre une discussion objective en vous offrant la possibilité de poser toutes les questions nécessaires», avertit d'emblée l'organisateur devant la trentaine de Chats (sobriquet des habitants de Chexbres) présents.



Une initiative saluée par Philippe Biavati, chef de projet CFF et ancien président du Conseil communal. «D'habitude, les séances sont organisées après opposition des citoyens. Je suis donc ravi d'avoir été convié pour exposer notre projet et répondre aux éventuelles inquiétudes de la population.» Même enthousiasme du côté de Pierre Dubochet, ingénieur radio et conseil de l'Association romande alerte (ARA), venu parler du fonctionnement des ondes électromagnétiques et de leurs incidences sur la santé. «Cette soirée sera l'occasion pour moi de désamorcer une bombe à retardement et pour les CFF de s'éviter une série d'ennuis en jouant la carte de la transparence.»

Manque d'information

Grande absente, la Municipalité, qui n'a pas répondu à l'invitation de Bernard Guex, au grand dam de cette habitante. «J'étais déjà déçue du manque d'information de la Commune pour un projet de cette envergure mais le suis encore plus de son refus de prendre part à la séance.» Qui se poursuit par une présentation détaillée des aménagements à venir et de leur utilité pour la région. «Les antennes GSM-R (Global system for mobile communication for railway) ont pour but de faciliter la transmission de données entre les trains en leur offrant la possibilité d'échanger via un seul et même système de télécommunication à travers l'Europe», explique Philippe Biavati. Et de renforcer la sécurité des passagers en améliorant les possibilités de contact entre personnel de bord et centres de contrôle.

Cette nouvelle technologie vient remplacer les moyens de communication antérieurs (signaux lumineux à moyen terme, radio analogique) dont la fiabilité est jugée moindre. Déjà présent sur les principales lignes de Suisse, ce dispositif nécessite l'installation de plusieurs antennes le long des voies CFF pour assurer une couverture optimale du signal. Dans le quartier du Carroz, une première structure prendra place à l'entrée du tunnel ferroviaire sur un mât existant, une autre à l'intérieur et une troisième à la sortie, en face du garage de la corniche. D'une hauteur de 4 à 6m environ, elles disposeront d'une puissance d'émission de 100 W maximum pour un rayonnement qui ira en décroissant. Rien à voir avec les antennes téléphoniques «classiques», dont la puissance peut atteindre jusqu'à 2000 W. «Nos installations visent uniquement à couvrir les besoins de nos lignes. Il ne s'agit pas de rayonner au-delà pour vendre des services aux privés. Le risque sanitaire et le préjudice esthétique seront donc extrêmement limités», rassure le responsable du projet.

Principe de précaution

Même son de cloche du côté de Pierre Dubochet, qui pointe néanmoins la complexité des effets liés aux ondes pulsées. «La configuration des antennes GSM-R est tout à fait différente de celles des opérateurs mobiles puisque leur rayonnement, largement inférieur aux valeurs limites, n'est pas dirigé vers les habitations. Pour autant, rien ne permet d'affirmer avec certitude qu'elles n'auront pas d'effets sur la santé des riverains.» Et Pierre Dubochet de rappeler que les habitudes de consommation - utilisation de portables, micro-ondes, internet sans fil - restent souvent responsables de la plupart des maux dont souffrent certaines personnes (insomnies, migraines, vertiges...). «Oui, les antennes rayonnent. Mais le portable que vous tenez à l'oreille aussi. Pour réduire les risques d'électrosmog (réd: pollution électromagnétique), commençons par changer nos habitudes.»

Message reçu cinq sur cinq. «Je suis ravi d'avoir assisté à cette séance et je sais ce qu'il me reste à faire pour percer le brouillard d'ondes qui nous environne, sourit cet habitant. A présent que les choses sont posées, je ne vois plus aucune raison de lutter contre ce projet. Dommage qu'il ait fallu attendre qu'un citoyen se dévoue pour rassurer la population.» Preuve que la démarche a porté ses fruits: la mise à l'enquête, arrivée à échéance le 5 mars, n'a suscité aucune opposition.

Clémentine Prodolliet

http://www.leregional.ch/N69457/faut-il-craindre-les-antennes.html
12.03.2015

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