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21 juin 2015

Club de Bilderberg : Les «maîtres du monde» se réunissent en Autriche

Pierre Maudet, Conseiller d'Etat genevois chargé de la
Sécurité, était l'un des trois Suisses  présents
au Club de Bilderberg cette année.
Cette année, les trois Suisses présents au Club de Bilderberg étaient : le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, le président du groupe bâlois Roche, Christoph Franz, et Philipp Hildebrand, ancien patron de la Banque nationale suisse, devenu l’un des dirigeants du groupe financier BlackRock.  

Les «maîtres du monde» se réunissent en Autriche
par Roland Rossier, 24 heures, 12 juin 2015

Réseaux internationaux : Trois Suisses, dont le Genevois Pierre Maudet, seront présents cette année au très secret Club de Bilderberg pour parler de l’état du monde au milieu des patrons et des politiciens.

C’est comme une ritournelle. Les limousines noires vont amener et chercher, durant le week-end, les quelque 140 personnalités issues des mondes politique et économique venues disserter sur l’état de la planète. Chaque année, depuis 1954, les membres du Club de Bilderberg, qui ont reçu le sobriquet de «maîtres du monde», se réunissent dans ce qui constitue, bien après le Forum de Davos, l’une des rencontres au sommet auxquelles participent grands patrons d’industrie, politiciens en fonction, ainsi qu’une poignée de têtes couronnées.

«Un point d’observation»

Cette année, c’est en Autriche que cela se passe, dans un palace transformé en forteresse aux airs de nid d’aigle, l’Hôtel Interalpen, à Telfs-Buchen, au Tyrol. Selon les opposants – souvent liés à des mouvements d’extrême gauche ou d’extrême droite – traquant ces décideurs, ce sont bel et bien «les maîtres du monde» qui vont se réunir, qu’ils associent volontiers à des «comploteurs». La petite bourgade autrichienne tremble et s’attend, ce samedi, à ce que de 2000 à 3000 manifestants viennent protester contre la tenue de la conférence. C’est désormais l’industriel vaudois André Kudelski qui est en charge du «chapitre suisse» de cette organisation. Il a le privilège d’inviter deux ou trois compatriotes pour assister aux réunions. Cette année, son choix s’est porté sur le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, le président du groupe bâlois Roche, Christoph Franz, et Philipp Hildebrand, ancien patron de la BNS, devenu l’un des dirigeants du groupe financier BlackRock.

André Kudelski nous précise avoir accepté de prendre cette charge car la conférence du club est «un point privilégié d’observation de l’actualité mondiale», ce qui l’intéresse particulièrement. Quant à Daniel Vasella, il en dresse un bilan positif, jugeant «intéressantes et instructives» les discussions ouvertes qui s’y sont déroulées.

S’exprimer «librement»

Pierre Maudet, de son côté, ne souhaite pas développer, à ce stade, les raisons de sa participation, afin de respecter le devoir de discrétion demandé aux participants. Le Club de Bilderberg n’accepte les journalistes que sur invitation, à «titre privé». Ces rares professionnels laissent donc leur plume au vestiaire.

Francis Waldvogel, ancien président du Conseil des écoles polytechniques fédérales (Lausanne et Zurich), a participé à la réunion de 2010. Il a été agréablement surpris d’entendre «des ténors de la politique dire ouvertement qu’ils avaient eu tort!» Mais il a regretté les rencontres en coulisses mises sur pied par des politiciens. Il en retient cependant des moments lumineux, à l’exemple de la meilleure compréhension des conflits du Proche et Moyen-Orient «dans leur complexité géopolitique, sociétale, religieuse, historique». «C’était une fresque impressionnante», résume le scientifique.

De son côté, Pascal Couchepin précise «avoir participé à quatre reprises aux réunions du Club de Bilderberg, comme conseiller fédéral». Avec beaucoup d’intérêt. Ces rencontres sont importantes, selon lui. «Elles permettent aux participants de s’exprimer d’autant plus librement que les journalistes n’y ont pas accès», ajoute l’homme politique valaisan. «Dans ces réunions, je peux me permettre d’expliquer très directement à un ministre pourquoi mon groupe n’investira pas dans son pays», a confié un industriel européen. Le Club de Bilderberg reste cependant perçu comme un cercle discret, voire secret.

D’autres réunions «privées» sont agendées au sommet

Le Club de Bilderberg peut se targuer d’être historiquement la première organisation privée à avoir mis sur pied des rencontres internationales de poids. Créé en 1954 aux Pays-Bas, à l’instigation du prince Bernhard des Pays-Bas, ce club a pour objectif, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de maintenir aussi étroites que possible les relations entre l’Europe et les Etats-Unis. C’est l’espion et journaliste espagnol Luis González-Mata qui a dévoilé l’existence de Bilderberg, en publiant en 1979 son livre "Les vrais maîtres du monde".

Le banquier américain David Rockefeller adhère à ces idées atlantistes défendant une économie libérale et participe à la réunion de 1954. Il veut ensuite l’élargir aux Japonais et fonde en 1973 la Commission trilatérale, qui organise aussi plusieurs réunions par an. Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne, anime les réunions européennes de cet ultime cénacle tout aussi discret.

Deux ans plus tôt, en 1971, l’Allemand Klaus Schwab crée le Forum de Davos (WEF). Sur une intuition simple: les milieux politiques et économiques peinent à se parler. Mais il ouvre sa conférence aux médias: son forum est devenu le rendez-vous privé incontournable où les dirigeants politiques et économiques de la planète se réunissent. Toujours copié, jamais égalé… D’autres cercles moins connus existent, à l’exemple de l’ERT (European Round Table), qui regroupe depuis 1983 une cinquantaine de géants industriels européens. Une vingtaine de grands patrons, dont Paul Bulcke, CEO de Nestlé, ont participé le 1er juin à cette réunion, tenue à Berlin en présence de la chancelière Angela Merkel et du président François Hollande. Au menu des discussions: économie numérique, énergie et emploi des jeunes. Enfin, sur le plan suisse, Nestlé organise chaque année à La Tour-de-Peilz sa réunion de Rive-Reine, en présence de quelque 60 décideurs helvétiques. Les conseillers fédéraux s’y rendent volontiers. Comme à Bilderberg ou à la Commission trilatérale, rien n’en filtre.

R.R. (24 heures)

http://www.24heures.ch/economie/Les-maitres-du-monde-se-reunissent-en-Autriche/story/1338304

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