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7 juin 2015

France : À Béziers, des patchs anti-ondes distribués aux agents municipaux

Le dispositif de patchs anti-ondes va être lancé dans la ville
le 17 juin prochain.  Photo : Philippe Huguen/ AFP
À Béziers, des patchs anti-ondes distribués aux agents municipaux
par Akhillé Aercke, Le Figaro, 5 juin 2015

La mairie de Robert Ménard veut équiper certains de ses employés de patchs censés protéger des ondes. Pour certains, cela revient à utiliser les employés comme cobayes et la polémique enfle.

L'affaire a commencé début mai. A l'occasion d'un conseil municipal, la mairie de Béziers a décidé de faire de certains de ses employés des «testeurs anti-ondes». Des volontaires seront équipés de patchs dont le but est de protéger des ondes électromagnétiques, émises par les téléphones portables, les antennes-relais, les boîtiers Wi-Fi. Un patch dont l'utilité reste à prouver et une façon de tester le produit qui fait polémique.

L'objet de la discorde est un petit patch, d'une dizaine de centimètre de diamètre, qui se colle sur les ordinateurs, les téléphones portables, ou se porte en collier. Il a été inventé par un électronicien vainqueur du concours Lépine 2008. Sur le site internet de la marque, on peut lire comment fonctionne le produit: «le principe de fonctionnement du déphasage à 180° repose sur le fait que deux ondes de même fréquence mais en opposition de phase se neutralisent mutuellement». En des termes plus simples, deux petites antennes sont insérées dans le patch. Une des antennes capture les ondes, et la transmet à la seconde. Durant l'opération, leur état physique est supposé changer, selon les affirmations du créateur, et annuler les effets des ondes.

«C'est l'invention d'un Géo Trouvetou!», dénonce Jean-Michel du Plaa, élu socialiste de Béziers, au Figaro. «Au début du mois de mai, le conseil municipal biterrois, a adopté, à l'initiative de son maire Robert Ménard, une délibération faisant des employés municipaux volontaires des testeurs anti-ondes. C'est assez surréaliste que la mairie s'associe avec cette société aux références lacunaires et mystérieuses, qui tient du concours Lépine. Tout ce que l'on sait, c'est que le patron habite Béziers».

L'élu, qui a voté contre le texte, explique que le médecin des Ressources Humaines de la ville a également été sollicité. «Le médecin de la ville sera associé au processus dans toutes ses phases. Les résultats de cette étude seront analysés et publiés», confirme la délibération, que Le Figaro a pu consulter.

Parmi les testeurs, des élus et des agents municipaux

Une trentaine de volontaires seront concernés, la moitié sous placebo. Une période d'essai de six mois est prévue, elle débutera le 17 juin. Interrogé par Metronews, un associé de la société Ginko France, affirme que des «études menées depuis deux ans prouvent l'efficacité des patchs». Effectivement, sur le site de l'entreprise, une page est consacrée à la description des tests scientifiques des patchs. Mis à part ces affirmations, aucune autre étude sur ce dispositif n'a été publiée.

«Nous avons trouvés plus de trente volontaires, très rapidement», affirme Adil Choukri-Touri, adjoint au maire chargé du numérique au Figaro. Parmi eux, des élus, des directeurs de pôles, des agents. Tous devront passer un test physique, le 17 juin. Ce test, mené sous l'égide du docteur Jacques Gaujac et du professeur en médecine nucléaire Michel Zanca, constituera en une série d'examens musculaires. Dans la foulée, les testeurs se verront remettre les fameux patchs. Puis, dans six mois, il est prévu de renouveler l'exercice, avec de nouveaux tests physiques. Les effets sur la tension musculaire seront alors évalués.

Face aux critiques, l'élu concède ne pas connaître l'efficacité réelle de ce dispositif. «Mais nous voulons tester. Si on était totalement convaincus, nous ne serions pas passés par cette période d'essai», jure Adil Choukri-Touri. D'autant que l'élu l'affirme, «cette mesure fait polémique parce qu'à Béziers, le maire s'appelle Robert Ménard. Mais dans d'autres villes de France, la problématique est aussi soulevée.» Il cite le cas de Lille, qui a elle aussi lancé des études pour voir comment limiter l'impact aux rayonnements. Avant d'indiquer que les élus qui ont voté contre les patchs sont les mêmes qui ont récemment demandé de déplacer les antennes relais des bâtiments publics.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/05/01016-20150605ARTFIG00305--beziers-des-patchs-anti-ondes-distribues-aux-agents-municipaux.php

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