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24 juin 2015

Les Monographies du CIRC évaluent le DDT, le lindane et le 2,4-D

Les Monographies du CIRC évaluent le DDT, le lindane et le 2,4-D 
COMMUNIQUE DE PRESSE N° 236 23 juin 2015 

Lyon, France, 23 juin 2015 - Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la Santé spécialisée sur le cancer, a évalué la cancérogénicité des insecticides gamma-hexachlorocyclohexane (lindane) et dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), ainsi que l'herbicide acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D). 

Après avoir soigneusement passé en revue la littérature scientifique disponible la plus récente, un groupe de travail de 26 experts venus de 13 pays différents, réunis par le Programme des Monographies du CIRC, a classé l'insecticide lindane comme cancérogène pour l’homme (Groupe 1). Le Groupe disposait d’indications suffisantes de la cancérogénicité du lindane chez l'homme, pour le lymphome non hodgkinien (LNH). 

L'insecticide DDT a été classé comme probablement cancérogène pour l'homme (Groupe 2A), sur la base d’indications suffisantes selon lesquelles le DDT provoque le cancer chez l’animal de laboratoire, et d’indications limitées de sa cancérogénicité pour l'homme. Les études épidémiologiques mettaient en évidence des associations positives entre l'exposition au DDT et le LNH, le cancer des testicules et le cancer du foie. Le Groupe disposait aussi de données expérimentales probantes de ce que le DDT peut affaiblir le système immunitaire et perturber les hormones sexuelles. Cependant, dans l'ensemble, il n'y avait pas d’association entre le cancer du sein et les niveaux de DDT mesurés dans les échantillons de sang ou de graisse. 

L'herbicide 2,4-D a quant à lui été classé comme peut-être cancérogène pour l’homme (Groupe 2B), sur la base d’indications insuffisantes chez l'homme et d’indications limitées chez l’animal de laboratoire. Le Groupe disposait de fortes indications selon lesquelles le 2,4-D induit le stress oxydatif, un mécanisme qui peut se produire chez l’homme, et d’indications modérées selon lesquelles le 2,4-D provoque une immunodépression, sur la base d’études in vivo et in vitro. Cependant, les études épidémiologiques ne mettaient pas en évidence de hausses importantes ou uniformes du risque de LNH ou d'autres cancers par rapport à une exposition au 2,4-D. 

Le résumé des évaluations finales est disponible en ligne dans The Lancet Oncology, et les évaluations détaillées seront publiées dans le Volume 113 des Monographies du CIRC. 

Le lindane a été largement utilisé pour lutter contre les insectes, y compris dans l'agriculture et pour le traitement des poux et de la gale chez l’homme. Des expositions élevées ont été rapportées chez les travailleurs agricoles et les applicateurs de pesticides; cependant, l'utilisation du lindane est désormais interdite ou limitée dans la plupart des pays. De grandes études épidémiologiques sur les expositions en milieu agricole aux Etats-Unis et au Canada ont montré une augmentation du risque de 60% de LNH chez les personnes exposées au lindane. 

Le DDT a d’abord été utilisé pour lutter contre les maladies vectorielles au cours de la Seconde Guerre mondiale et il a plus tard été largement appliqué dans l'agriculture et pour éradiquer le paludisme. Bien que la plupart des utilisations du DDT aient été interdites dans les années 1970, le DDT et ses produits de dégradation sont très persistants et peuvent se retrouver dans l'environnement et dans les tissus animaux et humains dans le monde entier. L'exposition au DDT existe toujours, principalement par le biais de l'alimentation. L'utilisation restante et essentielle du DDT concerne la lutte anti-vectorielle, principalement pour le paludisme. Cette utilisation est strictement limitée en vertu de la Convention de Stockholm. 

Depuis son introduction en 1945, le 2,4-D a été largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en agriculture, en foresterie et en milieu urbain et résidentiel. Les expositions professionnelles au 2,4-D peuvent survenir lors de la fabrication comme de l'application, et la population générale peut être exposée par le biais des aliments, de l'eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation.

Note aux rédacteurs : 

Qu'est-ce que la classification signifie en termes de risque ? Le classement d’une substance ou d’un agent indique le degré des indices selon lesquels cette substance ou cet agent provoque le cancer. Le Programme des Monographies cherche à identifier le potentiel qu’a une exposition donnée de causer le cancer. Ce classement ne précise toutefois pas le niveau de risque associé à l'exposition en question. Le niveau de risque de cancer associé à des substances ou agents ayant été classés dans un même Groupe peut être très différent, en fonction de facteurs comme le type ou l’étendue de l'exposition, et l'intensité de l'effet de l'agent évalué. 

Quelle est la différence entre risque et niveau de risque ? Le Programme des Monographies du CIRC évalue le potentiel qu’a une exposition de provoquer le cancer chez l’homme (cancer hazard en anglais), mais pas le niveau de risque de cancer (cancer risk en anglais) associé à l'exposition. 
Un agent est considéré comme un risque cancérogène s’il est capable de provoquer le cancer dans certaines circonstances. Le niveau de risque quant à lui mesure la probabilité qu’un cancer surviendra, en tenant compte du niveau d'exposition à l'agent. Il est important de distinguer ces deux notions de risque et de niveau de risque, et le Programme des Monographies identifie des risques cancérogènes même si les niveaux de risque sont très limités aux niveaux actuels d’exposition, des utilisations ou expositions nouvelles pouvant conduire à des niveaux de risque beaucoup plus élevés que ceux identifiés aujourd’hui. 

Lire le Questions/Réponses des Monographies du CIRC 

Pour plus d'information, 

merci de contacter Véronique Terrasse, Attachée de Presse, au +33 472 738 366 ou à terrassev@iarc.fr; ou Nicolas Gaudin, IARC Communications à com@iarc.fr 

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) fait partie de l’Organisation mondiale de la Santé. Sa mission consiste à coordonner et à mener des recherches sur les causes du cancer chez l’homme et sur les mécanismes de la cancérogenèse, ainsi qu’à élaborer des stratégies scientifiques de lutte contre le cancer. Le Centre participe à des recherches épidémiologiques et expérimentales, et assure la diffusion de l’information scientifique au moyen de publications, de conférences, de cours, et de bourses d’études. Si vous ne souhaitez plus recevoir de communiqués de presse de notre part, merci de nous écrire à com@iarc.fr.

http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2015/pdfs/pr236_F.pdf

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