Mieux Prévenir

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10 sept. 2015

L'électrosensibilité au coeur d'une création théâtrale

(Image choisi par la Rédactrice de
"Mieux Prévenir")
L'électrosensibilité au coeur d'une création théâtrale
par Alain Prêtre, Courrier neuchâtelois, 9 septembre 2015

Les Ponts-de-Martel Godeliève Richard, de la Piti Théâtre Company, partage dans le spectacle qu'elle donnera à l'ABC les 12 et 13 septembre sa mauvaise expérience avec la pollution électromagnétique.

Godeliève Richard, jeune femme d'une trentaine d'années, montera sur les planches de l'ABC à La-Chaux-de-Fonds les 12 et 13 septembre pour témoigner de la sensibilité à la pollution électromagnétique.  Le sujet est grave mais l'intéressée a choisi de l'aborder avec humour et légèreté avec le concours d'un comédien et d'un musicien.

"Innocenzo", le titre du spectacle, fait référence à un homme d'affaires italien qui, victime d'une utlisation excessive de son téléphone portable, a obtenu d'un tribunal la reconnaissance de la responsabilité directe des ondes dans sa tumeur cérébrale.  "Ce fait est le prétexte de notre spectacle s'inspirant directement de ce que j'ai vécu au cours des dernières années."



Marié à Jonathan Mirin, un Américain du Massachusetts, Godeliève Richard a ressenti au printemps 2010 les premiers symptômes d'un mal-être, dont elle n'identifiait pas alors l'origine.  "Je logeais pour quelque temps chez ma belle-màre à Boston.  Un matin, peu après mon réveil, j'avais des étourdissements suivis de maux de tête et de vomissements.  J'ai été hospitalisée aux Urgences où l'on évoqua la piste d'un virus".  Les choses en restèrent là, mais les symptômes se renforcèrent.  "Insomnies, picotements dans les doigts et les orteils, difficulté à réfléchir, difficulté à bouger les membres.  J'avais tout le temps l'impression d'être sur un bateau.  La perte d'équilibre menaçait à chaque instant.  Je ne pouvais plus danser", rapporte la jeune femme formée dans les meilleures écoles de France et des Etats-Unis.  Godeliève ne savait plus à quel saint se vouer.

Un enfer au quotidien

"J'ai rencontré des spécialistes de l'oreille interne, des nerfs et je suis passée aussi par les médecines douces".  La médecine conventionnelle s'avéra impuissante à poser un bon diagnostic, laissant la jeune femme s'enfoncer dans ce qu'elle qualifie a posteriori "d'enfer".  Les symptômes atypiques présentés par Godeliève soulevaient des interrogations parmi ses proches.  "Il y avait beaucoup d'incompréhension dans son entourage".  Il est vrai que cette pathologie ne s'explique pas a priori de manière rationnelle, laissant libre cours à toutes les interprétations.  "C'est une pollution invisible et inodore.  C'est une autre forme de radiation que le nucléaire", souligne Jonathan.

La jeune femme tombe sur un livre qui la met sur la piste des causes de sa souffrance.  "L'écrivain brossait un tableau clinique qui correspondait à ce que je vivais".  Elle pose enfin un mot sur la cause du problème qui empoisonne sa vie:  l'électrosmog.  Godeliève a vent de l'existence d'une clinique près de Saint-Gall censée lui apporter une solution.  "On ne peut malheureusement pas faire grand-chose pour vous sauf vous conseiller de déménager en forêt loin de toutes les antennes génératrices d'ondes".

Solution partielle

Le bout du tunnel arrive vers novembre 2012.  "Nous avons appris qu'il existait des harmonisateurs (climatetuner) destinés à neutraliser les ondes négatives circulant dans une pièce".  Cet appareil ne résout seulement qu'une partie du problème.  Il rend la vie de Godeliève plus confortable à l'intérieur du domicile, mais dès qu'elle s'expose aux rayonnements du dehors, les symptômes reviennent au grand galop.  "Il est difficile pour moi de me rendre en courses.  L'environnement extérieur m'est hostile".

Sans aller bien loin, Godeliève subit les effets néfastes de ces ondes.  "Si je descends au village des Ponts-de-Martel, je ne me sens pas bien à cause de l'antenne de téléphonie mobile se trouvant dans le clocher de l'église".  La seule alternative pour elle consiste à s'extraire de l'influence des ondes.  "Lorsque je vais en forêt derrière chez moi, je me sens assez bien".  La majorité de son temps elle le passe chez elle, le seul refuge, où elle n'est pas poursuivie par ces satanées ondes électromagnétiques.  A 38 ans, la jeune femme espère toutefois ne pas être condamnée à vivre recluse comme une nonne.

Spectacle ludique

"En France et aux Etats-Unis, il existe des régions vierges de tous ces systèmes générateurs d'ondes".  Godeliève montera sur scène à l'ABC, mais elle emportera avec elle son harmonisateur de poche.  "Il me permet de me protéger des ondes électromagnétiques".  Un appareil qu'elle prend également avec elle lorsqu'elle répond à l'invitation d'amis.  "Innocenzo", spectacle focalisé sur la prévention des effets néfastes de la pollution électromagnétique, n'en est pas moins poétique et ludique.  "J'aurai à mes côtés Jonathan, comédien, et Nathanël Morier, pianiste chaux-de-fonnier.  "Nous espérons qu'"Innocenzo" parle à des spectateurs qui seraient atteints du même problème ou qui connaîtraient dans leur entourage des gens présentant les mêmes symptômes.  J'aurais bien voulu savoir de quoi je souffrais avant.  Il faut savoir que le syndrome d'électrosensibilité est en augmentation.  On dit qu'actuellement 5% de la population est électrosensible", souligne Godeliève. /APR

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Innocenzo:  les 12 et 13 septembre, à 16h30 à l'ABC, La Chaux-de-Fonds

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