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14 sept. 2015

Les antennes nous rendent-elles malades?

Bel exemple de la diffusion de fausses informations sur l'électrohypersensibilité par les médias...

Les antennes nous rendent-elles malades?
par jay, electrosensible.info,
13 septembre 2015

Nous avons eu encore un grand moment de télévision ce 10 septembre dans l’émission Le magazine de la santé toujours sur le même sujet, la reconnaissance de handicap d’une électrosensible par le T.C.I de Toulouse.

Ce n’est pas la première fois que cette émission parle de la question des ondes, la dernière fois c’était avec une chronique de Rudy Bancquart sur la question des lobbys dans le domaine des ondes.

Ce coup-ci, ça sera Florian Gouthière qui reprendra le flambeau et après la rubrique de ce journaliste scientifique, vous n’aurez plus peur des ondes, par contre des antennes, un peu plus et bien sûr les électrosensibles étant dépeints comme des phobiques des ondes.

Pour le coup, on peut dire que ce journaliste a mis ceinture et bretelle avec son article sur le site d’allodocteurs, avec études scientifiques pour appuyer chaque argumentation, D’ailleurs il y a un encart sous-entendu sur l’étude Cochin, j’aimerais bien connaître sa source quant au fait que certains participants à cette étude vivraient en zones blanches…

Durant sa chronique, l’un des premiers arguments du journaliste c’est qu’il serait compliqué de définir l’électrosensibilité car il y aurait trop de symptômes différents, c’est comme-ci on disait que le stress ne pouvait pas non plus être défini puisque là aussi les symptômes sont tous différents suivant les individus et pourtant ce n’est pas ça qui arrête les médecins quand il s’agit de l’assimiler à un problème idiopathique.

Ensuite, il va évoquer une étude qui indique que dans 3 cas sur 5 les personnes se disant électrosensible déclenchent les symptômes dans les 5 minutes qui suivent l’exposition. Outre le fait qu’il s’agit de données subjectives puisque issues de questionnaires, ça veut donc dire aussi qu’il y a reconnaissance du fait que les réponses sont différentes selon chaque individu et que de fixer arbitrairement un temps d’exposition dans les études de provocation est un paramètre discriminant.

Toujours sur les protocoles de provocation, en plus de ne pas prendre en compte la latence entre l’exposition et l’arrivée des symptômes, il y a aussi le problème de la persistance dans le temps des symptômes. Ce n’est pas parce-que on ne s’expose plus au soleil, que l’on a plus de coup de soleil, idem pour les médicaments, la métabolisation prend un certain temps. Encore une fois on tombe dans le mythe de l’électrosensible détecteur d’ondes, à croire que les scientifiques ne veulent prendre en compte que les effets à court terme et éluder ceux à long terme.

Du coup l’argument des 1700 patients testés sans qu’aucun d’entre eux n’ait détecté si un émetteur était allumé ne tient pas la route puisque les protocoles de randomisation ne sont pas adaptés à la pathologie. De plus, ils introduisent souvent des biais, notamment psychologiques, en cause les conditions d’expérimentation ou encore la vue de l’émetteur. Puisque c’est bien cela que l’on essaye de savoir, si c’est la vue ou les ondes qui sont nocives. Même le fait de savoir que l’on va être exposé peut induire un effet anxiogène.

La seule concession que va être faite par ce journaliste, c’est que les ondes peuvent modifier les ondes cérébrales mais là encore pas de panique, aucun effet secondaire sur le sommeil n’est constaté. Il serait intéressant de savoir la durée de ce type d’étude, si c’est celle à laquelle je pense, c’est encore à court terme ou l’exposition a duré 5 jours alors que l’on est exposé des années et a différentes sources d’exposition.

Au final, la conclusion « surprenante » du journaliste sera que ce ne sont pas tant les ondes qui sont nocives mais la vue des antennes-relais et il va en remettre une couche en s’appuyant sur un fait-divers dans les hauts-de-seine ou des personnes auraient déclaré des symptômes allant jusqu’au saignement de nez alors que les antennes n’étaient pas alimentées.

Concernant l’électrosensibilité, il va citer l’académie de médecine qui déplore que la décision de reconnaissance de handicap ne soit pas fondée sur un argument scientifique et que les médias en ont fait quelque chose de tendancieux. Pourtant, dixit ce même le journaliste en début de partie, l’OMS reconnaît la souffrance des patients et c’est ça que l’expertise a reconnu en indiquant que « la description des signes cliniques est irréfutable » mais pas nécessairement que les ondes en étaient à l’origine.

La solution évidente à cette pathologie serait donc une prise en charge psychologique qui semblerait fonctionnée et bien sûr on revient encore à l’étude Cochin qui justement étudie cette question. D’ailleurs Michèle Cymes finira de nous achevé en indiquant que souvent dans leurs reportages, les personnes électrosensibles avaient un profil psychologique particulier.

Cette chronique est donc clairement à charge et personnellement je pense qu’il y a la présence d’un certain nombre d’éléments qui me font penser à un contre-feu de l’actualité de la fin août. Évocation du Professeur Belpomme sur le site et pas dans la chronique, information assez curieuse sur l’étude Cochin, orienté uniquement sur l’aspect psychologique, beaucoup de référence scientifique sur le site, peut être un peu trop, comme-ci on avait voulu blindé l’argumentation. Heureusement qu’il a été allumé en retard et que ça a fait un beau pshiiit puisque le temps des médias n’a pas permis à la mayonnaise de prendre.

@+ Jay
http://electrosensible.info/2015/09/13/les-antennes-nous-rendent-elles-malades/

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