Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

3 sept. 2015

Suisse : Toujours plus de maladies chroniques

Image d'illustration - On peut pointer du doigt notre
sédentarité, notre alimentation, la consommation excessive
d'alcool ou de tabac.  Image:  Keystone
Notre commentaire, "Facteurs environnementaux",  paru dans 24 heures le 9 septembre, suit l'article.

Toujours plus de maladies chroniques
par Caroline Zuercher, 24 heures, 
21 août 2015

Ces affections concernent plus d’un quart des Suisses. Un défi alors que la population vieillit

Elles sont devenues notre grand ennemi. Diabète, maladies cardiovasculaires, démences, dépressions, cancers… Les pathologies chroniques ne cessent d’augmenter. Dans notre pays, 2,2 millions de personnes en souffrent. Chez les plus de 50 ans, une personne sur cinq en a même plus d’une. Ces chiffres ressortent du rapport national sur la santé 2015, publié hier par l’Observatoire suisse de la santé (Obsan). Pour expliquer cette évolution, on peut pointer du doigt notre sédentarité, notre alimentation, la consommation excessive d’alcool ou de tabac… Surtout, la population vieillit. Côté positif, notre espérance de vie augmente (lire ci-contre). Mieux: notre espérance de vie en bonne santé s’accroît également. Côté négatif, le nombre de personnes souffrant de maladies chroniques continuera à augmenter fortement dans les décennies à venir. En 2011, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estimait déjà que les maladies chroniques seraient le principal défi sanitaire que notre pays devrait résoudre dans les années à venir.

Il faut dire que, jusqu’à présent, notre système de santé était centré sur la prise en charge de personnes atteintes de problèmes aigus. Or les affections chroniques représentent 80% des coûts directs de la santé et près de 90% de la charge de morbidité (pertes d’années de vie en bonne santé).

Les conseils de prévention sont connus. Que peut-on faire de plus? «Il est important de cibler les efforts sur les personnes défavorisées, qui sont davantage touchées par la maladie, répond Monika Diebold, directrice de l’Obsan. Et, au-delà des programmes disant aux gens comment agir, des mesures structurelles peuvent améliorer la santé de la population.» Des exemples? La médecin mentionne la création de pistes cyclables pour encourager les gens à se déplacer à vélo et celle de Pédibus pour que les enfants se rendent à l’école à pied.

Selon l’Obsan, il faut aussi porter une «attention accrue» aux maladies psychiques, qui peuvent entraîner des comportements à risque. Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de prendre en compte le point de vue des malades et de les considérer comme des partenaires pour qu’ils puissent s’autogérer. «Ce travail doit surtout être fait par les médecins, précise Monika Diebold. Trop souvent, nous considérons nos patients en termes de cas sans voir les personnes derrière.»

Stratégie nationale

Face à ces nouveaux défis, les choses bougent. En 2013, on recensait en Suisse 44 programmes de soins permettant une prise en charge globale d’adultes souffrant de maladies chroniques. Cette offre ne couvre toutefois pas l’ensemble des besoins. Une stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles (qui recoupent plus ou moins les maladies chroniques) a aussi été élaborée par la Confédération, les cantons et Promotion Santé Suisse. Elle est en consultation depuis le début du mois.

«Notre objectif est de mieux coordonner les différents efforts de lutte (par exemple contre le tabac et l’alcool ensemble), précise Catherine Cossy, porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Nous voulons aussi atteindre les gens dans leur espace de vie, en proposant par exemple des lieux où ils peuvent bouger.» Pour l’heure, ces concepts restent larges: ils devront être concrétisés dans un deuxième temps. (24 heures)

La santé en chiffres

Espérance de vie
La santé des Suisses est dans l’ensemble très bonne. Les femmes peuvent espérer vivre jusqu’à 85 ans, les hommes 81 ans. Cela nous place au 2e rang mondial, derrière le Japon. En 2012, une personne de 65 ans pouvait espérer vivre encore 14,2 années (femmes) ou 13,6 années (hommes) en bonne santé.

Hygiène de vie 
La part de la population physiquement active est passée de 63% à 73% en dix ans. Depuis vingt ans, une légère amélioration s’observe concernant le tabagisme et la consommation à risque d’alcool. Mais le taux de la population en surpoids est passé de 30% à 41% entre 1992 et 2012.

Diabète 
Chez les 55-64?ans, 9% des hommes et 6% des femmes sont concernés. Ces proportions grimpent à 18% et 9% dès 75 ans.

Santé mentale 
15% des jeunes filles (11-24 ans) et 8% des jeunes hommes affirment souffrir de symptômes dépressifs modérés à sévères.

Démence 
Selon certaines estimations, le nombre de personnes atteintes de démence pourrait passer de 110 000 aujourd’hui à 190 000 d’ici à l’année 2030.


Commentaire (courrier des lecteurs, 24 heures, 9 septembre 2015)
par Meris Michaels

Facteurs environnementaux

Selon un rapport national suisse sur la santé 2015, plus d'un quart de la population – 2,2 millions de personnes – souffre d'une maladie chronique. Parmi ces maladies, les cas de démence augmentent: le nombre de personnes atteintes pourrait passer de 110 000 aujourd’hui à 190 000 d’ici à l’année 2030. Les auteurs d’une étude de 2015 de l’Université de Bournemouth notent l’apparition des cas de démence chez les personnes plus jeunes (40-60 ans) et l’augmentation généralisée des décès par démence. Ils suggèrent que les changements environnementaux majeurs de ces dernières décennies peuvent être responsables: hausse de transport aérien et routier, présence des pesticides dans l'alimentation, utilisation des appareils électroniques émettant le rayonnement non ionisant, et surtout, l'interaction entre ces sources de pollution. Non seulement les cas de démence augmentent, mais aussi d'autres maladies: cancers, diabète, dépressions, maladies cardiovasculaires. Même les enfants, particulièrement vulnérables aux polluants, sont atteints de certaines de ces maladies.

Le vieillissement de la population, la sédentarité, la mauvaise nutrition, le tabac, l’abus de l’alcool ne sont pas entièrement responsables de ce fléau. La Suisse favorise les campagnes de "prévention" ciblant ces facteurs au lieu de mettre plus d'efforts pour dépolluer l’environnement. Bien que l'influence des industries polluants et du secteur de la santé qui profite de la maladie, soit considérable, nous pouvons préserver la santé par nos choix comme consommateur: acheter des produits agricoles locaux ou bio, réduire le rayonnement par l’adoption des connexions filaires, favoriser le transport publique.

http://www.24heures.ch/suisse/politique/Toujours-plus-de-maladies-chroniques/story/17827742

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