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13 nov. 2015

Suisse : L’hiver dernier, la grippe nosocomiale a tué 500 fois

"Quarante-cinq. C’est le nombre de patients qui sont morts d’une grippe l’hiver dernier aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), selon les chiffres officiels. En six ans, depuis que les médecins genevois surveillent de près la grippe, jamais elle n’avait été aussi meurtrière. Vingt-quatre de ces patients décédés l’ont attrapée alors qu’ils étaient déjà à l’hôpital." 

Ce commentaire du février 2014 a été rejeté par la Tribune de Genève :

La grippe sévit à l'hôpital : éteignez le Wi-Fi !
(A propos de l'article "La grippe sévit. A l’Hôpital, trois cas sur cinq se transmettent intra muros", Tribune de Genève, 30 janvier 2014)

Une mesure à prendre pour limiter la contagion de la grippe aux HUG serait d'enlever le Wi-Fi.  Les ondes électromagnétiques (EM) émises par le Wi-Fi - le même type d'ondes classées "peut-être cancérigènes" par l'OMS - diminuent la défense immunitaire, surtout chez les personnes déjà affaiblies par la maladie.  Etant sensible aux ondes, j'ai souffert de troubles du sommeil et d'une augmentation de la douleur pendant une hospitalisation : ma chambre se trouvait presque en face du router Wi-Fi desservant le long couloir.  Il est temps que l'hôpital cesses de faire sa publicité : "Wi-Fi pour le confort des patients" et se concentre davantage sur leur santé physique que sur leurs distractions.  De nombreuses études scientifiques indépendantes énumèrent les effets néfastes des ondes EM sur la santé.  L'Office fédéral de la santé publique recommande de ne mettre en fonction le réseau Wi-Fi que lorsque l'on en a réellement besoin.  Celui de l'hôpital rayonne non-stop sur les malades, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.  L'autre cause de la propagation de la grippe pourrait être le maintien des chambres à sept lits, une réalité obsolète en contradiction avec la mission des HUG d'offrir les meilleurs soins possibles aux patients.  Voilà un vrai progrès pour améliorer concrètement le confort des patients.

par Meris Michaels

L’hiver dernier, la grippe nosocomiale a tué 500 fois
par Titus Plattner et Dominik Balmer, Le Matin Dimanche, 8 novembre 2015

Malgré une grippe ultrameurtrière l’hiver dernier, seuls les hôpitaux romands prennent le mal au sérieux.

Quarante-cinq. C’est le nombre de patients qui sont morts d’une grippe l’hiver dernier aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), selon les chiffres officiels. En six ans, depuis que les médecins genevois surveillent de près la grippe, jamais elle n’avait été aussi meurtrière.

Vingt-quatre de ces patients décédés l’ont attrapée alors qu’ils étaient déjà à l’hôpital. La maladie leur a été transmise par un soignant, un médecin ou un visiteur. Ces personnes décédées étaient souvent âgées, affaiblies par d’autres maladies. Mais certaines seraient peut-être encore en vie.

Contrairement aux apparences, les HUG ne sont pas mauvais dans la lutte contre la grippe. Bien au contraire: il s’agit de l’établissement qui prend le plus de mesures pour lutter contre cette maladie. A Genève, le taux de vaccination du personnel est le plus élevé de Suisse, le port du masque pour le personnel et les visiteurs non vaccinés est obligatoire durant toute l’épidémie et il y a un contrôle serré du respect des mesures d’hygiène. Enfin, contrairement aux autres hôpitaux suisses, dès le moindre soupçon, les médecins demandent un dépistage systématique des virus influenza.

2300 morts de plus que les autres années

En fait, si les autres hôpitaux n’annoncent pas de décès, c’est simplement parce qu’ils n’en connaissent pas le nombre, puisqu’ils ne les recherchent presque pas. «En extrapolant les chiffres genevois, au moins 500 personnes sont mortes des suites de la grippe attrapée à l’hôpital l’hiver dernier en Suisse. C’est mathématique», estime le Pr Didier Pittet, médecin-chef du service de prévention et contrôle de l’infection des HUG. Un triste record, qui a aussi touché la population hors des hôpitaux.

Entre janvier et mars 2015, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a enregistré 2300 décès supplémentaires à la normale. C’est 18% de plus que les années précédentes. Et durant la deuxième semaine de février, carrément 30% de plus. «Cette surmortalité est essentiellement à attribuer à la grippe saisonnière», explique le Dr Christoph Juncker, chef de l’unité Statistique vitale et épidémiologie à l’OFS.

Il faut savoir que l’an dernier, le vaccin a été nettement moins efficace que d’habitude. Car durant les neuf mois nécessaires à la production des vaccins, c’est finalement une souche du virus qui n’avait pas été prise en considération qui a pris le dessus. Selon les spécialistes, ce «raté» est paradoxalement la preuve de l’efficacité des vaccins les années normales.

Bien meilleur vaccin que l’an dernier

Pour eux, le moyen le plus efficace d’éviter des morts reste la vaccination des patients à risque eux-mêmes, de leur entourage et du personnel hospitalier. «Pour l’instant, la prochaine grippe est encore dans l’hémisphère Sud. Mais les nouvelles que nous avons montrent que la couverture du vaccin à l’air excellente», assure Didier Pittet.

A l’Hôpital cantonal de Lucerne, le Dr Marco Rossi, qui dirige le service d’hygiène hospitalière, n’a pas la tâche facile. Son établissement est situé dans une région extrêmement hostile aux vaccins. Mais l’hiver dernier, pour la première fois, il a pu prouver lui aussi le décès d’un patient suite à une grippe nosocomiale, c’est-à-dire attrapée à l’hôpital. «L’homme n’avait que 70 ans et était plutôt en bonne santé», dit Marco Rossi.

Pour convaincre le personnel d’au moins porter le masque, le médecin a aussi fait effectuer des frottis naso-pharyngés chez 53 soignants volontaires: trois d’entre eux étaient porteurs du virus de la grippe sans le savoir et travaillaient sans porter de masque.

Si tous les hôpitaux romands ont imposé le port du masque pour le personnel non vacciné durant toute l’épidémie de la grippe, en Suisse alémanique, seuls Berne, Bâle et Winterthour l’ont imposé… dans certains services. «Parfois, je me dis que les choses avancent trop lentement, soupire le Pr Didier Pittet. L’Office fédéral de la santé publique a invité une de mes collègues pour expliquer en détail ce que nous faisons. Le rendez-vous avait été fixé neuf mois à l’avance: neuf mois, c’est justement la période de répit entre deux vagues de grippe. C’est une saison de perdue dans ce combat contre la grippe.»

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