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18 déc. 2015

Vaccins : il est temps d’en parler franchement

Le Pandemrix, du laboratoire GlaxoSmithKline
Biologicals S.A., l'un des vaccins contre la grippe A (H1N1)
Vaccins : il est temps d’en parler franchement
par Michèle Rivasi et Didier Lambert, reporterre.net, 18 décembre 2015

Le lien de confiance entre les Français et les vaccins s’est rompu. En cause, les scandales sanitaires et les conflits d’intérêt des médecins chargés des recommandations, alors que ce marché est très lucratif. Dans ces conditions, le débat national sur l’obligation vaccinale doit se dérouler dans la transparence.

Michèle Rivasi est députée européenne EELV, professeure agrégée en biologie. Didier Lambert est porte-parole de la campagne Pour des vaccins sans aluminium.

Face à la défiance des Français envers la vaccination, le premier ministre a confié le 28 février dernier une mission à Sandrine Hurel dans le but de formuler des recommandations concernant notamment l’obligation vaccinale . Ce rapport doit être suivi d’un débat national. Trois mois plus tard, la ministre de la Santé affirmait d’un ton péremptoire : « La vaccination, cela ne se discute pas. » Et lors des discussions sur la loi de santé, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, elle s’opposait à tous les amendements demandant la remise à disposition de vaccins sans aluminium. Cette opposition systématique à toute évolution augure bien mal du débat annoncé par le gouvernement !

Comment est-il possible de ne pas tenir compte des alertes scientifiques régulièrement rappelées par l’Association E3M, à l’initiative de la campagne Pour des vaccins sans aluminium ? Comment ne pas entendre la voix des citoyens qui signent par centaines de milliers les pétitions portées par E3M ou le Pr Joyeux, ou celle des 90 élus qui, dès 2013, demandait le retour de vaccins sans aluminium ?

Scandales sanitaires

La perte de confiance envers les vaccins marque la fin d’une époque : celle de la sacralisation de la parole des « sachants ». Fini, l’époque où les Français déléguaient aveuglément leur santé à leur médecin. Nous sommes maintenant dans une relation plus égalitaire entre le médecin et son patient, celui-ci ayant accès plus facilement à l’information scientifique. L’échange que cela permet est la garantie d’un choix éclairé dont on est peu habitué dans le domaine de la vaccination. Aussi, il ne faut pas craindre le débat sur la politique vaccinale française. Il faut faire confiance à l’intelligence collective, à la capacité de compréhension des uns et des autres, loin des oukases de l’ancien temps. Car comment ne pas être favorable à la vaccination quand on connaît les ravages du passé causés par la polio, le tétanos, la diphtérie ? Au XXe siècle, les vaccins ont permis, avec l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène et l’usage des antibiotiques, de diminuer fortement la mortalité infantile et d’éradiquer certaines maladies infectieuses. L’adhésion populaire a été immédiate, car le vaccin était un produit de santé. Il est malheureusement devenu, depuis les années 1980, un produit essentiellement marchand, ce qui a généré (et génère toujours) de nombreuses dérives qui ont alimenté la méfiance de nos concitoyens.

Deux scandales sanitaires de taille expliquent en partie cette perte de confiance à l’égard des vaccins : celui du vaccin contre l’hépatite B avec la vaccination de masse commencée en 1994 ayant entraîné plus d’un millier de cas de scléroses en plaques, de maladies de Guillain-Barré, de scléroses latérales amyotrophiques et d’autres affections auto-immunes telles que les myofasciites à macrophages… ; celui du vaccin contre la grippe H1N1 où 94 millions de vaccins ont été commandés avec un coût de 2,2 milliards d’euros pour la collectivité contre une pandémie qui n’en était pas une, comme l’avaient fait remarquer, dès le mois de mai 2009, les professeurs Marc Gentilini et Bernard Debré.

La question des adjuvants

D’autres motifs d’inquiétude pèsent sur les vaccins comme la question des adjuvants, à l’instar des sels d’aluminium vaccinaux dont les conséquences sur la santé sont maintenant avérées, comme l’indique la solide jurisprudence établie par le Conseil d’État.

Sur la sellette également : le vaccin Gardasil. Il est présenté comme prévenant le cancer du col de l’utérus, alors qu’il ne protège en réalité que des dysplasies dues à certains papillomavirus pouvant entraîner un cancer. À ce jour, il n’a fait la preuve ni de son efficacité ni de son innocuité alors que« le frottis de dépistage est le meilleur moyen de lutter contre le cancer du col de l’utérus ». Les indices inquiétants s’amoncellent sur le Gardasil, avec des dizaines de décès et des milliers de pathologies graves qui pourraient lui être imputables. Plus récemment, le Canard enchaîné a révélé la mort de deux nourrissons liée aux vaccins Rotarix et Rotateq contre la gastro-entérite recommandé après l’intervention de Jérôme Cahuzac.

Enfin, des chercheurs italiens (Stefano Montanari et Antonietta Gatti) alertent sur la présence de nanoparticules de métaux présents dans les vaccins. Outre des cancers, ces nanoparticules, non biodégradables, pourraient avoir un rôle actif dans la survenue de maladies cardiovasculaires, de thrombo-embolies pulmonaires, d’infarctus du myocarde, d’AVC… Deux cents vaccins sont aujourd’hui en voie de développement par les firmes pharmaceutiques alors qu’il n’y en avait que quelques dizaines il y a encore quelques années. Le chiffre d’affaire mondial lié à la vente de vaccins est passé de 6 milliards d’euros en 2006 à 20 milliards en 2012 et le marché atteindra 56 milliards en 2017.

Les conflits d’intérêt foisonnent

Pour qu’une politique vaccinale reçoive l’adhésion d’une population, le contenu des deux plateaux de la balance bénéfices-risques doit être parfaitement identifié, selon un processus d’évaluation qui donne toutes les garanties de transparence. Or, les mêmes ingrédients se retrouvent toujours dans les scandales sanitaires liés aux vaccins : les alertes sanitaires sont systématiquement ignorées, les effets indésirables sont officiellement sous-évalués, les conflits d’intérêts foisonnent.

La situation du professeur Daniel Floret comme président du Comité technique des vaccinations (CTV), est révélatrice. Le professeur Floret exerce des activités régulières avec Sanofi au sein du groupe « avancées vaccinales ». Il participe à des travaux scientifiques avec Bio Mérieux / Fondation Mérieux, GSK et Sanofi. Il intervient en formation continue lors de sessions organisées par les laboratoires GSK et Sanofi et participe enfin à des études cliniques pour Pfizer et GSK. M. Floret travaille aussi avec l’industrie pharmaceutique au sein du Réseau d’investigation pédiatrique des produits de santé (RIPPS) et entretient des liens étroits avec le LEEM (le syndicat de l’industrie pharmaceutique). Il est aussi membre de l’association Activ, qui bénéficie de financements importants de l’industrie pharmaceutique.

Cette situation n’est pas isolée, les deux-tiers des membres du CTV sont en situation de conflits d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. Le CTV conseille le gouvernement sur la politique vaccinale à mener en émettant des recommandations très suivies par les pédiatres. Comment accorder quelque crédit aux recommandations émises par cet organisme ?

Face au discrédit croissant pesant sur notre politique vaccinale, face au manque criant de transparence des procédures actuelles, face à l’omerta qui pèse sur les effets secondaires de nombreux vaccins, il convient de garantir la transparence du débat voulu par le gouvernement. Nous demandons à ce qu’il soit organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP). Cette autorité administrative indépendante apporte la garantie d’une démarche fondée sur les valeurs d’indépendance, de neutralité, de transparence, d’égalité de traitement. Les décisions qui en découleront favoriseront la mise en place d’une vraie politique vaccinale, dans l’intérêt commun et non pas de quelques-uns. Les citoyens pourront alors accéder en confiance à des vaccins sécurisés répondant à un réel besoin de santé publique.

Lire aussi : La vaccination massive H1N1 ? Une explication originale

Source : Courriel à Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Photos :
. Chapô : Pixabay (CC0/Domaine public)
. Campagne de vaccination : Flickr (Pnud/CC BY-NC-ND 2.0)
. Vaccin : Wikipedia (Grook Da Oger/CC BY-SA 3.0)

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