Mieux Prévenir

Comprendre le rapport entre la santé et l'environnement pour mieux protéger nos enfants et les générations futures.

13 janv. 2016

Nouvelles de Genève : L'hôpital mène une réflexion pour détecter plus rapidement et mieux prendre en charge les problèmes liés au stress des internes

« L’épuisement au travail est devenu l’ennemi public numéro un » en Suisse. La présence des technologies sans fil (Wi-Fi, smartphones) sur les lieux de travail pourrait être une des causes principales du burnout. A Genève, il y a du Wi-Fi partout dans les hôpitaux (HUG par exemple), cliniques, cabinets médicaux. Aux USA, les médias grand public se propagent les avertissements sur la dangerosité des appareils mobiles. L’American Academy of Pediatrics et l’Appel international de plus de 200 scientifiques engagés dans l’étude des effets biologiques et médicaux des ondes électromagnétiques sonnent l’alarme. Tout le corps médical devrait être sensibilisé aux risques pour la santé des technologies sans fil.

A l'hôpital de Perpignan (France), on est en train d'installer le Li-Fi (accès à l'Internet par la lumière) pour protéger le personnel et les patients - présents sur les lieux 24 heures sur 24 - contres l'exposition aux ondes électromagnétiques.

Au moins, tous les cabinets médicaux devraient suivre l'exemple de La Médiane (Ligue genevoise contre le cancer) qui n'a pas de Wi-Fi sur les lieux, par l'application du principe de précaution. (Commentaire par la rédactrice de "Mieux Prévenir".)

Les HUG veulent prévenir le burn-out de leurs jeunes internes
by Laurence Bézaguet, collaboration Catherine Focas, Tribune de Genève, 9 janvier 2016

Santé : L'hôpital mène une réflexion pour détecter plus rapidement et mieux prendre en charge les problèmes liés au stress des internes.

Fatigue intense, perte de contrôle et incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail: le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out est devenu un phénomène universel en raison du rythme de travail effréné de notre époque. Un fléau qui met énormément de gens à terre et qui coûte cher à la société. Le Secrétariat d’Etat à l’économie estime à 4,2 milliards de francs les pertes subies par l’économie publique en raison d’absences, de coûts de maladie et d’invalidité. Des entreprises veulent devancer ce mal ravageur. «En cas de sérieux burn-out, il faut deux ans pour réparer ses neurones et recharger ses batteries, littéralement à plat, observe Florence Coulin, qui gère une société de coaching. Alors de plus en plus de patrons font appel à des coaches pour le prévenir; il n’y a jamais eu autant de demandes de pré-burn-out à l’AI», poursuit la spécialiste.

Détecter plus vite

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) «se soucient depuis longtemps» de la santé de leur personnel, rappelle Jacques Hertzschuch, directeur des ressources humaines (lire ci-contre). Mais l’Hôpital est à présent déterminé à traquer plus spécifiquement le pré-burn-out auprès de ses jeunes internes. «Une réflexion est en cours pour les soutenir, révèle Jean-Michel Aubry, chef du Département de santé mentale et psychiatrie (DSMP) des HUG. Ces médecins en début de carrière investissent beaucoup et n’ont souvent pas le recul suffisant pour se protéger.» Longues journées, lourdeur de certaines pathologies, sens des responsabilités, stress lié à leurs nouvelles fonctions: les raisons ne manquent pas pour que ces hyperactifs, ayant bien souvent le désir de plaire à tout le monde, finissent par sombrer, épuisés.L’entourage est primordial pour y remédier, estime le professeur Aubry: «Il peut permettre de détecter plus vite les apprentis médecins à risques et d’intervenir avant que la situation ne se dégrade.» Soutien du cadre professionnel, certes, mais également une bonne hygiène de vie, des activités physiques légères et de la relaxation figurent parmi les remèdes préconisés. «Comme l’intensité du travail ne va pas changer, c’est la personne qui doit modifier son comportement pour éviter d’être prise dans la spirale», insiste le chef du DSMP.

Il évoque aussi la paperasse administrative, les directives toujours plus nombreuses et l’abondance de mails, qui ajoutent des contraintes et augmentent les tensions dans des métiers qui n’en manquent déjà pas. Sans oublier les restrictions budgétaires: «Le volume de travail croît et le temps passé avec les malades diminue immanquablement. Le médecin est, en outre, descendu de son piédestal. Avec Internet, des patients remettent en question son travail, parfois même de façon agressive. Tout cela favorise le stress.»

«Savoir dire non»

«A un certain moment, il faut savoir dire non dans cette société du sprint! Refuser certaines choses, déléguer, bien trier les priorités; mais aussi se changer les idées, se faire du bien en s’accordant des plaisirs, affirme le Professeur Aubry. Sinon c’est l’engrenage.» La coache Florence Colin ajoute: «Oui, on est jetable dans le monde professionnel! Parfois, quand la situation devient beaucoup trop toxique, il faut oser partir pour sauver sa peau. Il n’y a pas que le travail dans la vie.»

Et des changements se manifestent. Des entreprises interdisent désormais à leur personnel de répondre aux mails durant les week-ends. Pour pleinement profiter des congés, on doit décrocher. (TDG)

Rôle protecteur des HUG et de l’Etat

«Charge de travail, émotions très fortes (décès, polytraumatisés) et incivilités des patients et des familles en hausse depuis dix ans: nos médecins sont particulièrement exposés au burn-out», remarque Jacques Hertzschuch, directeur des ressources humaines (RH) des HUG. «On tente donc de les accompagner pour éviter qu’ils ne sombrent. Et cela au plus vite.»

Le responsable RH confirme à ce propos la réflexion en cours sur les jeunes internes. A Genève, au début des années 2000, le Dr Jacqueline Torgler avait déjà effectué une étude auprès de 410 médecins assistants, révélant alors un risque de burn-out de 40% dans cette population.

D’une manière plus générale, le Service de santé du personnel des HUG a développé, il y a environ quatre ans, un programme d’accueil des nouveaux médecins. «Durant la journée et demie dédiée à leur intégration, on aborde la question du burn-out et du stress posttraumatique, précise Jacques Hertzschuch. On souhaite les rendre attentifs aux symptômes pour qu’ils puissent identifier les problèmes. L’écoute de la souffrance de l’autre empêche bien souvent le médecin de prêter attention à la sienne!»

Mais le burn-out n’est pas qu’un problème individuel; l’interaction entre la personne qui craque et les structures qui l’entourent est en cause. «Nous sensibilisons l’ensemble de nos collaborateurs et plus particulièrement nos cadres à être attentifs à l’environnement de travail», informe le directeur RH.

Relevons encore que sous la houlette de son Office du personnel, l’Etat développe plusieurs actions afin de réduire l’absentéisme en général, dont le taux moyen s’élevait à 4,79% en 2014.

Après un projet sur les absences de courte durée, l’accent est mis actuellement sur les absences de longue durée sous le nom du projet «Retour au travail».

«La volonté est de responsabiliser les cadres, explique Henri Roth, secrétaire général adjoint chargé de communication au Département des finances. En cas d’absentéisme élevé, il s’agit de ne pas se limiter aux aspects strictement médicaux, mais de s’intéresser aux causes des absences, aux relations interpersonnelles, à l’organisation du travail, aux équilibres, à la reconnaissance. En d’autres termes, ne pas se dire que c’est la faute à pas de chance, ne pas cacher les choses sous le tapis.»

L.B.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Les-HUG-veulent-prevenir-le-burnout-de-ses-jeunes-internes/story/17256723

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