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11 févr. 2016

France : Ondes : dans les P.-O., des cures en zone blanche pour les électrohypersensibles

Anne-Laure Mager, présidente électrohypersensible de
"Perdons pas le fil". AFP
Ondes : dans les P.-O., des cures en zone blanche pour les électrohypersensibles
midilibre.fr, 8 février 2016

L'association “Perdons pas le fil” souhaite créer dans les P-O la première zone en France préservée des ondes électromagnétiques.

Au milieu d'une chênaie qui s'étend à l'infini, une poignée de mas aux pierres de granit surplombent un ruisseau. C'est ici, sur la commune d'Amélie-les-Bains (P-O), que “Perdons pas le fil”, association nationale qui défend lesélectrohypersensibles (EHS, personnes allergiques aux ondes), entend créer la première zone en France préservée de tout électromagnétisme. Sa présidente, la Perpignanaise Anne-Laure Mager, mène un combat à rebrousse-poil dans le concert de ceux qui réclament la couverture tous azimuts par la téléphonie mobile. "Nous, nous voulons maintenir des zones blanches (Ndlr, sans réseau), explique-t-elle. Ces zones pourraient devenir des refuges où “se ressourceraient” les EHS." Car l'électrosensibilité est "comme une allergie". "Il suffit d'aller dans une zone protégée pour se désintoxiquer", au moins temporairement, dit-elle.

Entre 2 000 et 2 500 EHS en France

La présidente a elle-même constaté les bienfaits de ces "séjours de cure en zone blanche", comme elle les appelle. La jeune femme de 29 ans, reconnue handicapée EHS en 2011, avait dû blinder sa maison de Perpignan pour faire barrage aux ondes. Et pour sortir, elle se couvrait d'un épais foulard tissé de fils de cuivre afin de limiter les souffrances provoquées par les ondes : céphalées insupportables, pertes de la mémoire, troubles de la concentration... Mais elle va mieux depuis, grâce notamment aux séjours en zone blanche "qui m'ont permis de sortir la tête de l'eau", dit-elle aujourd'hui. "J'ai passé trois semaines ici. Je me suis retrouvée à faire des choses que je ne pouvais plus faire. C'était magique", observe-t-elle.

"Le mobile ? On vit sans"
Madhu Elvin, propriétaire d'un gîte à Amélie-les-Bains


"C'est la vie d'hommes et de femmes qui est en jeu. Certaines personnes ont atteint un tel niveau d'intolérance qu'elles ne peuvent plus du tout se rendre en ville", souligne la jeune femme. Il existe en France entre 2 000 et 2 500 EHS. Quant aux simples électrosensibles, ils représenteraient de "2 à 5 % des populations en Europe", selon la Commission de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM). La création d'un refuge pour EHS "serait une première en France", ajoute la Perpignanaise. Un autre projet existe à Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes) mais la mairie est réticente.

Une première en France

À Amélie, la commune n'est "pas opposée", indique son directeur de cabinet, Philippe Lenglet : "Mais nous en sommes encore aux balbutiements". Le hameau concerné "remplit tous les critères" : aucun réseau n'existe et ses habitants (une vingtaine à l'année dans six maisons isolées) "ne veulent pas de couverture" mobile, selon Anne-Laure Mager.

"Le téléphone mobile ? On vit très bien sans", confirme Madhu Elvin, propriétaire d'un gîte où peuvent séjourner une quarantaine de touristes. Cette Britannique y vit à l'année avec une dizaine de personnes, dont sept enfants. Mais "on n'est pas coupé du monde", s'empresse-t-elle d'ajouter, car le mas a une ligne téléphonique - fixe -, ainsi qu'une connexion internet, par satellite, qui n'émet pas d'ondes, à la différence du wifi. Dans ce qui pourrait devenir le refuge des EHS, Anne-Laure Mager a trouvé un gîte à vendre qui pourrait accueillir les ermites des ondes. Mais il faut débourser 600 000 € et, surtout, il faut avoir "la garantie" que la zone ne verra jamais fleurir un pylône de téléphonie mobile. Pour se faire aider, “Perdons pas le fil” a frappé à toutes les portes : le ministère de l'Environnement, le secrétariat d'État aux handicapés et celui au Numérique. Mais sans susciter d'enthousiasme.

L'Assemblée nationale accueillera, jeudi 11 février, de 14 h à 18 h, un colloque pour la reconnaissance de l'électrosensibilité.

http://www.midilibre.fr/2016/02/06/a-amelie-les-bains-des-cures-de-zone-blanche,1282382.php

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