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14 févr. 2016

France : Toulouse : Antennes relais : la fronde des riverains contre les opérateurs

Antennes relais : la fronde des riverains contre les opérateurs
par Gérald Camier,
ladepeche.fr,  10 février 2016

Dans l'agglomération toulousaine, cernée par les antennes de téléphonie, la bataille des collectifs de riverains continue contre les opérateurs de plus en plus gourmands.

On les avait presque oubliées tant elles épousent aujourd'hui le paysage urbain. Mais les antennes relais, qui se multiplient dans la Ville rose (plus de 450) et qui peuvent rapporter 15 000 euros par an à certaines copropriétés, n'ont pas toujours la vie facile et nombreux sont les collectifs de riverains à monter au créneau dès qu'un opérateur de téléphonie jette son dévolu sur un immeuble. Cette fois, c'est le collectif enfants sans antennes (Cesa), avenue Jean-Rieux à Toulouse, qui s'inquiète de la prochaine installation de trois antennes relais par l'opérateur Free qui a déposé une demande en mairie. Pour les habitants du quartier, c'est l'antenne de trop.

«Après l'installation en décembre 2010 d'une antenne relais SFR sur le toit de l'immeuble du 213 avenue Jean-Rieux, malgré près de 1 000 signatures manifestant leur opposition au projet, Free projette de poser trois antennes supplémentaires (…), explique Géraldine Castex, porte-parole du collectif. Dans le quartier, c'est trop. Certains voisins se plaignent de maux de tête, d e vertiges, c'est simple, même les oiseaux ont disparu». Le problème est récurrent à Toulouse et pour la Métropole, où les revendications des collectifs ne sont pas toujours prises en compte.

Quarante demandes par an

En novembre dernier, l'association Antennes 31, qui fédère et soutient les collectifs du département de la Haute-Garonne sur la question de l'électrohypersensibilité, a envoyé un courrier aux élus de la communauté d'agglomération, regrettant de ne pas avoir fait partie des débats lors de l'élaboration d'un projet de charte «concernant l'implantation des antennes-relais de téléphonie mobile et donc l'exposition des populations aux champs électromagnétiques artificiels». Le maire (LR) de Toulouse et président de la Métropole laisse entrevoir dans sa réponse la possibilité d'éviter toute controverse en matière de santé publique.

En s'appuyant notamment sur le fait qu'un «dossier d'information peut comprendre, à la demande du maire, une simulation à l'exposition aux champs électromagnétiques générée par la future installation». Ceci, dans le cadre de la loi Abeille de février 2015 «relative à la sobriété, à la transparence, à l'information et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques». Pour autant, rien n'arrête l'appétit grandissant des opérateurs qui occupent le marché français : Orange, Bouygues, Free, Numéricable-SFR font en moyenne une quarantaine de demandes d'installation par an.

Le chiffre : 450

antennes relais >Sur le territoire de Toulouse. C'est environ le nombre d'antennes de téléphonie mobile qui hérissent les toits de la Ville Rose. La mairie reçoit en moyenne quarante demandes d'installation par an de la part des principaux opérateurs.

Des dangers pour la santé ?

Selon le dernier rapport du Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (CSRSEN), indépendant de la Commission européenne, «les résultats des recherches scientifiques actuelles, aucun effet néfaste sur la santé n'est établi si l'exposition reste inférieure aux niveaux fixés par les normes en vigueur».

Toutefois, cette conclusion est relativisée par les experts qui précisent que «certaines études ont indiqué un lien entre lesCEM (champs électromagnétiques) produits par les téléphones portables et un risque accru de cancer du nerf vestibulocochléaire (ou auditif) ou de tumeurs du cerveau. Cependant, d'autres études n'ont pas confirmé ce lien et l'une d'entre elles, en particulier, suggère d'interpréter ce lien avec prudence : l'incidence des tumeurs correspondantes n'a pas augmenté depuis l'apparition des téléphones portables».

Gérald Camier

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