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22 févr. 2016

France : Vers une «zone blanche» dans la vallée de l'Artillac

Le petit village d'Esplas-de-Sérou.  La municipalité a fait bon accueil à
l'idée de création d'une zone blanche, dans la vallée qui descent vers
Castelnau-Durban.  Photo DDM, L.G.
"Les électrosensibles sont des personnes très isolées, en errance, à la recherche de lieux protecteurs... Ils vivent dans des conditions extrêmement précaires. Ils ont souvent dû quitter leur emploi et leur maison."

Vers une «zone blanche» dans la vallée de l'Artillac
par Laurent Gauthey, ladepeche.fr, 18 février 2016

Le hameau abandonné de Sabar, à Esplas-de-Sérou, accueillera-t-il la première «zone blanche» d'Ariège ? La population accueille favorablement le projet. Une association a été créée pour l'aider à voir le jour. Mais de nombreux écueils subsistent.

C'est un petit coin de Séronais à la nature sauvage, qui abrite une foule de petits hameaux pittoresques au détour de routes moins larges que le capot d'une voiture. Dans ce coin préservé, et plus particulièrement dans la vallée de l'Artillac, une entaille vertigineuse entre Esplas-de-Sérou et Castelnau-Durban, une association, regroupée autour de Béatrice M… (1), électrosensible, espère faire naître la première zone blanche du département.



Depuis six ans, Béatrice explique vivre un calvaire, un chemin de croix pour se protéger d'ondes qui dégradent inexorablement sa santé. Quand les premières douleurs sont survenues, elle vivait «une vie normale», se souvient-elle : ordinateur, téléphone portable, wifi… Puis, elle s'est rendue compte que ses malaises de plus en plus fréquents (maux de tête, fatigue, baisse des défenses immunitaires) disparaissaient quand elle se protégeait des ondes. Depuis, c'est une fuite éperdue pour leur échapper. Béatrice M… a quitté son ancienne maison voici cinq ans, en a acheté une nouvelle qu'elle a du quitter une nouvelle fois, avant de s'établir dans la forêt de l'Artillac, à Esplas-de-Sérou. Sous tente, puis en caravane, au milieu des bois. Avec le soutien d'un petit groupe d'électrosensibles, elle veut aller plus loin : «Pour nous, électrosensibles, une “zone blanche”, c'est tout simplement une question de survie», résume cette sexagénaire.
À la recherche de lieux protecteurs

«Les électrosensibles sont des personnes très isolées, en errance, à la recherche de lieux protecteurs, reprend son frère, Jean-Michel, cadre dans une grosse société du Lot-et-Garonne. Ils vivent dans des conditions extrêmement précaires. Ils ont souvent dû quitter leur emploi et leur maison. Ma sœur s'est retrouvée dans un état de délabrement économique et social inquiétant. Elle avait pourtant une situation professionnelle reconnue et stable».

Désormais, une association s'est créée (2). Et les premières démarches donnent de l'espoir. «Nous avons reçu un bon accueil du maire d'Esplas-de-Sérou, François Velter, reprend Béatrice M… La population soutient en grande partie le projet. Une pétition a été diffusée, favorable à la création de cette zone blanche». Le secteur pourrait être celui de la vallée de l'Artillac, à proximité de l'ancien hameau de Sabar, aujourd'hui abandonné, et propriété de la commune, qui voulait y installer un éco-village. Mais restent de nombreux écueils, le financement notamment. Et un enjeu principal : avoir l'assurance que cette zone blanche, libre de toutes ondes, le restera dans le temps. L'association a pris attache avec les élus, pour obtenir des opérateurs qu'ils s'engagent à respecter cette zone blanche. Durablement.

(1) Prénom d'emprunt. Cette personne électrosensible veut garder l'anonymat, pour raisons professionnelles. L'électrosensibilité suscite trop souvent des réactions défavorables ou de rejet.

(2) «Zone blanche en vallée de l'Artillac-Ariège». Tel 05 61 03 63 27 ou 06.74 373 782.
Demain soir, un film et une conférence

Ce vendredi, à Engomer (18 heures, à la salle polyvalente), l'association «Zone blanche en vallée d'Artillac-Ariège» propose un double rendez-vous : «Les ondes et la santé, basses et hautes fréquences, conséquences sanitaires, protection», une conférence animée par l'enseignante Laurence Bessis et la projection du film de Marc Kahnne, «recherche zone blanche désespérément», où le documentariste a recueilli le témoignage de nombreuses personnes électrosensibles. Le projet de «zone blanche» sera présenté pour conclure le rendez-vous.

Laurent Gauthey

http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/18/2279202-vers-une-zone-blanche-dans-la-vallee-de-l-artillac.html

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