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29 févr. 2016

Suisse : Pour des zones sans smartphones

"On ne veut pas se couper du monde", Vincent Steullet,
maire de Soubey (JU).  Image:  Laurent Crottet
Pour des zones sans smartphones
par Vincent Donzé, Le Matin, 18 janvier 2016

Téléphonie - Une conseillère nationale bernoise réclame un territoire pour les électrosensibles. Une idée qui a fait un flop dans un village jurassien.

Désigner une zone blanche certifiée sans ondes, c’est la volonté politique défendue par la conseillère nationale socialiste bernoise Margret Kiener Nellen, rejointe par 27 politiciens. Ni natel ni wi-fi? Ce paradis est promis aux électrosensibles pour qui les rayons sont une souffrance. Mais le chemin vers une réalisation est encore long.

Maux de tête? Troubles cardiaques? Sommeil perturbé? «C’est scientifique: les bébés et les aînés ont les nerfs plus à fleur de peau», affirme l’avocate bernoise, pour qui les électrosensibles ne sont pas malades psychiquement.

Dangerosité en doute

Les avis divergent sur la nocivité des rayonnements non ionisants sur la santé. Pour en avoir le cœur net, Margret Kiener Nellen préconise d’étatiser des recherches scientifiques financées jusqu’ici par le secteur de la téléphonie. L’idée maîtresse est de créer une sorte de laboratoire dans une commune sans électrosmog.

La démarche de la parlementaire va à contre-courant de la tendance actuelle, puisque la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national s’est prononcée la semaine dernière en faveur d’une puissance accrue des antennes de téléphonie mobile.

Désigner une commune ou une région temporairement exempte d’électrosmog? «Pas chez nous: qu’ils aillent au Kamtchatka», s’exclame Vincent Steullet, maire de Soubey (JU). Son prédécesseur, Samuel Oberli, voulait pourtant faire de sa commune un village sans antennes en 2010, mais son projet a fait un flop.

Supprimer l’antenne Swisscom fixée sur l’ancienne école pour attirer des nouveaux résidents? Ce projet n’a pas seulement été repoussé par les citoyens réunis en assemblée communale, mais, à deux pas de la frontière, il était rendu caduc par les antennes françaises dix fois plus puissantes que les suisses. Autre problème relevé par l’Office fédéral de la communication (OFCOM): un privé peut installer une antenne chez lui.

L’eau du Doubs a coulé sous le pont de Soubey et, désormais, les cinq élus possèdent tous un téléphone ou un smartphone dans la poche. «On ne veut pas se couper du monde», résume Vincent Steullet.

La population s’érode doucement, passant en six ans de 158 à 136 habitants. La commune a-t-elle raté une occasion de se repeupler en attirant des électrosensibles? «Non! Ce sont tous des spéciaux! On ne va pas pénaliser tous les citoyens pour deux ou trois électrosensibles», tranche le maire de Soubey.

Quand quelqu’un se renseigne sur un logement, «la première chose qu’il demande, c’est la qualité du réseau», selon Vincent Steullet. Vers quelle région se tournera Margret Kiener Nellen? «N’importe où, du moment que les autorités d’une commune pauvre en électrosmog manifestent de l’intérêt pour cette expérience», indique l’avocate bernoise par téléphone… portable.

(Le Matin)

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