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14 mars 2016

Quel danger représente l'électrosmog ?

(Choix d'image par Rédactrice de "Mieux Prévenir")
Excellent article, citant le docteur Peter Källin, président de Médecins en faveur de l'environnement.

Quel danger représente l'électrosmog ?
par Manuela Specker, CSS Magazine, 1 / 2016
(magazine de CSS Assurance - 1,77 million assurés)

Le docteur Peter Källin est spécialiste en médecine générale et président de l’association « Médecins en faveur de l’environnement ». Cette organisation examine les répercussions sur notre santé qu’ont les influences environnementales. Font également partie de ces influences les rayonnements non-ionisants, communément appelés électrosmog, ou pollution électromagnétique. « De plus en plus d’éléments suggèrent que la pollution électromagnétique, même inférieure aux valeurs limites, est néfaste pour la santé », explique Peter Källin.

Il se réfère à des études selon lesquelles les ondes émises par les téléphones mobiles modifient d’importants processus cellulaires. Les utilisateurs assidus présentent en outre un risque accru de développer une tumeur au cerveau. Pourtant, ces conclusions n’estiment pas les conséquences sur le long terme. Comme très souvent, il existe aussi des études qui parviennent à d’autres résultats. Ce n’est toutefois pas une raison pour baisser la garde : « C’est précisément parce que nous disposons d’indices que la prévention est la seule bonne réponse face à ces incertitudes », ajoute le docteur Källin.

« Cancérogène possible » selon l’OMS

En 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les ondes émises par les mobiles dans la catégorie des « cancérogènes possibles ». « Eviter ce qui est évitable », tel est le slogan de « Médecins en faveur de l’environnement ». Dans cette perspective, l’association souhaite notamment sensibiliser le public au fait que l’impact quotidien de l’électrosmog ne cesse d’augmenter.

Et pour cause : si, auparavant, les gens montaient au créneau à cause de la crainte que suscitaient les antennes de téléphones mobiles pour la santé, il est aujourd’hui devenu évident de laisser son wifi activé à la maison 24h sur 24 et de dormir à côté de son portable. Il y a actuellement en Suisse plus de téléphones mobiles que d’habitants. Peter Källin critique le fait que la population soit bien trop peu informée sur la façon d’utiliser les nouveaux moyens de communication et d’échange d’informations en réduisant la pollution électromagnétique. « Il faut enfin thématiser au sein de notre société éclairée la problématique de l’utilisation raisonnable de ce type d’appareils », conseille Peter Källin.

« Beaucoup laissent leur smartphone sur la table de nuit sans savoir que, durant leur sommeil, l’appareil continue à traiter les messages qui arrivent et à émettre des informations », affirme Peter Källin. « Nous observons avec une grande inquiétude que chez les enfants et adolescents déjà, l’impact de l’électrosmog a fortement progressé ces dernières années. » Ils sont particulièrement sensibles aux influences de l’environnement, car ils sont encore en train de grandir. En outre, représentant le groupe de population ayant la plus grande longévité, ils sont les plus concernés par d’éventuelles conséquences sur le long terme.

D’après une récente étude de l’Université de Bâle publiée en 2015, 93% des 12 à 17 ans possèdent un téléphone mobile. Seuls 17% éteignent leur smartphone pendant la nuit. Or, la question ne concerne pas uniquement l’exposition aux ondes, mais aussi le repos nocturne. L’étude bâloise a constaté que plus les jeunes sont fréquemment réveillés durant leur sommeil par l’arrivée de messages, plus ils sont fatigués durant la journée, s’épuisent rapidement jusqu’à avoir l’impression d’être malades ou sont sujets à des maux de tête et à des troubles de la mémoire.

Reconsidérer sa propre attitude

La réaction à l’électrosmog est bien sûr une affaire très personnelle. « Les personnes qui supposent que l’électrosmog accentue ou cause leurs douleurs devraient réduire autant que possible leur exposition aux ondes », indique le docteur Källin. Depuis 2008, l’association a mis en place une hotline pour les gens qui lient leurs problèmes de santé aux influences de l’environnement. Pour des raisons de capacité, la hotline n’est active qu’une fois par semaine pendant deux heures. La plupart du temps, les personnes qui appellent se plaignent de ne pas supporter le wifi. Les symptômes peuvent par exemple consister en des troubles de la concentration, une fatigue et des maux de tête – des symptômes qui toutefois pourraient avoir une origine toute différente. Mais, à cause des incertitudes évoquées quant aux conséquences sur le long terme, il est judicieux de reconsidérer sa propre attitude face aux appareils électroniques. En effet, il est relativement simple de réduire son exposition aux ondes (voir [ci-dessous]).

Plus d’informations sur « Médecins en faveur de l’environnement » sur www.aefu.ch

Réduire l’électrosmog

Il existe de nombreuses possibilités pour réduire l’exposition aux champs électromagnétiques chez soi. Quand il s’agit d’appareils, Peter Källin emploie trois règles : débrancher, éteindre, s’éloigner.

Voici encore quelques conseils concrets :

- Brancher Internet à un câble plutôt qu’au wifi
- Eteindre l’appareil connecté au wifi en cas de non-utilisation
- Adopter un téléphone avec fil plutôt que sans
- Dévier à la maison son mobile sur le réseau fixe
- Toujours mettre des écouteurs pour les longues conversations sur un mobile et poser le téléphone sur la table ou, sinon, utiliser le haut-parleur du téléphone

https://issuu.com/css-magazin/docs/cssm_f_1_16

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