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1 juil. 2016

France : Hyperélectrosensible, Viollette ne sait pas où passer le bac

[Viollette a enfin trouver un endroit où l'exposition aux 
ondes EM pulsées est relativement faible pour passer son
épreuve de Français.] Photo DR
(MISE A JOUR):  Une solution trouvée pour Viollette
La Dépêche du Midi, 15 juin 2016

Un accord a été passé entre Viollette, une jeune fille de 16 ans hyperélectrosensible, sa famille et le rectorat, à Toulouse, en charge de l'aménagement des épreuves du bac pour que l'adolescente puisse passer l'oral et l'écrit de français, en fin de semaine.

Pour l'écrit, c'est le gymnase du centre hospitalier du Couserans, à Saint-Girons, qui a été choisi. Pour l'oral, il s'agit de la ludothèque du lycée du Couserans, toujours à Saint-Girons.

Des mesures effectuées par les Robins des Toits ont démontré, en effet, que l'exposition aux ondes électromagnétiques pulsées y est relativement faible et pourraient être supportées par la jeune fille. De son côté, le rectorat de Toulouse a validé ce choix, conforme à ses attentes en matière de sécurisation et de confidentialité de l'épreuve.

«C'est une victoire», a réagi la maman de Viollette, jointe hier soir par téléphone. La jeune fille, de son côté, se dit «rassurée et contente» et va pouvoir désormais se consacrer à ses révisions.

Le cœur léger.

Hyperélectrosensible, Viollette ne sait pas où passer le bac
ladepeche.fr, 13 juin 2016

À quelques jours de l'épreuve de français du bac, Viollette G…, 16 ans, ne sait toujours pas où elle pourra passer l'examen. L'adolescente est hyperélectrosensible depuis plusieurs années et suit sa scolarité à domicile. Trouver un endroit adapté pour le bac ressemble à un casse-tête.



Pour Viollette, le stress du bac est double. Il y a d'abord l'angoisse de l'épreuve et des révisions, et ce n'est pas rien. Mais il y a une incertitude de plus, et de taille : «Je ne sais pas où je vais pouvoir passer les épreuves, confie l'adolescente de 16 ans. Je suis convoqué au lycée du Couserans. Mais je ne peux absolument pas y passer l'examen».

Depuis plusieurs années, la jeune fille est scolarisée à domicile et suit ses cours par correspondance : elle est hyperélectrosensible, une souffrance diagnostiquée lors de son entrée en classe de 5e.

«Cette année-là, dès la rentrée, j'ai commencé à souffrir de violents maux de tête, confie Viollette. Ils passaient quand j'étais à la maison et reprenaient quand je me trouvais au collège. Petit à petit, je me suis aperçue qu'ils étaient déclenchés par l'exposition aux ondes. Or, une antenne avait été installée au cours de l'été à proximité du collège. Il était passé à la 3G. Le lien entre les deux est devenu évident. C'est comme quand on met la main sur une bougie : ça brûle, il faudrait être idiot pour ne pas se rendre compte d'où ça vient».

Pour Viollette, la vie quotidienne s'est alors organisée autour de cette souffrance. Une consultation auprès du professeur Belpomme, spécialiste de ces pathologies, lui permet de mettre un nom sur sa maladie. Depuis, elle fuit toute exposition aux ondes : pas de téléphone portable, pas de connexion internet et la recherche de loisirs adaptés : l'aïkido dans un gymnase peu touché par les ondes ou la… spéléo. Tout en poursuivant ses études à la maison.

L'adolescente termine sa classe de première. Et le bac français approche. «Mon souci, c'est de trouver un endroit adapté, reprend Viollette. Au lycée, ce n'est pas possible. Chez moi, le rectorat s'y oppose. Il refuse aussi l'idée d'une salle de la mairie d'Encourtiech».

Deux pistes sont encore explorées (lire ci-dessus) : une salle du centre hospitalier ou d'un établissement scolaire.

Reste que le stress de la jeune fille augmente de jour en jour, faute de solution. «Avec tout ça, je n'ai pas trop la tête aux révisions», conclut l'adolescente, qui demande à être considérée «comme une citoyenne à part entière». Presque un sujet de philo du bac.

De la bonne volonté, mais pas de solution

Le défenseur des droits Jean Parra, saisi du dossier le 24 mai dernier, l'assure : l'Éducation nationale fait preuve de bonne volonté, même si aucune solution n'a encore été trouvée : «Le rectorat cherche activement un aménagement de l'épreuve pour cette lycéenne, explique-t-il. Les choses avancent à petits pas, alors même que l'électrosensibilité n'est pas reconnue. Le rectorat s'est arrêté sur deux solutions : un centre hospitalier ou un lieu protégé d'un établissement scolaire. Mais l'administration demande que des mesures soient réalisées pour être certain de l'absence d'ondes». Reste que la date de l'épreuve approche. Et Jean Parra espère qu'une solution pourra rapidement voir le jour.

http://www.ladepeche.fr/article/2016/06/13/2364137-viollette-ne-sait-pas-ou-passer-le-bac.html

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