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30 août 2016

Suisse : La Ritaline s'impose parmi les salariés et les étudiants

L'usage de ce médicament s'est élargi.  Selon Swissmedic,
en dix ans, la quantité de Ritaline vendue en Suisse a triplé.
Elle est passée de 140 kilos en 2005 à 346 en 2014.
Image:  Keystone
Notre commentaire:  Cela ne fait aucun sens.  Des facteurs comme l'usage excessif des technologies sans fil diminuent la concentration et la performance.  Pourquoi pas adopter un comportement sain, en limitant ces facteurs stressantes, par exemple, en réduisant l'usage de ces technologies, au lieu de prendre un médicament dangéreux et addictif?

La Ritaline s'impose parmi les salariés et les étudiants
par Hélène Joaquim, 24 heures, 27 août 2016

Santé : De plus en plus de Suisses utilisent ce médicament controversé pour améliorer leurs performances. Témoignage.

La première fois qu’Amanda a pris de la Ritaline, elle avait 18 ans, et était au gymnase. «J’avais une quantité immense de travail avant mes examens et je n’en voyais pas le bout. Une amie hyperactive m’a proposé un comprimé en me disant que je bosserais super efficacement», raconte l’étudiante en sociologie. Et cela a été le cas: «J’ai terminé mon programme en un après-midi!» Un an plus tard, avant ses examens de maturité, Amanda commence à avoir beaucoup de mal à se concentrer. «Je n’enregistrais plus rien, c’était horrible. Je suis allée voir mon psy et lui ai expliqué le problème en lui demandant de la Ritaline, raconte-t-elle. Il a décelé chez moi un léger trouble de l’attention et m’en a prescrit car il ne voulait pas que j’en prenne sans un cadre médical adapté.»

Gérer les symptômes 

En effet, quel que soit son objectif, la prise de Ritaline doit être scrupuleusement encadrée. «Il est important qu’une prise en charge psychothérapeutique ait lieu parallèlement. Celle-ci comprend les analyses comportementales et l’apprentissage de stratégies pour gérer les symptômes», explique Toni Berthel, président de la Commission fédérale pour les questions liées à l’addiction. Selon ce psychiatre, la Ritaline a des effets calmants sur les personnes souffrant de troubles de l’attention. «Ils peuvent mieux se concentrer, sont moins distraits et peuvent mieux structurer leurs activités et leur vie quotidienne.»

Cependant, sa consommation quotidienne pour essayer d’améliorer ses performances cognitives ou sa concentration peut s’avérer dangereuse, relève Toni Berthel. «Mal utilisé, ce médicament qui agit sur le psychisme peut se transformer en véritable drogue et conduire à la dépendance.» Mais loin de vouloir diaboliser la Ritaline, il soutient que «le méthylphénidate est, quand il est correctement prescrit, un bon médicament qui aide les patients.»

En dix ans, la quantité de Ritaline vendue en Suisse a triplé, selon Swissmedic. Elle est passée de 140 kilos en 2005, à 346 en 2014. La Ritaline est un médicament normalement utilisé contre les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H). A la base, elle était destinée aux enfants hyperactifs. Désormais, son usage s’est élargi. Le médicament est aujourd’hui utilisé par des étudiants pour gérer leur période d’examens ou par des adultes pour augmenter leurs capacités au travail.

Pression au bureau

Cette nouvelle utilisation de la Ritaline – et ce qu’elle révèle de notre société – est sujette à controverse. «En trente ans, on est passé d’une consommation revendicative, alternative à une consommation pour être toujours plus efficace», explique Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions (GREA). Cette recherche de performance serait notamment due à la pression rencontrée sur le lieu de travail. «Les drogues comme les amphétamines (dont la méthylphénidate est très proche) peuvent être consommées dans cette optique.» Pour ce spécialiste, la souffrance au travail pourrait déboucher sur la prise excessive d’alcool ou de médicaments.

En 2010, un rapport du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) relevait qu’un tiers des gens en emploi déclarait avoir besoin de produits psychotropes ou de médicaments pour gérer le stress au travail. «Ils ont besoin d’un accompagnement chimique pour tenir les objectifs et cela devrait nous interpeller», souligne Jean-Félix Savary. (24 heures)

http://www.24heures.ch/suisse/ritaline-s-impose-salaries-etudiants/story/14038053

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