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29 sept. 2016

Des substances toxiques dans l'alimentation des tout-petits

L'Anses rappelle la nécessité de ne commencer la
diversification alimentaire qu'à partir de 6 mois.

© Delahaye Catherine/ SIPA
Des substances toxiques dans l'alimentation des tout-petits
par Lise Loumé, sciencesetavenir.fr,
28 septembre 2016

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a mené une étude de vaste ampleur sur les substances chimiques présentes dans l'alimentation des enfants de moins de trois ans.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a analysé en long et en large l'alimentation des tout-petits : elle a passé au crible 670 substances dans 5 484 produits achetés. "Nous avons couvert dans notre étude 97 % du régime alimentaire des enfants de moins de 3 ans", annonce l'Agence dans un communiqué. Résultat ? "Pour 90 % des substances évaluées, le risque peut être écarté", rassure-t-elle. Toutefois, 16 substances nécessitent une réduction de l’exposition, dont 9 de manière prioritaire.

Arsenic, plomb et acrylamide dans l'assiette des petits

Pour les 9 substances inquiétantes en question (arsenic inorganique, plomb, nickel, PCDD/F, PCB, mycotoxines T-2 & HT-2, acrylamide, déoxynivalénol et ses dérivés et furane), un nombre non négligeable d’enfants présente une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence, explique le rapport. Pour les 7 autres substances, notamment l’aluminium, le cobalt, le strontium, le méthylmercure, le sélénium, le cadmium et la génistéine chez les consommateurs de soja, le risque ne peut être écarté. "L’exposition à certaines de ces 16 substances avait déjà été jugée préoccupante lors de travaux antérieurs de l’Agence", précise l'Anses.

L'Anses s'est également penchée sur la concentration de 12 minéraux dans les aliments destinés aux enfants de moins de 3 ans, et juge la couverture des besoins nutritionnels globalement satisfaisante. Il y a aussi sur ce sujet un "mais" : elle constate des insuffisances d’apport pour le zinc, le calcium et le fer ou des excès d’apport pour le zinc et le calcium en fonction de l’âge de l’enfant. "Les risques sanitaires potentiels liés à ces excès d’apports nécessitent des études complémentaires", ajoute-t-elle.

La diversification alimentaire pas avant 6 mois

Face à ces constats, l’Anses recommande aux industriels et au pouvoir public de poursuivre les efforts pour diminuer les expositions à certaines substances et identifier les sources de contamination au cours de la chaîne de production. Pour les 16 substances inquiétantes, elle les encourage à mener une réflexion sur leur réglementation (politique de maîtrise des rejets environnementaux, maîtrise des procédés, fixation de seuils réglementaires ou diminution de ces seuils, etc.).

Cette étude montrant par ailleurs que la diversification alimentaire entraîne des expositions à certains contaminants supérieures à celles engendrées par la consommation de préparations infantiles, sans pour autant que celles-ci soient jugées préoccupantes, l’Agence rappelle la nécessité de ne commencer la diversification alimentaire qu’à partir de 6 mois et de ne pas donner de lait courant, quelle que soit l’espèce animale productrice, aux enfants âgés de moins d’un an. "Seuls le lait maternel ou les préparations infantiles permettent de couvrir les besoins du nourrisson avant un an", conclut-elle.

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20160928.OBS8915/des-substances-toxiques-dans-l-alimentation-des-tout-petits.html

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