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1 sept. 2016

Frappée par la foudre, elle devient électrosensible

Diane Pelletier, frappée par un éclair il
y a 10 ans, doit aujourd'hui se protéger
des champs électromagnétiques.  Elle
possède une couverture en aluminium et
s'est même fabriqué un chapeau "blindé".
Frappée par la foudre, elle devient électrosensible
par Gilles Brien, journaldemontreal.com, 15 août 2016

Une Sherbrookoise de 62 ans a tenté sans succès de faire reconnaître son handicap par la CSST

Une Sherbrookoise frappée par la foudre en 2007 éprouve aujourd’hui d’intenses douleurs chaque fois qu’elle se trouve près d’un téléphone cellulaire ou d’un pylône électrique.

La plupart des gens qui ont survécu à la foudre rapportent avoir gardé des séquelles. Surdité partielle, pertes d’équilibre, migraines, difficultés respiratoires, la liste est longue.

Pour certaines victimes, comme Diane Pelletier, 62 ans, les conséquences sont plus graves. Chez elle, pas de téléphone sans fil, pas de wi-fi, ni de cuisson au four, car elle ne cuisine plus.

Avant d’entrer chez elle, il faut laisser son cellulaire à l’extérieur.

Presque 10 ans après qu’un éclair eut traversé son corps, l’ancienne gérante de restaurant débordante d’énergie et à la mémoire affûtée est une femme diminuée.

Devenue intolérante aux champs électromagnétiques, la femme a vu sa vie basculer le 22 juin 2007, lorsque la foudre est tombée sur le bâtiment où elle travaillait comme préposée dans un centre d’appels.

«J’ai senti la foudre dans le casque entrer dans mon oreille, longer mon corps du côté gauche et sortir par mon gros orteil.», raconte celle qui a accumulé les diagnostics et qui se soigne aujourd’hui à la morphine quand les douleurs sont trop intenses.

«Je prends 22 pilules par jour», dit-elle en montrant sa liste de ses médicaments.

Maladie non reconnue

Pour le Dr Guy Riendeau, urgentologue au CHUM et consultant médical pour Hydro-Québec, les symptômes de Diane Pelletier sont typiques des syndromes des victimes d’électrocution. «Tout ce que peut faire la communauté médicale pour les personnes qui se disent électrosensibles, c’est soigner leurs douleurs.»

Après s’être battue contre la CSST pour faire reconnaître l’électrosensibilité comme un handicap, Diane Pelletier a fini par baisser les bras.

Pour se protéger, les électrosensibles vont jusqu’à porter une couverte en aluminium, comme celle dont Diane ne se sépare jamais en auto lorsque la voiture passe sous les pylônes. «Quand y a des orages, je reste dans la cave des jours entiers. Ça me fait mal, c’est pas possible.»

Diane Pelletier n’est pas la seule dans cet état. Une association québécoise des personnes électrosensibles a vu le jour récemment, le Rassemblement ÉlectroSensibilité Québec (RESQ).

En attendant que les recherches révè­lent peut-être demain des choses qu’on ignore aujourd’hui, Diane se déso­le de l’incompréhension des gens, surtout de ses proches.

«Ma mère est morte en pensant que j’affabulais», dit-elle tristement. Maladie rare, imaginaire ou psychosomatique, chose certaine, ses souffrances sont bien réelles.

http://www.journaldemontreal.com/2016/08/15/frappee-par-la-foudre--elle-devient-electrosensible

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