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25 sept. 2016

Rapport sur les rayonnements non ionisants du gouverenement américain (étude NTP)

Article du nouveau site établi par C4ST Canada sur les enfants et les ondes électromagnétiques:

Rapport sur les rayonnements non ionisants du gouverenement américain
par Taylor Gimza, http://lesmeressimpliquent.ca/,
16 septembre 2016

Traduction du rapport de Microwave News du 25 mai 2016 :

Les rayonnements électromagnétiques des téléphones cellulaires font augmenter les taux de cancer chez les animaux - une étude de $25 millions du gouvernement américain découvre des tumeurs cérébrales

On s’attend à voir le gouvernement des É.-U. prévenir le public des risques pour la santé.

C’est un tournant dans le débat qui fait rage à propos de la téléphonie cellulaire et du cancer!

Prochainement, le National Toxicology Program (NTP), programme d’analyse toxicologique étatsunien, devrait déclarer publiquement que les rayonnements des téléphones cellulaires présentent des risques de cancer pour les humains. Cette annonce découle d’une étude récemment terminée montrant des augmentations statistiquement notables de cancers chez des rats ayant été exposés à des signaux GSM ou CDMA/AMCR pendant deux ans.

Des discussions ont lieu actuellement au sein des agences fédérales sur la démarche à suivre pour informer le public de ces récentes découvertes. La direction du NTP estime qu’il faut diffuser ces résultats le plus rapidement possible, car presque tout le monde est exposé en permanence aux rayonnements émis par les technologies sans fil — chacun d’entre nous court donc potentiellement des risques.

Ces nouveaux résultats contredisent les connaissances avancées à l’heure actuelle par des médecins, des biologistes, des physiciens, épidémiologistes, ingénieurs, journalistes et responsables des pouvoirs publics, entre autres observateurs et spécialistes, voulant que de tels effets sont impossibles. Ce point de vue se fonde en partie sur l’absence de mécanisme cancérigène clairement établi à propos des rayonnements RF des téléphones cellulaires. Plus tôt cette semaine, p. ex., (22 mai), un médecin du Michigan a publié un texte d’opinion dans le Wall Street Journal affirmant que « il n’y a aucun mécanisme déterminé indiquant que les téléphones portables pourraient causer des tumeurs cérébrales. » (trad.) Ce médecin concluait qu’il n’était donc pas nécessaire d’avertir le public de quelconques risques pour la santé.

Les découvertes du NTP démontrent que l’incidence du cancer chez les rats étudiés augmentait parallèlement à l’intensité du rayonnement. « Il y avait un lien dose-effet significatif », a révélé à Microwave News un observateur fiable ayant eu accès aux résultats. Aucun effet n’a été constaté chez les souris. Notre informateur nous a demandé de préserver son anonymat, puisque le NTP n’a pas encore fait de déclaration officielle. On a exposé les rats à 3 différents niveaux d’exposition (1,5 – 3 et 6 W/kg*, exposition intégrale) et à deux types différents de rayonnement de téléphone cellulaire – GSM et CDMA.
Ndt : *Unité de débit d’absorption spécifique ou DAS

Une simple coïncidence?

Fait important, les rats exposés affichaient des taux plus élevés de deux types de cancers : les gliomes, tumeurs des cellules gliales du cerveau, et les schwannomes malins du cœur, tumeurs très rares. Aucun des rats de contrôle non exposés n’ont contracté l’une ou l’autre de ces tumeurs.

Plusieurs études épidémiologiques établissent des liens entre le téléphone cellulaire et les gliomes et les tumeurs des cellules de Schwann. L’étude du projet Interphone, p. ex., a conclu à un lien entre les gliomes et l’utilisation des téléphones cellulaires.

Les cellules de Schwann composent la gaine des nerfs crâniens comme ceux qui relient l’oreille interne au cerveau. Les tumeurs de ces cellules se nomment des neurinomes acoustiques. En fait, un neurinome acoustique est un type de schwannome. Pas moins de 4 études épidémiologiques distinctes ont découvert un relation entre l’utilisation du téléphone portable et les neurinomes acoustiques.

Ron Melnick, qui a dirigé l’équipe ayant conçu l’étude du NTP et qui est maintenant à la retraite, a confirmé les grandes lignes des résultats décrits par notre source confidentielle. « Le NTP a testé l’hypothèse selon laquelle le rayonnement des téléphones cellulaires ne pouvait pas causer d’effets sur la santé – cette hypothèse a maintenant été réfutée, a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique. Les expériences ont été réalisées suivies d’examens approfondis, et le consensus est qu’il y a bel et bien des effets carcinogènes. »

R. Melnick a commenté : « Ces données sont un tournant dans le débat sur les rayonnements des téléphones cellulaires. On discute de la sécurité des téléphones cellulaires depuis plus de 20 ans, particulièrement depuis mai 2011, lorsque le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié les rayonnements RF comme élément carcinogène possible pour l’humain.

« C’est un enjeu majeur de santé publique parce que les cellules devenues cancéreuses chez les rats [exposés] sont des mêmes types que celles que des études épidémiologiques sur le téléphone cellulaire avaient signalées comme se développant en tumeurs, a ajouté R. Melnick. Ce serait véritablement stupéfiant, s’il ne s’agissait que d’une simple coïncidence. »

Le projet du NTP sur les rayonnements, qui s’est déroulé sur plus d’une décennie, est le plus coûteux jamais entrepris par ce programme toxicologique. On y a investi plus de 25 M$ jusqu’à maintenant.

Une autre coïncidence intéressante — l’étude de l’Institut Ramazzini menée à Bologne sur des rats exposés à des fréquences REM extrêmement faibles (50 Hz) a noté aussi une augmentation marquée des schwannomes malins du cœur.

Le NTP maintient les résultats de son étude

Devant l’importance de ces résultats pour la santé publique, le NTP a alerté les instances les plus élevées des instituts nationaux de la santé des É-U (NIH) – devant la réticence manifestée, le Programme a enclenché d’autres analyses. Aucune lacune grave n’a pu être constatée dans les données ou la méthodologie des études.

La haute direction, dont Linda Birnbaum, directrice de l’institut national américain de recherches en santé du milieu (NIEHS) et également directrice du NTP, et John Bucher, directeur adjoint du NTP et responsable de l’étude sur la téléphonie cellulaire en maintiennent les conclusions. Selon notre source, ils considèrent la diffusion de ces résultats comme un impératif de santé publique.

Chris Portier, qui a déjà occupé le poste de John Bucher, est d’avis que le NTP a choisi la bonne approche. « Je suis catégorique – nous devrions faire partager ces données avec le public, le plus rapidement possible », a-t-il déclaré. L’étude sur le téléphone cellulaire a commencé lorsque C. Portier était directeur adjoint du NTP. Maintenant à la retraite, il travaille comme consultant.

Après d’âpres discussions, les deux agences fédérales responsables de la réglementation sur l’exposition aux rayonnements des téléphones cellulaires, la Food and Drug Administration (FDA) et la Federal Communications Commission (FCC), ont été mises au courant des résultats, la semaine dernière. On ne sait pas encore clairement comment ces deux organismes entendent réagir.

L’ensemble des diverses agences planifient actuellement le processus de diffusion des conclusions du NTP. Ni Mme Birnbaum ni M. Bucher n’ont répondu à une demande de commentaire sur la démarche prévue.

Des résultats inattendus

Peu d’observateurs extérieurs sont au courant des résultats des travaux du NTP. Lorsque Microwave News en a parlé à des gens qui suivent cette étude depuis des années, tous ont exprimé leur surprise.

On le comprend — dans une interview, il y a quelques années, M. Bucher du NTP avait déclaré s’attendre à des résultats ne montrant aucune association entre les rayonnements de RF et le cancer.

« Tout le monde s’attendait à des conclusions négatives quant à l’étude, a commenté un haut fonctionnaire du domaine des radiations qui souhaite garder l’anonymat. À supposer que l’on peut exclure les effets calorifiques de l’exposition durant les expériences, alors ceux qui disent que les effets constatés sont impossibles se trompent », a déclaré ce fonctionnaire. – rappelons que l’étude a été conçue pour s’assurer que la température corporelle des rats exposés augmente de moins de 1ºC.

« Ça change beaucoup de choses, très certainement, selon David Carpenter, directeur de l’institut pour la santé et l’environnement de l’Université d’Albany. Cela confirme ce que l’on voyait depuis nombre d’années — mais maintenant, on a des preuves tant chez les animaux que chez les humains, a-t-il ajouté. Le NTP a la crédibilité d’une agence fédérale. Il va être très difficile pour les récalcitrants de nier plus longtemps l’existence d’un lien. » L’institut dirigé par Carpenter est un centre collaborateur de l’OMS.

John Boice, président du Conseil national sur les mesures et la protection contre les rayonnements (NCRP), est l’un des sceptiques de premier plan. « Pour la plupart d’entre nous, l’enjeu du lien entre cancer du cerveau et téléphones cellulaires est résolu. Il n’y a pas de risque. Il n’existe aucun mécanisme biologique et aucune étude sur les animaux ni étude sur les cellules qui révèlent des preuves reproductibles d’un effet quelconque », a déclaré J. Boice à un journaliste du Medscape Medical News au début du mois.

Cette opinion est si profondément ancrée qu’au cours de l’été 2014, le NCRP a fait pression sur les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) afin qu’ils fassent disparaître les recommandations de précaution de la fiche d’information des téléphones cellulaires.

J. Boice, par ailleurs, feint d’ignorer le rapport de l’étude allemande menée par Alex Lerchl, l’année dernière – le chercheur y confirmait les conclusions d’une étude précédente sur les animaux montrant que les rayonnements des téléphones cellulaires peuvent favoriser chez des souris la croissance de tumeurs déclenchées par des produits chimiques toxiques. À noter : les expériences menées par le NTP n’utilisaient aucun agent chimique pour faire apparaître des cellules cancéreuses chez les animaux.

En ce qui concerne les mécanismes, il y a à peine deux mois, Frank Barnes et Ben Greenebaum, deux membres chevronnés du milieu de la recherche sur les RF, ont annoncé pouvoir expliquer comment de faibles niveaux de rayonnements de RF pouvaient influer sur les taux de croissance de cellules cancéreuses.

À suivre…


Une foule d’articles de MWN sur le même sujet (en angl.) :


Le NTP publie la version prél. de son rapport sur le cancer

ou

Des médias dénigrent l’étude du NTP sur tél. /cancer « Ne croyez pas ce battage médiatique! »


Les tumeurs cérébrales sont-elles en augmentation?


Glioblastomes multiformes, les tumeurs les plus agressives — incidence en hausse


et


Les rats plus sujets aux tumeurs cérébrales que les rates


Des contrôles précédents montraient déjà une différence
______________
Projet d’étude du NTP sur les effets des RF chez l’animal : chronologie
1999 La FDA désigne les RF pour des tests qu’effectuera le NTP
2001 Le NTP décide de commanditer des études sur les liens RF/cancer
2003 Le NTP sollicite des propositions d’expérimentations pour son projet RF/cancer
2004 Seconde demande de propositions du NTP
2005 Le NTP engage IITRI de Chicago pour mener à bien [les tests] sur l’exposition
2007 Les systèmes de tests d’exposition conçus par IT’IS installés à IITRI
2009 Michael Wyde remplace Ron Melnick, chercheur principal qui prend sa retraite
2014-15 Les études de 2 ans sur l’exposition se concluent
2016 Résultats disponibles

http://lesmeressimpliquent.ca/rapport-sur-les-rayonnements-non-ionisants/

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