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25 sept. 2016

Tumeurs cérébrales : le type de cancer le plus fréquent chez les ados américains selon une étude sans précédent menée aux Etats-Unis

Tumeurs cérébrales : le type de cancer le plus fréquent chez les ados américains selon une étude sans précédent menée aux Etats-Unis
par Taylor Gimza, http://lesmeressimpliquent.ca/
16 septembre 2016

Nos pires craintes à propos des téléphones portables sont-elles en train de se concrétiser?

Des statistiques inquiétantes

Le principal type de cancer chez les adolescents états-uniens est maintenant la tumeur au cerveau – son incidence est même en augmentation chez les jeunes adultes, selon l’étude la plus importante jamais effectuée au sein de ces groupes d’âge.

Il ne fait pas de doute que la situation au Canada est analogue. « Les hausses stupéfiantes signalées dans cette étude, particulièrement chez les jeunes, reflètent ce que je vois dans ma clinique, a réagi le Dr Jacob Easaw, du Tom Baker Cancer Centre de Calgary. Le Canada est en train d’établir un registre comparable des tumeurs cérébrales, donc ces analyses ne seront pas disponibles ici avant 15 ou 20 ans. Je suis de plus en plus convaincu que les téléphones cellulaires sont un facteur majeur [de ces hausses], et des mesures urgentes sont nécessaires. » (trad.)

UNE STRATÉGIE DE PRÉVENTION ANTI-CANCÉREUSE DESTINÉE AUX JEUNES CANADIENS ET CANADIENNES S’IMPOSE!

Des audiences du Comité parlementaire permanent de la Santé 2015 sur les normes d’exposition du Canada en matière de radiations des radiofréquences a débouché sur d’importantes recommandations, prônant notamment davantage de recherche scientifique et de meilleures mises à jour du CS6, une approche préventive afin de réduire les expositions, et en faveur de l’utilisation de technologies plus sécuritaires. « La prévention des cancers devrait inclure des mesures concrètes contre les facteurs en partie responsables de ces cancers. Un registre national des tumeurs cérébrales est un volet important d’un projet plus large portant sur une Infrastructure canadienne des informations sanitaires et environnementales – un effort conjoint de scientifiques et de chercheurs médecins destiné à permettre un dépistage précoce des effets nocifs en croisant les données sur l’environnement et la santé », selon Dr Richard van der Jagt, chercheur et hématologue d’Ottawa.

TECHNOS PLUS SÛRES, QUELQUES TRUCS…

À la maison, à l’école, au boulot, utilisez des systèmes filaires dans la mesure du possible. L’intensité du rayonnement diminue quand on s’éloigne de sa source, donc si vous devez recourir à un appareil sans fil, servez-vous d’un micro ou d’écouteurs. Les instructions pour ce type d’appareils mentionnent de les garder éloignés du corps, ou de les mettre en mode avion pour interrompre les émissions qui continuent si l’appareil est en marche, même si on ne l’utilise pas. Des pédiatres recommandent de limiter le temps passé devant des écrans par les enfants qui, par ailleurs, ne devraient utiliser que des appareils à la fonction sans fil désactivée. Si l’on doit être connecté en wifi, installer une minuterie sur la source du réseau sans fil (routeur, modem) afin qu’elle se ferme lorsqu’on ne l’utilise pas. Pour davantage de conseils, la page sur les rayonnements des radiofréquences de Prevent Cancer Now est ici.

Pour en savoir plus, communiquez avec :

Meg Sears, PhD
Chair and Science Advisor, Prevent Cancer Now
613- 297-6042
Info@PreventCancerNow.ca

Richard van der Jagt, MD, FRCP(C)
Hôpital d’Ottawa (campus général)
Div. hématologie
Université d’Ottawa
613-737-8804

Prevent Cancer Now est une organisation canadienne de la société civile (CSO) constituée de scientifiques, de professionnels de la santé et de citoyens qui luttent contre le cancer avant son apparition, par le biais de la recherche, de la sensibilisation et de la représentation afin d’éliminer les causes évitables du cancer.

CONTEXTE

Certitude croissante pour ce qui est du lien entre les tumeurs cérébrales et les appareils sans fil

En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a déclaré les radiations des RF provenant des appareils de communication sans fil comme « agents cancérigènes possibles ». Des études subséquentes sur l’utilisation du téléphone par des personnes atteintes de tumeurs cérébrales comparativement à des personnes en bonne santé (études cas-témoins) sont venues étayer les preuves d’un plus grand nombre de cancers associé à une exposition plus importante mesurée par années d’utilisation, heures cumulées, plus grand nombre d’appels, ou utilisation plus précoce. Si le CIRC répétait sa démarche aujourd’hui, il conclurait peut-être à un agent cancérigène probable ou reconnu.

Des scientifiques se sont inquiétés, mais pour des cancers assez rares, les taux d’augmentation ne sautent pas aux yeux immédiatement – particulièrement si les registres nationaux de tumeurs ne sont pas parfaitement tenus à jour. Par exemple, les fichiers des patients hospitalisés en Suède indiquaient une augmentation de 23% dans les tumeurs cérébrales de 2008 à 2013, mais un signalement défaillant s’est traduit par l’absence d’alerte à la hausse dans le Registre du cancer suédois.

À l’heure actuelle, cependant, avec un nombre d’abonnements au cellulaire supérieur à la population états-unienne, ce registre américain à la fiabilité élevée indique clairement un accroissement des tumeurs cérébrales.

Cancer des testicules et cancer du sein

Si les tumeurs cérébrales sont plus fréquentes chez les adolescents, on diagnostique davantage de cancers testiculaires chez les jeunes hommes. Chez les hommes canadiens de 15-29 ans, le cancer des testicules a augmenté de 2,7 %/an entre 1996 et 2005. Les téléphones portés dans la poche pourraient contribuer à cette hausse, puisque l’exposition aux radiations de RF issus des téléphones dans les poches et des ordis portables endommage les spermatozoïdes. Les jeunes femmes qui ont l’habitude de transporter leur téléphone dans leur soutien-gorge contractent des types particuliers de cancers du sein.

Ensemble des cancers chez les jeunes

Cancer is increasing overall in Canadian adolescents and young adults (15-29 years) according to the Public Health Agency of Canada. From 1996 to 2005 cancer incidence rates increased:
0.8% per year in males; testicular cancer increased 2.7% per year
1.4% per year in females; thyroid cancer increased 6.5% per year

Le cancer est en augmentation globale chez les ados canadiens et chez les jeunes adultes (15-29 ans) selon l’Agence de la santé publique du Canada. De 1996 à 2005, les taux d’incidence des cancers ont augmenté de :
0,8 % par an chez les jeunes hommes; le cancer des testicules a augmenté de 2,7 % par an
1,4 % par an chez les jeunes femmes; le cancer de la thyroïde a augmenté de 6,5 % par an

Les données de SEER (US Surveillance, Epidemiology and End Results) indiquent que les cancers chez les 0-19 ans ont augmenté de 20 %, entre les périodes de calcul des moyennes 1975-1984 et 2004-2012. Une autre analyse indique une hausse de 35 % chez les jeunes entre 1975 et 2010, hausse des cancers particulièrement rapide chez les adolescents et les jeunes adultes, si l’on ne tient pas compte du taux chez les adultes de plus de 65 ans (puisque les risques de cancer croissent avec l’âge).

Le Canada ne dispose que depuis peu de données sur l’incidence du cancer pédiatrique, mais au Sud de la frontière, les données à long terme ne manquent pas.


Avec une population moindre (d’où une dispersion plus importante des données aléatoires) et une période étudiée plus courte, l’Agence de la santé publique du Canada ne signale pas de changements dans l’incidence des cancers chez les 0-14 ans ou chez les adolescents de 15-19 ans, entre 1992 et 2007. Le chevauchement entre les données canadiennes et celles de SEER semble toutefois indiquer qu’à long terme, le Canada pourrait afficher la même tendance à une incidence croissante chez les plus jeunes.

Quelques références scientifiques importantes :
[Voir l'article original.]

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